‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 60 sur 283 · CHAPITRE XI. l8f · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. l8f

D'antres écrivains, jaloux de faire éclater en tout la gloire des Grecs ^ tirèrent de la discipline militaire des Sabins et de raustérite de leurs mœurs y une preuve qu'ils provenoient d'une colonie de Lacédémoniens , établie du temps de Lycurgue : opinion de pure vanité p et qui ne sert qu'à montrer k quel point la manie des origines grecques a défiguré l'histoire d'Italie (i).

On est fort incertain sur les véritables limites de la Sabinie, à une époque si antérieure aux observations géographiques. Toutefois on doit remarquer que ce pays, presque entièrement compris entre fis Apennins, dans un espace d'environ cent milles , étoit environné par l'Ombrie, par le Picenum, par les Vestins et par

(i) Dionya. II, 49> Plutarch. in Numa, Cn. Gelliut ( ap, Serv. VIII , 638} peut être dlé comme un des plus anciens écrivains qui ont émis cette opinion chimérique, qui fut ensuite si ineptement soutenue par Jul. Hygin. Sùbinas à Lacedœmoniis ducunt à Sabo , qui de Per^ j^ide Lacedwmonios transiens ad Italiam venii, et ex* pulsis Siculii, tenuit loca^ quœ Sabini habeni, Nam et partem jPersarum nomine Caspiros appellare cœpisse, quiposi comtptè Casperuli dicti sunt (Serv. /. c). Telle est habituellement la logique des partisans des origines grecques. Virgile a sagement dédaigné cette origine Spartiate des Sabins. «-«(Voyei Éclaire, n. XXXIV ).

}Sù PREMIÈRE PARTIE.

les Marses, et avoît le Tibre et le Téveronô pour limites naturelles, du côte de ITÉtrurie et du Latium (i). Or, comme il est constant que les Sabins n'teprouvèrent point de révolution par des causes extérieures jusqu'au temps des Romains^ on peut croire qu'ils se maintinrent constamment dans leurs montagnes, où l'exercice en fit avec le temps des hommes robustes et însurmon tables à la fatigue. Il est vrai néanmoins que la domination des Sabins s'étendit autrefois à la gauche duTéverone , sur quelques villes de l'ancien Latium (2) , soit qu'ils y eussent fait

(1) Strabon (V, p. 157) et Pline (lîl, 12) ont décrit les limites de la Sabinie , telles qu'elles étoient de leur temps; mais Virgile (Vïï, 706-5^17), Êatiisiint illusion à une époque plus ancienne , les a beaucoup reculées. Les bornes les moins contestées de cette région furent , au nord-ouest , FOmbrie , séparée de la Sabinie par la Néra ; au nord-est, la chaîne des montagnes qui bordé le Pic^ nuud; à l'est j le pays des Vestins; au ntiidi, le Latium , séparé par TAnio, aujourd'hui le Téverone, jusqu'à son confluent dans le Tibre; à l'oueM, PËtrnrie, ou plus proprement le canton des Falisques et des Yéiens , en soi* vant le cours du Tibre* Voy. Cluvier, p. 649r-694; Cellarius , p. 768-782 ; d'Anvllle , p. 53 ; <]apmartin de Chaupy,iXfai5. de camp, éT Horace, tomelTIj p. 69-150.

(2} De ce nombre étoit indubitablement Collatie , qui appartenoit aux Sabins du temps de Tarquin l'Ancien (Liv. I9 37). L'emplacement de €énina, d'Antemna et

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