V. les Voijagcs, liv. XIII, chap
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coup d'hommes du uioude vont ainsi toute l'année au spectacle gratis.
Libraires. — Borel. — Nobile. — Sturita. — Librairie italienne et étrangère à Cliiaja.
Cabinet de Lecture. — M."" Perot, à S. Jacques. — M."'" anglaise, à Ghiaja.
Académie Royale. — Les étrangers doivent rechercher de leurs ministres la faveur d'être invités aux bals s])lendides de l'Académie Royale, qui ont lieu tous les lundis, dans le vaste foyer du théâtre Saint-Charles. Ce noble club, unique en son genre, fut institué par le roi actuel, en 18o/t. Il en est le premier membre , et toute sa famille en fait partie. Un président, nommé par Sa Majesté, et six députés choisis entre eux par les associés, dirigent l'administration. Les fonctions de président durent trois ans; chaque année deux députés sont élus en remplacement de ceux qui sortent. Le local est accordé par le roi ; les souscriptions forment le revenu. Les hommes payent vingt carlins par mois, les dames quinze. 11 faut , pour être admis de droit, appartenir aux familles portées sur l'ancien livre d'or de la noblesse, ou bien être inscrit à la note du palais. Les militaires,
depuis le {îrado de capitaine, les olliciers des g:ardes et de la marine , les magistrats et les employés principaux et décorés , sont également reçus. Les titres acquis par les services publics ont ainsi été royalement consacrés à coté du privilège de la naissance. Cette Académie est une sorte d'institution à l'usage du beau monde, des fonctionnaires et de l'armée. On ne donne dans le local de Saint-Charles que des bals et des concerts. L'éclairage est féerique , le service de la livrée attentif et même désintéressé. Les rafraîchissements, parfaits , se distribuent avec profusion et gratis. Enfin, on peut juger, dans ces fêtes magnifiques, de la politesse, et, je ne crains pas de le dire, de la bonhomie qui distingue les hautes classes de la société napolitaine. Outre les dispositions naturelles, cette bonhomie , dans un pays de cour tel que Naples , tient encore à l'exemple du maître. Malgré une certaine pompe espagnole extérieure, la souveraineté semble à Naples assez familière. Cette facilité , fondée par Charles III , continuée et accrue par son frère Ferdinand, a toujours été depuis adoptée comme une tradition. Pendant le carnaval, le roi qui. le
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matin, dans l.i luc de Tolède, a reçu <'t jeté des dragées [confelti) comme tout le monde, ou qui a figuré avec la reine dans quelque grande mascarade ', se mêle le soir à Saint- Charles à la foule des masques, et il y affronte gaiement toutes les plaisanteries et même les vérités.
Le jeune roi, qui, dès huit heures, arrive au bal de l'Académie , y danse avec passion : plus d'une dame napolitaine a pu répéter l'exclamation de M. ""^ deSévigné : « Ah ! que nous avons un grand roi ! » Les danseuses , charmantes , donnent un éclatant démenti au ])réjugé sur la laideur des Napolitaines, proverbiale fen Italie. Un observateur ingénieux,
' Les mascarades napolitaines représentent tantôt des barques chargées de matelots, des niotdins à vent aveclesmeii. niers, tantôt des scènes historiques ou mythologiques. Parmi les dernières mascarades de la cour, on se rapjjclle encore le char en forme de Pagode monté par Leurs Majestés et dix-huit personnages, tiré par dix chevaux et précédé de porteurs de hmternes, à pied et à cheval , de mandarins et d'une trentaine de musiciens. Tous les costumes étaient du plus scrupuleux chinois, et la pagode s'élevait jusqu'à la hauteur d'un second étage. Depuis , un autre char représentant un Retour de chasse de Louis XIV, avec les habits du temps, a offert un spectacle non moins joyeux et non moins brillant.
