‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 67 sur 283 · CHAPITRE XII. IC · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. IC

donc que , dans les temps les plus recule's , il y a^oit eu des hommes de leur race en Italie^ ils donnèrent les Aborigènes pour des peuples natifs d'Achaïe ou d'Arcadie, provenant de l'antique colonie pélasgique d'ŒnotruSy quis^ëtoient introduits dans le Latium par Textrémité de la Calabre , quoique cette introduction fut évidemment impossible dans un pays fermé et à tra^ vers des peuples belliqueux (a). Cest aussi des Grecs de Thessalie qu'étoîent issus les Pélasges qu on disoit avoir pénétré des bouches du Pô jusqu'aux rivages du Tibre ; c'étoit pareillement de Grèce qu'étoient venues les deux colonies qui, aussitôt après la dispersion des Pélasges , s'étoient portées dans leur territoire, sous la conduite d'Évandre et d'Hercule ; enfin , on donnoit une origine grecque aux Troyens eux-mêmes , qui, après la ruine de leur patrie, s'étoient, di«oit<on, établis avec Énée dans le Latium (i).

(a) En raWant la marcbe qo'a dà prendre la colonie œnotrienne , «lie n'enl point à inverser tm pajrj fenné , ni probablement nn« population $eïtiqveme. Cest ce qne je montrerai qnani je décrirai la maik:1ie des CEnotrîeua, depai» le point on ils débarquèrent en Italie, jns^nl lenr ati^ivée dans le Latinm, marcbe qae Vtm verra partout aotorisée par des fémoignages hisioviqnea on par des monnteenta non moins d^ea de foi. E.-R.

(i) Dîonys. I, 61-62. Les fables inventées tant sur lel Pélasges ^ui prirent le nom d'Aborigènes, de Latins, que sur l'arrivée d'Éuée en Italie, et sur Torigine de Rome,

a 00 PREMIERE PARTIE.

Sur le fondement de ces traditions imaginaires (a) f la religion ^ l'écriture , les arts (i) , en un

furent divulguées par les écrivains grecs du bas étage , que Ton peut voir cités dans Denys^ Plutarque, Festus et autres. Mais on doit attribuer au premier tout le mérite d'avoir réduit en système les incertaines traditions qui couroient sur l'existence des Pélasges en Italie, afin de donner plus de lustre aux commencements de Rome , et de trouver y comme il le disoit , une plausible affinité entre les Grecs et les Romains. Strabon, avec beaucoup de raison (V, p. iSg) , considère ces traditions comme de vains bruits de la renommée , et range parmi les fables la colonie pélasgique d'Évandre. Tite-Live (V, 33), en parlant du passage d'Hercule, dit sagement: Nisi dfi Hercule fabulis credere Irbet. D'autres nient formellement l'arrivée d'Énée et des Troyens en Italie (Dionys. I, 53), rejetée encore par Strabon (XIII^ p. 4i8) , qui s'appuie de l'autorité d'Homère.

(a) Tomes ces allégations sont bien générales et bien vagnes pour qa*on paisse se permettre , snr ce seul fondement , de traiter àlmaginoires des traditions de la pins respectable antiquité. Croit-on qa*il suffise de lesqaalifier ainsi, ponren infirmer rantorité ? ces écrwtâns grecs du has étage, comme s'exprime M. Hicali, étoicnt les Philiste» les Antiocbns de Syiacnses , qni a?oient fait nne étnde longne et approfondie des antiquités italiques, cinq on six siècles avant notre ère , à une époque où subsistoient tant de monuments écrits ^ tant de traces récentes de ces migrations des Grecs , à une époque où aubsis* toient aussi tant d*osages pri^ et publics empruntés au même peuple, et on ces puérils motifs de ranité que M. Micali s*obstine à trouver partout dans son bistoire, n*«Toient pu s*y introduire encore, si tant est qn^ils y aient jamais exercé tant d'influence. Et puis » M. Micali croira avoir gain de cause, en s*autoritant , contre le témoignage de tant dVcrivains nationaux , d^une opinion de Gibbon ! R.-R.

(i) Qu'il nous soit permis de fortifier notre sentiment

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