CHAPITRE XIV. a
le premier porta le mépris du danger jusqu'à lécher la liqueur venimeuse que recèle la dent des vipères (i), se proposa de retirer quelque avantage de cette découverte. Aussi cette habileté à se jouer, pour ainsi dire, avec des ani» maux homicides, et a guérir leurs morsures» dut être généralement regardée comme un art extraordinaire et magique (^à), lequel, secondant la médecine^ devint l'héritage de quelques imposteurs qui formoiènt une race particulière, et dont le sang ne se mêloit jamais à un sang étranger (3). On alla même jusqu'à se persuader que cet art surprenant étoit un don salutaire de la déesse Angitie, à qui ce peuple offroit un hommage particulier au fond d'un bois sacré , situé au fond du lac Fucin (4). Ainsi la re-
(i) Redî , Osserv. intomo aile vipère.
(2) L'art si vante des Marses et des Psylles consistoit à guérir les morsures des serpents en suçant leur poison. Redi , Vallisnieri et Fontana ont démontré jusqu'à l'évîdence que la succion du venin des vipères n'est point nuisible j et, comme ledit spirituellement le premier; N il y a toujours eu dans le monde bien des Marses et bien « des Psylles. » Observ, p. 17.
(3) Plin. VIII, 2 ; XXV, 2^ XXVm, 2 ; Solin. 8 ; Gell.XVI,!!.
(4) Virg. VII , 759-7Ç0 ; Silius , VIII , 5oo.5o3. Cette déesse Angitie passoit pour être une sœur de Circé ou de
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nommée des enchanteurs Marses, consacrée par la religion, obtint tant de crédit et de respect, que Virgile lui-même a employé les cour leurs les plus brillantes de la poésie pour décrire la puissance surhumaine d'un de leurs prêtres doué, de cette, vertu magique (i). Cette opinion universelle, si propre à plaire dans un temps de superstition, se maintint jusqu'au siècle d'Héliogabale (a) ; et , comme pour perpétuer la preuve de la crédulité humaine , il en subsiste encore des traces dans le pays où elle prit naissance (3).
Mëd^y ou Médée elle-même. Voy.Caelias , ap. Solin. 8; Serv. VII , 75o.
(i) L, VII, 750-755. Voy. Boettiger, sur V Enchante^ ment médical des serpents.
(a) Lamprid. in Heliogabal. p. 109, éd. Salmas.
(3) Grimaldiy Annuli del regno di Napoli , tom. IV, p. 328-338 y oii il expose comment la crédulité de ces bonnes gens attribue aujourd'hui à un Saint-Dominique de Cullino ce que lears aïeux attribuoient à la déesse Angitie et à Médée.
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