‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 48 sur 283 · CHAPITRE X. iSg · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. iSg

peuple étoit des plus ancieiiSy et quil n'exi»toît aucune similitude de langage ni de mœurs entre Ipi et les peuples étrangers. L'autorité de Denys n'est pas le seul garant de cette opinion :* elle se trouve également justifiée par la raison et par les faits. Les braves Tjrrhéniens avoient déjà un nom illustre dans Tâge des dieux et des héros (i) : peut^on douter d'après cela que ce peuple si renommé ne £at de la plus kaute antiquité? Les preuves de sa gloire et de sa puissance éclatent dès les temps d'Hercule (2) et des Argonautes (3)^ antérieurement même à Bacchus Thébain , par qui Ton prétend que les Tyrrhéniens aussi bien que les Indiens, c'est-à-dire Torient et loccident» firent également soumis (4). Oi*, si les Toscans étoient déjà fameux dans un temps si reculé, comment peut-on se per-

^t^'^^i^i^^'^ I ■ I ■ ■ III ■ lii I PII ■ ,1 m* m

(i) Hesiod. Theogon. 101 5:

(2) Ptolom. Hepha»tion ap, PhoL p. 25o.

(3) Posîs Magnes, ap, Athen. VII , 12.

(4) Arîstid. Orat, ifi Bacchum] Lucian. de Saliat, 22 (a).

(a) M. Micali , qni t'antorÎM ici tri»-t^îeii«enciit d< t^aio%iiagts relatifs aax Agei héroïqnef, «t qui met gravement les Tyrché* oieos et lee Indiena snr la liate dea peuples vaiucos par Bacchas, diaprés des passages d'Aristide et de Lacien , ne semble- t-il pas ici déroger anx prmeîpes de son iceptieisme ordinaire ? R.-R.

l4o PREMIÈRE PARTIE.

suader qu^ils fussent venus de Lydie tant d années après, du vivant d'Oreste? D'ailleurs, il est certain que les Lydiens , à cette époque, n^aj^ant ni • vaisseaux , ni commerce , ni colonies , qe pourvoient former une expédition maritime qui facilitât leur transmigration en Italie (i); sans

(i) f^oy. Hejaii, Comment, super Cas tort s Epochis, in Comnu Soc. Goti, vol. I , p.Soseq. ; Meiners , Geschichte der JVissenschafften in Çriechenland, tom. 1^ not. i3 ; Frëret , Mém. de VAcad. des Inscript, tom. JCVIII, hist. p. 94. Tous ces habiles critiques , ainsi que Dacier, sur la Sat. VI, L. I, d'Horace, s'accordent à rejeter également l'opinion du passage des Lydiens en Italie \ et selon le clairvoyant Gibbon {Misceli. Pf^orks, tonoi. III, p. 254), « cette opinion ne sauroit convenir qu'aux poètes. ^ Diverses in> scriptions gravées sur la pierre dans certaines grottes souterraines de l'intérieur de l'Asie-Mineure , ont été jugées étrusques par quelques voyageurs anglois ; ce qui serott un nouvel argument à l'appui de la tradition du passade d'une colonie de Lydiens en Étrurie. M. Hamilton a donné pour preuve une de ces inscriptions [j^gjrptiaca, p. a 1 7, et Appendice F. p. 4^^ ) * ^'^^^ ^^ même que M. Leake trouva sur un singulier monument de la vallée de Doganlu, taillé dans le roc, et doi|kl il a donné la figure , avec \efac simile des inscriptions insérées dans le Recueil de Voyages publié par M. Walpole ( Travels in various countries o/the East, n. XIII. Z^ndres, 1820). Mais les caractères de ces inscriptions ne furent certainement jamais l'ouvrage des Étrusques; et de plus ^ l'écriture de gauche à droite est contraire. à l'usage an-

GHAPITKE X. l4l

compter qu'on seroit presque en droit de douter de Texistence même de leur prétendu chef Tyrrhénus (i). Quelques-uns prétendent que les Toscans eux-mêmes reconnurent leur origine lydienne 9 lorsque , sous l'empire de Tibère, dans unelettj^e qu'ils écriiroient aux habitants de Sardes , ils les traitèrent de frères : mais si dans leur servitude il ne restoit aux Toscans que la

tique de ce peuple y qui écrivait assurément de droite à gauche; d'où, comme le juge frës^bien M. Letronne, ces deux inscriptions sont évidemment écrites en carac- . tëres grecs fort anciens {Journal des Saisons , octobre iSao^ p. 624 f 625, et février 1821 , p. 108, 109).

