‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 66 sur 283 · CHAPITRE Xir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xir

pies f invariablement fixé dans ses limites , prit le nom d'un lieu principal situé sur une éminence en manière de forteresse, lequel , par la suite, s^élevant au titre de cité, étendit sa juridictioa sur le territoire adjacent (i). Lauréate , Préneste^ Albe, La^nuvium, Gabies, Arici^, LavimuQiy Tusculum et Tibur la superbe (2), sont citées comme des villes de la plus haute antiquité (3) , et distinguées par leur puissance et par leur richesse avant l'existence de Rome* Laurente y célèbre dans les fables comme la capit^ile des rois latins (4) 9 étoit peut-être la plus considérable de toutes ces cités , à cause de sa

(]} Un moderne a ingénieusement comparé le Latiiun, ^w divisé y à ces Iles de la mer du Sud dans lesquelles chaque émineuce est une espèce de fort. Ferguson , Hist, ofthe progrefs and termination of the Roman repuèi,

lom. I9 €. I*

(a) Tiburque superbum. Virg. VH , 63o.

(3) Tiburteê quoque origdnem multà ùrUe ur^em Romam habeni. PUn. XYI, 44* ^^ autres villes les plus reanarquablesdu vieux Latinm étoient Boviiie , Nnmentum , leUëne , Ficane , Labicum ^ Pédum , Ortona , Toléria et plusieurs antres. Voj. Convier , p. 900-^0 , et les ouvrages pleins de détails , mais presque dédnés de critique, dee PP. Kirolier, Oorradini, Yolpi, sous ^e titre de JTeius jLiUium iUustraium,

(A) Virg. VII, 170-171. ïibull^ (II, 5, {►!) l'appelle Laurens Casirum, ;

ig6 PREMIlfeRB PARTIE.

situation près de la mer (i). Les Prénestins, puissanmaent fortifiés parla nature et par Fart (i), qui durent I presque comme les Romains, à la violence leur première fortune (3) , avoient dans leur étroit domaine huit bourgades sur lesquelles ils exerçoient leur juridiction (4). Albe, plus fameuse encore, se glorifioit d'avoir seule

(i) Il est fait mention des Laurentins comme d'un peuple navigateur , dans le premier traité conclu entre Rome et Carthage. Polyb. III, 22.

(2) Altum Prœneste. Virg. VII , 682. Quia is locus montibus prœstei , Prœneste oppido nonien dédit. Cato, ap, Sèrv. ibid. ; Strab. Y, p. i65 ; Add. Petrini, jinnali di Palestrina, On voit encore aujourd'hui une partie des antiques murs de Préneste, construits de grosses pierres travertines^ taillées à polygones irréguliers, et liées ensemble sans aucune espèce de chaux. Sur ce genre de fortification , commun à plusieurs villes du Latium , voyes ci-après Ghap. XXY.

(3) La fondation de Préneste, attribuée à Céculas, supposé fils de Yulcain , rend merveilleusement raison des mœurs des premiers Latins : Hic postea collecta multitudine postquam diu lairocinatus est, Prwnesti'^ norum civitatem in montibus condidit , Serv. YII , 681 . Ajoutesb»y les paroles mêmes de Gaton : Hic coUectiiiis pastoribus Prœneste fundauit. Gato , in Origin. et Yarro, Lib. Marius aut de Fortuna, op. Yirgil. Interp. vet. p. 55, cd. Majo, 1818.

(4) Tit.-Liv. VI , 29.

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fondé trente colonies (1). Tous ces penplts^ réunis par le lien d'une origine commune , l'é* toient plus particulièrement encore par la religion, et par le nœud politique d'une fédératioi^ générale, qui faisoit leur force et leur sûreté. Pour cet effet, les habitants de Tusculum, d' Aricie , de Lanu vium , de Laurente , de Cora , de Tibur, de Pometium, les Ardéales/Ct les Rutules, faisoient leurs sacrifices et leursiassem^ blées en commun dans le bois sacré et letemple de Diane k Aricie, consacré à cette déesse pap le dictateur latin Égérius» Leslûus de TuscurI lum (2). Un autre temple près de Lavinium, inis sous. la garde des Ardéates, servoit^seule^ ment à la réunion ;des diètes latines. (3) ; bien que l'histoire des premiêra sîèéles de Rome fasse le pli|s souyeiit mention du bois sacré deFcren-** tinum, dont, l'horreur même conyenoit- da^ vantage à une assemblée religieuse. Mais le gage le plus puissant de leur eonservation étoit ces

(i) Dionys. III, 3i. II est t^rafsemblable qu*A1be avoit pris son nom du mont Alban , qui commandoit tout le Latium. Alpum, c'est-à-dire blanc et élevé, est un iiiot très-anden , dérivé, selon Festus, de la langue sabine.

{%} Cato, ap. Priscian. XIV.

(3) Strab. V, p. tGo^Cass. Hemin. ap. SoHn, 2. Vir* gtle (VII, I74) rappelle Tancienne coutume de tenir les assemblées publiques. dans les temples. .

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mleurs énergiijned d'un peuple essehtienemenl pasteur et guerrier, endurci à la Êttigue, accoutumé à yiyrede peu y et à partager son temps entre ta châsse, .la charrue et les armes (i),

. Du sein de ces peàples encore agrestes s éleva enfin unecîté qui de l'empire du Latium parvint à celui de toute l'Italie. AnssitôV^ue Rome se fut accrue, les simples traditions de son origine sofaseurcirent devant les brillantes fictions que Fillust^atidn des cités prête souveht k leur origine. Lés Grecs f qui avotent eitcfaantë toute Faotiqùite avec leurs fables, éntehf aus^i là présomption de fadre croire au Aïonâe qtf'ils avoîent idonné naissance aux Romains. Cette e|Hnion vaine , convertie par Vii^gination en on beaa roman historique (a) , ne manqua ni d écrivains pour la défendre, ni de faux docu«- Baents dont ils surent è'étayer« En supposant

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, (1) Virg. jŒneid, YIII» IX , p^ssîm. La tàkXe pastorale du fameux larron (^aci|S pejitaussi donner une idée de ces premières mœurs girossiëres du Latîum.

(a) Lorsque Tantear reprodait , avec une complaisance qui paroU inépuisable, les mêmes reprobhes exprimés dans les mêmes termes , snr la Vanité àei ôreÉs , sor la vanité des Romains , sur les fahtes , les romans f les fous» documeni» » que -et motif Ifabt a Ait ima^'ner ; ne dois-je pas craindre de fati^e» Je lecCeitr par la conliAtielIe répétition de» mêçoea réponses que j*«i d^j^ faites P ,l[>veri{s donc ici que je laisserai passer ces vagues déolAmationa de Tautenr, «mis y lien opposer , me réservant de détraire par des faits contraires le* assertions où il prétend roit établir quelque fait particulier. R.-K.

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