‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 56 sur 283 · CHAPITRE X, l'y · texte numérisé non relu

CHAPITRE X, l'y

tombées successivement plusieurs terres auparavant si riches et si utilement fécondées par la culture, nous font à peine croire à la possibilité des prodiges opérés par l'activité industrieuse jointe à la vigueur soutenue du peuple Toscan. Il est pourtant certain qu'en particulier les plaines voisines de la mer, dont on ne recueille aujourd'hui qu un air fétide et pestilentiel), produisoient autrefois, une grande quantité de froxnent (i), ainsi que tant d'autres champs arrachés aux bois et aux marais^ et rendus féconds par un travail opiniâtre.

Les nouveaux arts, les commodités de la vie , les idées étrangères introduites par la richesse et le goût du superflu, écueil où vont ^ briser les plus sages institutions, furent pourxou te la nation le germe de ce relâchement de mœurs qui signala nécessairement l'époque de sa décadence. L'influence séduisante de la corruption amortit insen-* siblement Vardeqr de la liberté, et prépara la tardive f mais infaillible catastrophe qui devoit renverser les fondements de l'empire. De leur côté, les coloQÎesperdirent de même leur affection pour la métropole, et dégénérèrent en froides alliées, qui ne voulurent plus avoir jrien de commun

(i) Liv. passim. Goiif. Ximenes, délia fis ic a costi-^ tuzione délia Maremma.

avec le reste de la nation. Dans tout le cours de rhistoire étrusque , depuis la fondation de Rome, nous verrons comme deux corps de cette nation, établis Tun au-delà du Tibre, lautre au-<le]à de F Apennin, et alors séparés d'intérêts d'avec l'Etrurie centrale, rester tour à tour tranquilles spectateurs de leurs périls mutuels, sans jamais, ou bien rarement, songer à se secourir. Ainsi, tous les liens de leur union s'étant relâchés au'sein de la prospérité; le luxe des Toscans , la somptuosité domestique, l'excès des plaisirs et des délices auxquels ils se livroient dans la guerre comme dans la paix, produisirent enfin ces vices fastueux que nous voyons censurés par les écrivains, avec autant dç justice que de sévérité (i) : tant ils avoient laissé croître en eux cette ardeur de désirs qui consument un peuple corrompu , c està-dire cet amour excessif des richesses , de la mollesse et de la débauche ! Tputefois , comme l'observe un judicieux historien (n) , il n'est pas sûr qu'il faille rapporter cette décadence au temps où les Étrusques tenoient le sceptre de ^ l'Italie, plutôt qu'à l'époque où ils avoient perdu

(i) Theopomp. ap. Athen. XII, 3; Denys, ES, i6; Diodor. V, 40; Virg. XI, 735-738, et al. (2} Deoina, Réi^olut. J Italie^ L. I, i.

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