‹ L'Italie confortable manuel du touristeChapitre 31 sur 125 · CHAPITRE VTTT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VTTT

IIOLOGXE.

Climat et Hygiène. — Climat rigide et sec pendant l'hiver, à cause des vents soufflant du nord et dos montagnes ; chaud l'été.

Le système des gastrites est né à Bologne, et M. Tommasini avait précédé Broussais. Il est vrai que la situation de la ville au pied de l'Ajiennin , y rend communes les maladies inflammatoires.

Médecins. — MM. Comelli ; Alessandrini ; Barilli; Valoram.

Chirurgiens. — MM. Baroni; Venturoli; Cavara ; RizzoLi.

Le prix des visites est de 5 francs ; les consultations 20 francs.

Comestibles. — Bologne est une des villes d'Italie où l'on mange le plus et le mieux. Ses saucissons gros et petits (mortadclla e colicldni) sont européens. Rien de ])lus succulent ([uo ses potages et surtout les tor-

lll BOl.OC.NE.

tellim ou capelletti, petites pâtes remplies de liaehis de p-aisse de bœuf, de jaunes d'œufs et de parmesan. On fait aussi des capcUclli avec du hachis de volaille à l'intérieur; mais ils sont inférieurs aux premiers. Le boudin (ccrvcllato) mêlé de raisin sec et de pij^nons, est excellent. La grosse anguille de Comaccido marinée, dite cazzotto^ forme un bon mets de carême. Le solide coppo, fait à merveille par les paysans et composé de lait, de sucre et de jaunes d'œufs , se mange pendant le carnaval, très joyeux à Bologne. Le laUcmlcle est une crème fouettée, très délicate, très lég:ère.

La pâtisserie est populaire : les zalettlm, gâteaux faits avec de la farine de maïs , du raisin sec et d(^s pignons; les fritellej, beignets de riz et de raisin sec ; les castagnacci j, de farine de châtaignes , délices des petits garçons, et qui se vendent dans les rues , sont très friands.

La terre del Cattu est une pastille d'un goût agréable et fort.

On estime beaucoup les rosolios de Bologne, surtout ceux à la rose, à la menth{;; le latlc divecckia, \e perfelto amore^ ainsi que le ra-

tafia et le marasquin très bons , quoique ce dernier ne jouisse point à l'étranger de la réputation de celui de Zara.

Bologne a été surnommée la Docle et la Grasse. Les Voyages traitent de ce premier mérite ' ; il ne peut être ici question que du second. Ses fertiles collines, outre les noix, les melons et toutes sortes de fruits, produisent encore ce raisin doré, appelé poétiquement raisin du Paradis (uva paradisa), que l'élégant Père Roberti a cité dans ses agréables lettres. Ce raisin, dont la peau solide ne se ride qu'en mars ou avril, qui se mange au théâtre dans les loges, pendant le carnaval, peut braver l'hiver et les voyages. Misson , pendant deux mois d'hiver à Venise, l'année 1688, en avait mangé d'une fermeté et d'un goût admirables. Le sénat bolonais en faisait chaque année un jirésent à l'empereur Charles VL Le prince Eugène de Leuchtemberg, qui avait la jouissance du domaine de Galiera, érigé en'apanage pour sa fille aînée Joséphine par Napoléon , recevait deux fois l'an , à Munich, un envoi de ce raisin. Il était expédié

■ V. liv. Vlll. chap. 1 et 2.

par l'intendant, dans une sorte de fourgon assez semblable à nos voitures de déménagements , et dans lequel étaient plaeées des caisses disposées comme celles où se mettent les robes et les chapeaux des dames en voyage. Ce fourgon traversait ainsi à grands frais les Alpes, et le prince à Noël et à Pâques, offrait à la famille royale son raisin , dont l'apparition dut la première fois sembler miraculeuse.

Vins, — Les vins récoltés sur les collines sont forts et d'assez bonne qualité; mais ils ne se gardent pas long-temps, à cause de la mauvaise habitude de les allonger avec de l'eau dans la cuve.

Auberges. — Saint Marc- — Albkrgo Reale.

— Le Pèlerin Blanc. — La Pension Suisse.

Cafés. — La Barchetta. — Le Café Suisse.

Théâtres. — Uel Gomune. — Contavalli. — Del Corso'.

Libraires. — Masi. — Rusconi.

Atelier. — M. Baruzzi, sculpteur.

Marchands de Gravures. — Zecghi. — Cavalli.

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