CHAPITRE X. ïSg
del}ors devoit ûecessairement emprunter aux étrangers des inventioas qui tournassent au profit de sa propre police et de ses mœurs , sur* tout depuis que son commerce d'outre-mer eut étendu ses utiles communications avec les pays orientaux , la Pfaénicie et TEgypte ; et peut-être les Toscans dùrent-ils à ces relations d'avoir été civilisés avant tous les autres peuples de Fltalie ^ {>rincipalement dans un âge où la rareté des Itimières imposoit la nécessité de les recueillir d'une plus grande surface.
Lorsque les antiques débats des Ombriens eurent aguerri la valeur des peuples d'Italie, auparavant resserrée dans une sphère étroite d'activité , la conquête des Etrusques eut le grand avantage de rapprocher plusieurs peuples jusqu alors séparés, • et d'accélérer, par l'introduc* tion d'art§ nouveaux et par la supériorité de leur génie, l'agrandissement progressif de la nation. Cette importante révolution politique et morale changea totalement la face du pays , pour le conduire à un état plus stable de civilisation. Nous ignorons quelle fut , relativement au droit des gens ^ la condition des peuples vaincus : mais , comme une nation agricole qui est par-
bien que la prétendue origine étrusque clUadria , qae j'ai déjà réfutée dans les Éclaircissements, n. XXV III • ft.-R.
l6o PREMIÈRE Pi.RTI£.
venue à un degré certain de prospérité n abandonne point son territoire, et se plie plutôt à la nécessité de travailler pour ses vainqueurs, nous voyons que les habitants des villes conquises furent soumis à un nouveau genre d'assujétissement réglé par des lois plus ou moins sévères* Des tributs fixes et un service militaire furent probablement les principales, sinon les seules conditions que leur imposèrent les conquérants; de manière que Tempire étrusque se trouva naturellement fondé sur les lois des fiefs, que nous voyops se reproduire par tout le globe, dans de semblables circonstances (i). Il est vrai que, par une suite des sentiments généreux qui caractérisoient ces âges, les soldats combattoient et conquéroient , non pour leurs chefs , mais pour l'avantage de leur patrie commune. Les terres conquises par leurs armes ' confédérées étoient considérées comme une propriété nationale : c'est pourquoi des douze peuples d'Étrurie nous avons vu se détacher autant de colonies de leur nom pour aller se fixer dans la Haute et la Basse-Italie , sans qu'on puisise dire comment s'effectua le partage du pays soumis entre les états qui composoient la nation tos-
(i) Voy. Millar, the Origin of the distinction oj ranks, c. 4 > sect. 2.