CHAPITRE xn. ai
liter et protéger leurs courses sur la mer de Toscane. Néanmoins les Volsques ne négligèrent rien pour fonder leur prospérité, d'une manière plus noble , sur la base de l'agriculture et de l'industrie domestique. C'est par les soins et les travaux constants de cette industrie que les marais Pontins , objet digne des regards du naturaliste et de l'observateur politique des vicissitudes humaines, se virent changés en un terrain florissant et fertile, sur lequel 3'élevoient vingt-trois villes considérables (i); tandis que de nos jours, après tant de siècles et d'effbrtâ, ils présentent encore le spectacle dégoûtant d'une plage infecte et malsaine. Enfin l'opulence incontestée de Suessa-Pométia, abondante en précieux métaux (2), seroit elle seule une preuve évidente de la richesse des Volsques avant l'agrandissement des Romains.
Mais le seul mérite des Volsques n'étoit pas
certain breuvage empoisonné , et en les touchant de sa baguette, ayoit probablement été inventée, comme le pense Strabon , pour indiquer la nature parliculiëre de ce lieu, que l'on ^isoit alors fertile en racines et en plantes vénéneuses.
(i) jiccessit haliœ aliud miraculum, à Circeis palus Pomptina est , quem locum XXIII vrbiumjuisse Mutianus ter consul prodi dit, Plin. III , 5.
(2) Liv. 1 ,53 ; Dionys. IV, 5o ; VI , 29-74-
:il4 PREMIÈRE PARTIE.
seulement d'égaler par leur force et leur bravoure les autres peuples de Tltalie : ils cultiyèrept encore les beaux -arts avec une sorte d'émulation et de célébrité. Leur habileté dans la plastique, que Pline (i) rappelle en pas* sant , nous a été récemment démontrée par les bas-reliefs trouvés dans des fouilles faites au voisinage de Vellétri (a). Ces ouvrages, quoique d*une exécution un peu grossière, nous donnent une idée satisfaisante de Tétat de Fart parmi eux,. en même temps qu'ils nous retracent plusieurs de leurs usages, entièrement conformes à ceux des Étrusques ; conformité qui ne fait que démontrer davantage les rapports mutuels qui existoient entre ces deux peuples, lesquels se trouvent également prouvés par l'analogie de leurs dialectes (3).
Tous ces peuples , jadis souverains dans leurs domaines respectifs, furent, par un effet de la politique romaine , confondus sous le nom col-
(i) L. XXXV« 12, où il nomme Turianus deFrégelles.
(2) Voy. Becchelti, Bassi relievi f^olsci:ces basreliefs existants d'abord dans le musée Borgia , à Vellétri, sont aujourd'hui au Musée royal de Naples.
(3) Voy. ci-aprës , chap. XXIX. Le nom primitif des Volsques dut être f^ulschi ou Vulsci, par la faculté propre à ces langues de substituer l'u à l'o. Ennius a écrit Vuiculus perdidit jinxur {¥esU in Anxur),