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SAINT-HOSPICE

Il faut aller visiter la madrague du golfe de Saint-Hospice, destinée à la pêche du thon, et que l'on dresse d'ordinaire en février ou mars. Le propriétaire , M. Giosan , habitant de Nice, indique obligeamment l'heure à laquelle on fait la levée des filets, qui a lieu trois fois par jour.

C'est à Saint-Hospice que l'on va se régaler du fameux bouilla- baisso ^ matelotte nationale , d'un goût particulier , et qui doit être mangée sur place. H sera nécessaire d'avertir la veille . ou mieux encore l'avant-veille ,

SAINT-IIOSPICE. MONT-GUOS. 1285

la cabaretière Gioanetta, afin qu'elle ait le temps de se proeurer le poisson. 11 faut, pour le bfluilla-baïsso, du poisson d'élite, pris dans le roe . et qui est plus savoureux. Pendant les préparatifs du repas , si la madrague en laisse le loisir , on ira visiter la tour de l'église , à la pointe de Saint- Hospice. La vigne que l'on traverse donne un vin blanc fort agréable ; on en demandera pour arroser le bouillabaisso.

MOMT-GROS.

Une autre partie très agréable est le tour de la montagne de Mont-Gros. Elle se fait à pied, à âne ou à cheval, et par un temps chaud. Après avoir admiré sur la route, l'aspect brillant de Nice et de sa mer, on aperçoit, en bas, au détour du Mont-Gros, le blanc village de la Trinité. L'impression du froid se fait déjà sentir. Alors on a sous les yeux les flancs arides, inclinés de la montagne, minés par les pluies , les torrents ; chaos de pierres, informe monument des révolutions du globe, dont l'industrie humaine n'a j)u tirer d'autre parti que d'en ferrer les routes. On traverse ensuite des gorges profondes et d'inextrica-

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blés sentiers; puis on arrive à la jonction de l'ancien chemin de Gènes , et l'on se dirige vers Villefranche. La scène chang;e alors comme par enchantement : au lieu de l'âpre et triste nature que l'on vient de quitter, l'œil découvre avec joie les campaj;;nes cultivées qu'embaument les Heurs printanières , les orangers et les citronniers, que décorent de leur verdure variée , les caroubiers , les larges et vieux oliviers de Beaulieu , et que borde la mer à l'horizon.

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