‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 68 sur 283 · CHAPITRE xir. aoT · texte numérisé non relu

CHAPITRE xir. aoT

mot y la civilisation des peuples Latins, passèreat pour un don de la Grèce* Les villes , les villages eux-mêmes, brillant d'une illustration toute nouvelle, se trouvèrent avoir pour fondateurs un héros grec ou troyen , et leur divinité protectrice fut une divinité étrangère (i). De cette

de celui d'un grand historien (Gibbon) : « Parmi les « migrations fabuleuses , je mets les Œnotriens , les An- « cadiens'y Évandre, Philoctëte , Épée , Diomëde , et tant « d'autres chevaliers errants'qui se sont établis en Italie « avant la première olympiade. » MisceUaneous works, tom. III, p. 319.

(1) La ville de Lavinîe passoit pour avoir été fondée par Énée en l'honneur de Lavinie , fille de Latinus , ou d'Anins, roi de Délos ; A1be,par Ascagne ; Tusculum,par Téiégone ; Frénésie , par un petit-fils d'Ulysse } Tibur , parTiburnus, Argien ; Politorium, par Politës ; Grustumérie, par Clytemnestre ; Antium et Ardée, par deux fils dTJlysse et de Gircé ; Gora , par le Troyen Dardanus , etc. Ghaqae ville du Latium se vantoit d'une origine égalemen t illustre , sur la foi de quelque romancier dont on conservoit quelques reliques pour appuyer cette croyance. Les prêtres de Layinie conservoient dans le sel le corps de la truie qui avoit servi d'auspice à Énée ( Varro, B^ R^ II9 4) • ^ Grcenm> non-seulemAt on rendoit à Gircé des honneurs divins (Gicer. de Nat. Deor. III, 19), maison y gardoit également une coupe qui avoit servi à Ulysse (Strab. Vy p. 161 ). Ges monuments de la vanité municipale se transmettoient de siècle en siècle : Procope (^e Bello Goih. IV, aa) dit avoir va k Lavinie, entier

âO!l FREMIÈHE PARTIE*

manière , tout le Lalium fut converti en un p^iys de prodiges et dt; fictions. Tandis que la vanité s'honoroit de ces inventions si flatteuses, répétées a satiété par les premiers annalistes, la témérité des grammairiens débita les opinions les plus inconsidérées et les plus hardies, sans autre fondement que les récits mythologiques , ou quelque conformité accidentelle de mœurs ou de langage (i). Le nom même du Liatium

et bien conservé, le vaisseau sur ]e<}uel Ènée avoit abordé en Italie (a).

(i ) Selon Cécilius , ou plutôt G. Acilius, qui avoit écrit une Histoire romaine à la manière des Grecs , Borne étoit une ville grecque , sur le grave fondement que le culte d'Hercule , institué par d'Évandre , y ressembloit k celai qu'il avoit en Grèce (Stfabon. V» pag. iSg; Macrab, Sat, III, 6.). L'explication que l'annaliste romain don- Boit des fêtes lupercales célébrées avant la fondation de Kome, n'en étoit pas moins étrange, Plutarck. iaRomuL

(«) Il finidroit des psfcs eotièrea pour rMUàr et distiogser éf Ikiu que laateiir accottole et confond à desdehi d«n» ona seole noM. Tontea cet traditions sans doate ne méritent pas la même confiance , etn*ont pas an égal degré d*anthenticfté ; mais il en est qni sont appnyéés snr les témoignages les pins graves et sar des monuments irrécataMM. An reste , la réunion de ces traditions , anpposé même qoa qntlqnea-vnea fiassent mensongères, n*ert pronre pas moins, contre If système de Tantenr, qne la croyance de i'élnblissemeni dos Grecs dans le Latinm y étoit généralement répandne, que les monu' ments s*en étoieut conserrés' jusqu'à nne époque très-récente; et ponr nier ces traditions , et pour récu&er ces monuments , il fan droit an moins des preuves contraires ; car, en bonne critique, l'opinion seule de M. Il icàli ne «olfit pas. HrK.

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fui donne pour un nom étranger, afin d accréditer la fuite et la retraite du grec Saturne en Italie. C^esi avec la ménie frivolité qu'on aMira que le nom de Rome étoit dérive d'un mot gried qui vent dire force (t). Ou comptoit dam les anntleâ d' Albe quatorze rois de la race dTnée f depuis Ascagne jusqu'à Romulus (pt) ^ quoique i^n ne put citer aucune action de ces rois pour leur pays 9 et qu'il fAt trop évident que leurs noms obscurs avoient été imaginés pour lier f par le moyen de cette chronologie suspecte de fausseté i kl foâdatichide Rotkie réputée fatale (3)

i****fcitai^i**«ia*B***itaMi.4*«*^ta-^Mi^i^b^fc

(i) Ruma eJt un vieux mot de la langue du Latium ( Varro ap. Non. II , ^56 ; Festus in Ruminalis ; Plin* XV, i8. ). Selon Servius ( VIII , 63 , 90 ) , l'Albule ou le TiLre s'appela quelque temps Rumon. Bumilià éloit Aussi le nom d'une déesse de^ Latins. (Plntarch. in Rc^ muL et Qui^st. Rom. Sy. ) ; et f une des plas anciennea villes des Samnites avoit pour nom Romulea.

(2) Voy. liv. 1,3; et Dionys. 1 , 65*7 1 j Sext. Atn% Victor. OHg, G. R. ; Otid. FasU IV, et Metam. XïV. L'histoire tont-à-fait vide et fàbalettse du foyamne d'AH>e a été tnise en Icrmiëre par Ricci , Metn. stariêhé deita città fAtba^Longù, p. 1 3-43.

(3) n y avoit sept choses fatales dont oii faisbît dépendre la conservation de Rome , et pâMii elles , par l'intérêt qu'on porte au jc choses héfôtqaés , les cendres d'Oreste, le sceptre de Priam, le TWie d'flione, et 1* Palladium donné par Diomèdé à Éâëè. Serv. adyiEneid,

VII , isa

ao4 PREMIÈRE PARTIE.

( OU' marquée par le destin ) avec la chute de Troie (i). L'imagination poétique de Virgile s'empara de ces récits ingénieux , et il lui fut facile de tracer , sur le modèle de la fable de l'Iliade, les aventures et les progrès de la colonie phrygienne qui , des rives du Xante , porta dans l'Ausonie les destinées et la gloire future de Rome. Mais, si son immortel poëme doit iaiie à jamais les délices de tous les âges , il est de notre devoir d'ôter à ces imposantes fictions le rang qu'elles ont usurpé dans Thistoire.

Dans un petit coin du Latium, voisin de la mer, habitoient les Rutules, que Ton voit quelquefois confondus avec les anciens Latins, comme ils sembloient l'être naturellement par leur situation et par leur origine commune (2). Toutefois ces peuples donnèrent sou vent l'essor a leur humeur guerrière au préjudice des Latins^

^ (i) Eusèbe et.le Syncelle, prenant Denyspourguide, citent le grammairien Apollodore , Euphorion de Chai* cis , poëte-hi$torien , et plusieurs autres écrivains grecs , comme les piincipaux auteurs qui aient £ût connoître la chronologie des rois latins. Mais Castor de Rhodes , surnommé çtXifmfêmêff qui vivoit au temps de Jules César , parott avoir développé avec le plus d'appareil ces généalogies dans son traité de Romanorum imperio, ap„ Euseb. Part. I ,^ 48 » P« 217, Chronic, ined, ex codice jérmeniac. éd. Majo et 2k>hrab. 1818.

(2) Consanguinei Rutuli , Yirg. XII , ^o*

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