(i) On peut voir dans Cluvier , p. 4^7 , les fabuleuses et contradictoires généalogies de cet Héraclide. D'autre$ traditions vouloient qu'il eût pris son nom de Tjrrha, ville des plus anciennes de Lydie, oii régnoit Gygës , Etjrmol, magn. v, Tifmtut (a).

(a) Les contradicdoDB et lef fables des antears , relativement i U l^ënéalo^e de Tyrrhénos, ne seroient point nne raison soffisaote pour faire révoqaer en donte la tradition de Torigine asiatiqae des étmsqoes. Lorsque des eTénements de cette natare ont passé à travers nn grand nombre de siècles , il est tont simple que la relation originale s'altère en se chargeant d*ane fonle de circonstances accessoires. Mais ce n*est point à ces détails qne la critiqne doit s'attacher, comme Ta fait Fréret, qni triomphe aisément de quelques invraisemblances contenues dans le récit d'Hérodote ( Voy. Académ. des Bëii.-Lett. tom. XVIII, p. 93-97. ). Le fait de la venue des Étrusques est indépendant des circonstances mensongères qne Timagi nation des antenrs a pn y ajouter, et c'est ce fait unique dans ses circonstances principales qQ*il s'agit de considérer. R.-R.

1^2 PREMIÈRB PARTIE.

vanité, ne peut-on pas croire que ces illustres liens dé parente n'étoient que des liens de pure ostentation et sans consistance , puisque d'ailleurs ils ne trouvèrent tii confiance ni feveur dansle sénat (i) ? Enfin, une dernière preuve de l'origine Italique des Toscans j c'e^ que, s'ils fussent venus par mer de la Lydie ou de toute autre région lointaine , ils se seroient fixés sur les côtes (2), comme firent les Grecs établis au midi de ritalie : au lieu de cela, les principales villes de rÉtrurie furent toutes bâties dans l'intérieur des terres et situées à dessein sur dés éminences, si l'on en excepte néaaimoins Populonia , la seule de ces villes primitives qui se trouve au bord de

(i) Tacit. IV, 55. Les habitans de Sardes et de Smyrne réclamoiei^ le privilège d'élever un temple en l'honneur de Tibère. Un décret des Étrusques étoit allégué par les premiers; les Toscans y soutenoient leur descendance des Lydiens , et par conséquent Taifinité de» deux peuples. Le sénat n'eut point égard à ces raisons^, et donna la préférence aux Smyrniens. Sénëque fait peut-être allusion à cette discussion récente , lorsqu'il dit que l'Asie s'arrogeoit l'origine des Toscans : Tuscos Asia sibi vinr dicaL De consoL ad Helviam , 6 (a).

(2) Vo^. Eclaire, n. XXVIf.

(a) Qtt*ilg né trouvèrent auertm confiance , si Taoteor Tentend ainsi, c*est ce que personne n*a rapporté, et de ce quHls n'obtinrent point Ac faveur, ce n'est pas une raison d*infit mer leur témoignage. R.-R.

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la m^v : preuve non équivoque peut-être que ces villes durent être originairement fohdées par les naturels du pays , avec lesquels les étrangers n eurent de communications que dans des temps très-postérieurs (i)«

Le nom le plus ancien de ces peuples se trouve dans celui de Raséniens ou Traséniens (2)^ mot que les Grecs (3) convertirent , à ce qu'il parolt, en celui de Tjrrhéniens , par lequel ils désignè-

(1) Sirab. V, p. i54; Plîn. 111, 5.

(2) fiionjs. 1 , 3o (û).

(3) Cette ingënieuM conjecture appartient à Heyne. Selon cet habile critique, les Grecs avoient changé le inot Rasenorum on Tarasenorum , en celui de TofoiftSw on Tf/^^r^fv, qu'ils expliquèrent ensuite par celui de tours, Tif^tç, on par celui de Tyrrhëniens; et, comme dans les antiques fables des Lydiens, on trouvoit rappelé le nom de Tyrrhëne, ou plutôt de Tyrrhëbe^ fils d'Atys^ ils en firent le chef de la colonie et le fondateur du peuple toscan (Voy. Comm. Soc. GotL vol. II, P. 2, p. 36-199^ XiV, p. 113, et ySEneid, excurs, III, ad L. VIII }. Go peut ajouter que plusieurs auteurs anciens, tels qu'Hésiode , Pindare , Euripide , Hérodote , Thucyaide, Apollonius , Lycophron , etc. désignent constamment les Toscans par la dénomination de Tyrséniens.

