‹ L'Italie avant la domination des RomainsChapitre 79 sur 283 · CHAPITRE XIY. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIY. a

inexpugnable des Marses , qui comptoient encore dans leur confédération les Ansantins y les Antinates et les Lucenses (i). Tous ces peuples, suffisamment défendus par les hauteurs considé* râbles qu'ils occupoient , yiyoient , suivant l'an* ciennecoutume, dans des villages etl^ameaux (a), avec cette assurance que donne le sentiment de sa propre force et le respect des traités. La confédération des Marses y des Vestins, des Marrucins et des Pélignes pouvoit presque aller de pair en puissance avec les Saronites (3) : mais le premier rang de cette association appartenoit sans contredit aux Marses , dont l'éducation mâle et

pierres à polygones irréguliers , et sur les raines d'un de ses anciens temples , voy. Piranesi , jàntich. di Cora y p. 2 ; et dclla Magnificenta di Roma, p. 83. Il existe encore de cette antique cité de rares médailles en argent avec la légende ALBA.

(i) Plin. III, 12. Quoique le texte de Pline porte Atinates, on doit lire Antinates. Plusieurs inscriptions font mention d'Antina , ville des Marses , qu'on appelle aujourd'hui Civita d'Antina , dans l*Abru£ze 9 située sur la cronpe d'une haute montagne , dans la vallée de Roveto , à 12 milles de Sora , et à peu près à la même distance du lac Fudn. Les Lucenses existent encore à Luco, à 8 milles d'Albe. Voy. de Sanctis , Dûs. sur Antine p ville municipale des Marses,

(2) Strab. V, p. 166 ; Feslus , in F^ici,

(3) Liv. VIII , 29.

guerrière fit dire aux Romains qu'on ne pourvoit ni vaincre les Marses, ni vaincre sans les Marses (i). Les preuves de leur valeur , que nous verrons éclater dans la guerre marsique et sociale , nous convaincront combien l'ardeur de ce peuple pour la liberté s'étoit peu refroidie; combien, après tantde siècles , ils ëtoient peu dégénérés de cet esprit martial héréditaire, dont on trouvoit des marques jusque dans leurs tombeaux (a).

Une chose qu'on ne doit point, omettre dans le développement de l'histoire de l'esprit humain , c'est que les Marses durent la plus grande partie de leur célébrité à une espèce particulière d'enchantement ou de vertu magique que leurs prêtres s'attribuoient pour conjurer et apprivoiser les esprits. Leur pays montueux, rempli de cavernes et de bois, ofiroit une retraite naturelle à ces reptiles. Contraints de se défendre contre des ennemis si dangereux , les Marses apprirent à les braver; et cette adresse parut facilement au vulgaire crédule une puissance surnaturelle. Sans doute le Marse intrépide qui

(i) Appian. CiviL I , p. 639, éd. ToU.

(2) Genus acre virûm Marsos, Virg. George II , 167. Dans beaucoup de sépulcres que Fou découvre dans le territoire des Marses , on trouve ordinairement des lances et d'autres armes offensives.

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