‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 55 sur 283 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Mais de tous ces établissements maritimes des Toscans^ aucun ne donnoit une plus haute idée de leur puissance navale que la ville de Luni , dont les murailles étoient construites de marbre blanc (i), et dont le vaste port , défendu par de hautes montagnes , est capable de contenir les flottes les plus nombreuses {1).

( 1 359) } mais Caton (ap, SerV. X , 179) dit avec pluis de raison qu'an ignore qael peuple occupoit cette cité avant les Étrusques. D'autres ont prétendu qu'elle avoit été bâtie par Tarchon (Serv. adjŒn, X, 179 ); ce qui fortifie- Toît ropinion qu'elle étoit d'origine toscane. — (Voye» Éclaircissements, n. XXXïlI.)

(1) Luni étoit située sur \di mer , au pied des monts , près de l'embouchure de la Macre. Elle se trouve au* jourd'hui à près. d'un mille de distance dans les terres, à cause de l'éloignement progressif de la mer. Cyriaque d'Ancône, dans une de ses lettres odéporiques de 144^9 décrit les ruines remarquables de ses murailles de marbre , aujourd'hui presque entièrement détruites par les travaux d'agriculture qu'on a faits dans cet endroit. Sur la fin de la république romaine > cette ville étoit déjà très-^épeuplée : desertœ mœnia Lunœ ^ucan. I, 558). Rutilius {fiiner, II > 63) lo«e les blanches murailles de Luni y cadentia mœnia Lunœ. Ces riches matériaux avoieut sans doute été puisés dans les carrières yoisines de Carrare.

(2) Strab. Vy p. i53 : 'O ^1 Az/cj}? fêîyiçis v% nmi nm^Xtft^ îf «ôr« ^tf fictif vXÈiUç Xtfn^uç iy^%iêA%lç ifurriç^ «J«y «r y»-

Si nous considérions maintenant la richesse publique et particulière de rÉtrurie, les terres» les maisons, les ameublements , l'argent en circulation , les riches équipages , et tous les objets précieux dont abondoit chaque ville , une si grande opulence intérieure pourroit être regardée comme le fruit d'une vaste domination, et le produit d'impôts considérables prélevés sur les alliés , sur. les colonies et sur les autres Etats tributaires (i). Néanmoins, comme l'économie de ce vaste empire étoit basée sur la fertilité du territoire et sur une population nombreuse, la richesse naturelle du sol (2) et l'industrie infktigable d'un peuple agricole (3) , doivent être véritablement regardées comme les causes les plus constantes de prospérité nationale de l'Etrurie. L'état déplorable et l'abandon où sont

4iiA«TT9f, r#«r«» i)t Z^ifêK Cf. Plin. III, 5; Silius^yiIIy 482-484* Ennius ( Fragm, p. 3 ) a aussi célèbre la beauté du port de Luni (aujourd'hui golfe de la Spezia) : Lundi ^portum est operœ cognoscere, ceiveis.

(i) Etruscis,,.. geniem Jtaliœ opulentissimam ar» mis, viris, pecunid esse. C'est en ces termes qu'en parle Tite*Live (X, 16), à une époque où les Toscans étoient bien déchus de leur ancienne puissance.

(2) Etrusci campi frumenii ac pecoris et omnium

copia rerum opulenti. Liv. XXII , 3 ; Diodor. Y, 4^-

(3) Sic fortis Etruria crevit. Virg. Georg. Il, 533.

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