(a) Dcnys d'li«Ue«nia«e me dit point, comme Tassa re M. Micali, que ce nom de Rastm fat h plus ancien qu*aient porté les Etrusques, n dit seulement qoe ces peuples s^appeloient ainsi entre eux. du nom d*UB de icars chc6, qui pouToit être irès-moderne. Quant an mérite de la conjecture de M. Hcyne., j*avoue que je ne psruge point Topinion de notre auteur. A.-R.

l44 PRCMIÈRE PARTIE.

rent ceux de nos peuples que les Romains appelèrent ensuite Étrusques ou Toscans (i). Leur siège primitif fut rÉtrurie centrale , entre Y Arno et le Tibre (2) . Ses limites , clairement tracées par la nature même, ëtoienti i^. le sommet de la chaîne recourbée de l'Apennin , k partir de la source du Serchio» et en suivant la crête de toutes les montagnes jusqu'à la source du Tibre ; 2^. le Tibre même , jusqu'à son embouchure dans la mer ; 3®. le rivage de la mer de Toscane, depuis l'embouchure du Tibre jusqu'à celle de l'Arno. Mais, comme les Ombriens

(i) Eliysci, Tusci , noms que les grammairiens veulent en vain faire dériver de srip^f «vp^f , par allusion au Tibre, antique limite du Latium, et def5-v«f et «t«, à cause de l'habileté des Toscans dans les sacrifices. Per^ versa grammaticorum subtilUas I dit tres-biên Pline , XXXV, a3 (û).

(2) Scylax , PeripL p. 4 (^)'

(a) Ce ne lont point des grammairiens qui interprètent ainsi le mot Thosci, c'est Denys d'Halicarnasse ini-mème ( Lib. 1, c. 3o. ); nonqoeje prâtendejastifier en aacune façon cette interprétation; mais il fan t être exact, même quand on écrit Thistoire philosophiquement. R.-R. »

{b) L*auienr a-t-il voulu citer le témoignage de Scylax, pour prou- Ter qu'elle avoit été t ancienne habitation des Etrusques ? Ce passage • de Spylax indique au contraire qu'il y est question d'un étai mO' derne, puisqu'il porte littéralement : à partir de VAmo , la nation du Tyrrhéniens s'étend jusqu'à là viiie de Rome. Ce ne peut donc être que d'un temps postérieur à la fondation de Rome qu'il s'agit ici, et non point de l'ancienne habitation des Étrusques. &«•>&.

GBAPITBE X. l45

cupoient antérieurement une grande partie de ce territoire , il est probable que les Étrusques habitèrent d'abord un espace plus resserre^ principalement dans les montagnes qui environnent la Toscane d'aujourd'hui ^ du côte du nord et du couchant. Partis de ce point, et guidés par la valeur qui présidoit a leur fortune , ils envahirent successivement les plus belles et les plus fertiles régions de l'Italie, fondèrent deux grands Etats/ et étendirent leur renommée d'une mer a l'autre. Leur mâle courage, de bonne heure exercé par les querelles qu'ils eurent avec les Ombriens , après de longues épreuves , les rendit à la fin invincibles. L'ambition de commander» de toutes les passions la plus énergique et la plus âpre , étoit le principal motif de ces guerres fraternelles , qui tendoient moins à détruire l'un des peuples rivaux qu'à le rendre dépendant (i). Enfin, trois cents communautés, tombées au pouvoir des Toscans , furent le fruit d'une conquête qui força les Ombriens à se retirer au-delà de V Apennin et du Tibre « et à seconfiner dans l'espace étroit d'une seule province (3).

(1) Strab. Y, p. 149: T«vr« yf»p ^/^tf r« Uftfy wfi r«r r09 ^Vmftmlmf tTi wXtêf ttiinr%mç , iï^i rtfti wfûç «MvA» wifl WfmTê/mr ttfêi?i/Mf,

(2) Voyez ci-de88us « chap. VI.

l46 PREMIÈRE PARTIE.