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M. le marquis de Salvo , dont les écrits en français ne sont pas moins ])iquants que les bons mots de son compatriote sicilien Caraccioli, y trouve une variété de types extraordinaire:
« Une des choses les plus frappantes, c'est que, parmi nos jeunes daines, on remarque les formes de ce qu'il y a de plus beau dans vingt pays différents : on admire le profil grec , les traits romains ; quelquefois on voit un visage chillbnné à la franraise, u!ie physionomie que vous prendriez pour celle des 11} nq)hes de la Tamise , si elle n'était pas mobilisée par la vivacité italienne et le soleil de Chiaja; et ce qiù vous étonnera davantage , c'est que nous avons des flgures au teint allemand, aussi fraîches, aussi bien nuancées de lis et de roses que les plus jolies tètes des châtelaines de la Haute- Autriche et des bords de la Yistule Un étranger disait
avec raison : Les dames napolitaines n'ont pas besoin des frais de l'esprit pour être aimables : quand on les voit, on les croit spirituelles. )>
Les jours d'opéra, il y a bal , et aux mêmes heures. On peut ainsi passer d'un spectacle à l'autre , car les deux salles sont peu distantes et se communiquent. Le voyageur qui , le matin , a parcouru les éblouissants rivages de la baie de Naples, et qui, le soir, tombe au milieu des bougies, de l'or, des danses et de la musique du bal et du grand
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opéra de Saint-Charles, doit convenir qu'en aucun lieu du monde les yeux et les sens ne reçoivent de plus vives, de plus entraînantes impressions.
Une maison succursale de l'Académie est entretenue par les souscripteurs ; on s'y réunit pour la lecture des journaux, le jeu du billard et autres, à l'exception des jeux de hasard que l'on y a moralement interdits.
Stfidj. — La manda aux divers custodes, est à chacun de deux carlins , ce qui élève la dépense pour la visite complète du musée, à environ 15 fr.
Ateliers. — Peintres : MM. Guerra; Smar- GiAssi, dont les Marines ont été si goûtées à Paris ; Pergola , paysagiste. — Sculpteurs : MM. Angellini ; Calt ; Arxo.
Restaurateurs d'Jnlu/tiites. — MM. Giusti- NIAN1. — Garguillo. M. GiusTiNiANi fabrique fort adroitement des vases grecs
f^ues de Naples et des éruptions du Vésuve. — Gaétan di Vno, rue de Chiaja.
Costumes Napolitains. — M."" Di Vito.
Magasin de Laves et de Corail. — Cirielli DE Bolten.
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Magasin de Cordes de Violon et de Harpe. — CiAr.i.iAM. On connaît l'ancienne célébrité des cordes de Naples.
M. Lanza, bon maître de cbant et de musique ; il prend jiar cacbet 12 carlins.
Orfèvres. — Sarno; — Vi(;liarola , très babiles pour les parures dans le goût antique, à l'imitation des ornements d'Herculanum et de Pompéi.
Fabrique de Tabatières ^ de Bagues et autres articles en écaille de tortue.
Dépôt de la manufacture de San-Leucio, à Tolède , pour soieries , velours et divers articles , bien travaillés , qui ne le cèdent à ceux de France que pour la solidité de la couleur.
Parfumeur. — ArejN A , à Tolède.
Les gants de Naples ont une réputation méritée et ne coûtent que de 15 à 25 grains. Le savon , excellent , gagne toutefois à être purifié par nos babiles parfumeurs parisiens.
Confiseurs. — Barbati, à Tolède, palais Stigliano. — Gucher, vis-à-vis le théâtre Saint- Cbarles. Ce dernier, Français, manipule aussi très bien les articles purement napolitains, tels que les trop fameux diavolinij petites dragées d'anis , stomachi([ues, et qui n'ont rien
^APLl■:s.
})crdu, dit-on, de leurs agi lus aphrodisiaques. Les couvents de Naples méritent d'être eités pour leurs divers rosolios et leurs sucreries (dolci); il règne entre eux sur ce point une véritable émulation ,
Car de tous mets sucrés, secs, en pâte ou liquides, Les estomacs dévots toujours furent avides.
Chaque année à Noël et aux principales fêtes , de grandes boîtes de dolci très ornées , sont envoyées aux parents des religieuses, aux confesseurs, etc. L'étranger, amateur, admis dans les familles napolitaines, recherchera le biscuit appelé pane di i^pagna et les raviuoli , de Santa-Chiara ; les mustacciuollj gâteau de chocolat, d'amandes et d'épices, de San-Giovanni-Maggiore ; la tarte au gruau (pastiera)^, et le slrufj'oloj, autre gâteau au chocolat, de San- Gregorio-Armeno '. Ce noble monastère prépare encore des médicaments renommés , et l'on cite son étlier dit lu/uorc anodino.
Le chocolat de Naples est bon , bien ([uc dans sa fabrication l'on conserve quelqiu.'