Alors la puissance des Toscans , accrue dans sa force par leur ardeur ancienne et naturelle , s étendit dans ritaliesuperieu/'e^ sur tout le territoire qu occnpoient les Ombriens , territoire <f ui forme aujourd'hui les campagnes de Bologne, de Ferrare, et la Polésine : ils y jGbndënsnt la célèbre colonie d'Adria (i). Les Pélasges de Thessalie, établis à Spina et à Raycnne, eurent sans doute beaucoup à souffrir dans cette circonstance ; car on sait que , ponr échapper aux armes des Toscans, ils n eurent d'autre ressource que d'abandonner leurs possessions aux Ombriens (o) • Si le Pô et les marais furent du c6té des Vénèles une digue contre Tinyasion des Toscans, elle s'étendit avec plus de fdrce -«tir toute la plaine adjacente , occupée par les ^uples liguriens. Entre TApennin et le Pô, A parolt qu'ils ne passèrent point le rivage de la Trébie (3) ^ puisque les Liguriens, «itués dans le voisinage des collines du Picentin et du Tor-

(i) Scylar, PeripL^ p. 12; Ikcat. ttp. Steph. Byt. , V, *Arpi«5 Strab. V, p. 148; Plin. III, 16. La vanité des Grecs s'attribuoît l'onglne delà yiWe d'Âdria, comme ayant été fondée par Diomëde. (Steph. Byz. ; Justin. XX, 1.) — (Voy. Éclaire, n. XXVIII).

(2) Strab. y, p. 148.

(3) Modëne et Parme furent des colonies romaine». in agro 4fui anic Tusconim/ueraL Liv. XXXIX , 55.

CHiPITRE X. 147

tooèse , secondés par la force des remparts lîatarels qui les protégeoîent , y maintinrent leur indépendance. Mais, comme rien ne s'opposoit au progrès des armes étrusques sur la gauche du Pô , il est certain qu'elles envahirent tout l'espace renfermé entre ce fleuve et les Alpes (i)s Le droit de la force ainsi établi , il étoit nécessaire de le rendre légitime par un gouvernement sage et modéré. L'agréable et riche variété des bois et des pâturages qui couvrent la haute Italie, le Pô qui arrose cette immense plaine, l'inépuisable fécondité du sol , et la facilité des communications avec la mer , promettoient à un peuple industrieux tous les avantages de l'abondance naturelle et du commerce. Les Tos-

(i) Transpadani omnia loca , excepta F'eneiorum angulo, qui sinum circumcolunt maris, u^que ad Alpes y ienuére, Liv. V, 33. Un endroit de Catulle ( Carrtt. XXXII , 1 3 ), ou il appelle le lac de Garde : Ly^ diœ JLacus undœ , feroit soupçonner que la domination âes Étrusques s'étendoit jusque dans les montagnes (a).

(a) Il fant par Gonséqaent ajouter le témoignage de Catulle k ceux des aotean» romains qai rt^ardoienj comme réelle , ou da moina comme devenue populaire, l'opinion toachaot Torigine afiatiqoedes Étraaqnes. Notex qoe ce témoignage d*on poète est antérieur à cens des historiens qui ont attesté le même fdit, et qu'il soppoie que cette tradition étoit dès-lort extrêmement répandue , et n'étoit point exclusivement renfermée entre les doctes; dar, sans cela, Catulle eAt couru le risque de n'être point enteodu. K.-B*

cans envoyèrent donc dans cette florissante Mn-* trëe autant de colonies que leur pays renfermoit de peuples et de chefs principaux (i), et y fondèrent y sous le nom de nouvelle Étrurie (2) , un puissant Etat qui consistoit en douze villes confia dérées (3). Les plus considérables de ces villes ëtoienlFelsine, aujourd'hui Bologne (4)» Adria, riche par son commerce , et Mantoue , célèbre par sa puissance (5) , et la seule que sa position inexpugnable au milieu des eaux , fit encore renommer , du temps de Pline , comme un reste permanent delà domination des Étrusques (6). Ainsi , la conque te des Toscans^ loin d être funeste aux vaincus , prouva qu'il est des circonstances bien que rares où ce droit si terrible des armes

(1) Lîv. V, 33.

(2) Serv. adySneid.lLj 202.

(3) Poljb. II, 17, liv. V, 33-34 ; Diodor. XIV, ii3; Strab. Y, p. i52 ; Plutarch. in Camill, Suivant Cecîna et Valerius Flaccus (in. I, rer, Eirusc) , Tarchon passoit pour le chef de rarmée et le fondateur de ces colonies \ ap. vet. interp. Vîrg. X, 198 > éd. Majo, 1818.

(4) Plin. m, i5: Bononia Felsina vocitata , citm princeps Etruriœ es se t.

(5) yiantua dives avis , sed non genus omnibus wnum ; Gens lUi triplex , popuK sub gente quaterni; tpsa caput populis : Tuseo de sanguine vires,

V»o. jBneid. X, 201. Coof. Heyoeo^/A. /.

(6) Plin. m, 16, 19.

•CHAPITRE X. l49

peut procurer des avantages au peuple assujéti y en le mettant sous l'influence d'une nation plus civilisée. Les fosses Pbilistines y qui , après avoir traversé un long espace dans l'intérieur du pays^ venoient se décharger dans la mer y aux environs de Brondole , ces vastes coupures et ces canaux pratiqués par une habile main y auprès des bouches du Pô^ à travers les marais d' Adria y appelés les sept mers y furent l'ouvrage des Tos-' cans (f ) y ouvrage qui atteste les constants efforts de ce peuple pour procurer à ces provinces la salubrité de l'air y l'accroissement de la population , en un mot y tous les avantages du bonheur social (2).,

(1) Plia. III , 16. Conf. Tiirre Rezon* Disquis. Plin, , vol. II , p. 47'

(a) On a beaucoup disputé sur l'étendue des marais Atriens, que quelques-uns font aller jusqu'à Aquffée. Mais, à en juger parla pente naturelle des eaux , constamment dirigée vers le sud , on peut croire que ces marais occupoient un espace d'environ cinquante milles entre Adria et Ravenf^e. Le bassin de Porto- Viro , exécuté il y a plus d'un siècle par les ordres de la république de Venise , peut être considéré comme la répérition des travaux que les Étrusquçs avoient faits sur le P6 , pour verser l'excédant des eaux de ce fleuve dans les marais au-dessous d' Adria. P^ojrez Trevisano, des Lagunes de T^enise y SilyesXfi^ Marais Jltriens ) Morgagni, Lett. Emîliennes,3;

l5o PREMIÈRE PARTIE.

La catastrophe des Ombriens , que , selon le calcul de Denys^ eu égard à Tiacertitude de Tancienne chronologie , ou peut croire arrivée cinq cents ans environ avant la fondation de Rome , donna une grande extension à la puissance des Etrusques y en les rendant maîtres d'un pays considérable vers le Tibre. Les autiques Latins eux-mêmes furent exposés aux attaques de ce peuple guerrier (i)^ qui, àce qu il parolt, acquit sur leur pays une telle suprématie, qu'au temps même de Plutarque (2), l'opinion s'étoit conservée qu'ils avoient anciennement payé tribut aux Toscans. Fidène , placée dans les étroites limites du vieux Latium , Fidène, qui devint par la suite l'occasion de

Zendndi> JUém. histon sur VéUU tuiciôn et moderne des lagunes de Denise, Tom. II , liv. 6.

( I } Sanè noium est bello muliàm poiuîsse Tjrrrhenos et Juisse prœeipuh infestas Latinis, Serv. a</^'n.VII, 426.

(a) Quœst. Rom, 18 (a).

(a) Plotârqae ne parle point nommément des anciens Latins, H d^tqne, selon nn oonte popalaire. Hercule 6t cesser l'assDJétissemeni oà les Tyrrhéniens aillent réduit les Romains, de leur payer la dime de leurs biens. Mais qui ne voit que cette fable, qni placrroit les Romains dans les siècles mythologiques , ne mérite aucune atteU' tion ? Et comment M. Micali , ordinairement si difficile en fait de preuves historiques , va-t-il ici s'autoriser d une tradiiioo que Plutarqae rapporte en se jouant , pour expliquer nn ancien usage, et en déclarant qu'il n*y faut pas donner la moindre créance : ^raCva, fAÏf 6v» ux* ^ni Î9>1o^i«T «tÇisfl'irlov ? R.-R.

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