‹ L'Italie confortable manuel du touristeChapitre 73 sur 125 · C.ASTEL-GAiNDOLFO · texte numérisé non relu

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véritables boas. On peut en admirer et s'en procurer au réservoir du marchand pêcheur étabh au couvent situé sur \e bord du lac. Un de mes amis en acheta une, longue d'environ cinq pieds , au prix de o pauls la livre romaine ; elle pesait vingt et une livres. Il fallut en faire deux plats : une moitié fut servie au court-bouillon, l'autre rôtie, et la chair était fort délicate.

CHAIMTRE XV

KOME.

Le cadran italien, qui est resté principalement en usage à Rome, se règle d'après le coucher du soleil, qui en toutes saisons a lieu à 23 heures et demie. Au i." janvier, la 24/ heure italienne répond ainsi à nos 5 heures et demie, le midi français à 17 heures trois quarts italiennes, et notre minuit à 7 heures et demie italiennes , le soleil se couchant à Rome â5 minutes plus tard que chez nous. On désigne toujours la 24." heure par VÂve M aria j qui se dit une demi-heure après le coucher du soleil.

CUmaL et Hygiène. — L'hiver de Rome est le plus doux de l'Italie après ceux de Pise et de Naples. Je l'ai même, vu préférer par certains malades à l'hiver de cette dernière ville, et le docteur Valcriano Brcra . comme on l'a dit, le place au premier rang. Le thermomètre ne descend guère au-dessous de k ou 5 degrés. Cette rigueur même, ainsi que la neige,

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ne se renouvellent au plus que tous les quatre ou einq ans. L'été doit être un peu suspect, <'t quand souffle le acirocco, l'atmosphère est lout-à-fait accablante. Mais les dangers de la mal' aria paraissent avoir été extrêmement exaîjcérés. Outre les savantes observations du célèbre Lancisi, médecin des papes Innocent XI, Innocent XII et Clément XI, l'illustre Brocchi ne reconnut aucun principe vicieux dans l'air de Rome , et il l'analysa en 1818, année citée ])our la multitude des fièvres intermittentes, et à l'un des points les plus mal famés, la vallée voisine de la basilique Saint-Laurent, hors les murs. La mobile variété du climat fait la plus grande partie du danger ; il est facile d'y échapper par l'hygiène et par l'usage de la flanelle , comme les anciens Romains s'enveloppaient de laines. Il a encore été remarqué que cet air était bon aux vieillards, ainsi que le prouve l'âge avancé d'un grand nombre de ceux qui l'ont respiré, soit qu'ils fussent nationaux ou étrangers. Les voyageurs prudents et aisés ne courent donc aucun risque à venir en toute saison à Rome, à s'y établir et à se reposer des années agitées de i<!ir '.le dans cette noble retraite.

Rome ('st encore la première ville du monde pour la qualité et la quantité des eaux. J.a meilleure, Vacqua vergine^ qu'une jeune fille découvrit aux soldats d'Ap:rippa, coule encore par torrents de la fontaine Trevi , et elle a conservé son doux nom. L'eau vient de huit milles, sur la route de Tivoli. Les eaux de Rome, si salubres , si légères, si abondantes, sont une de ses merveilles, et cependant combien la Rome moderne n'est-elle point inférieure en cela même à la Rome antique! Dov' è oggi l'Aniene veccliio, disait le docte Siennois Claude Tolomei, dans sa lettre écrite le 26 juillet 15^3 à Jean-Baptiste Grimaldi sur les eaux et les fontaines de cette ville, dov' è l'acf/ua Appia? dov' è la Claudia? dov' è la Ticpola, l'Angtistn e lealtre?

L'eau du Tibre , qui aujourd'hui n'est bue que dans les maisons de quelques religieux , conserva long-temps la réputation d'être suave et salubre. Elle se vendait dans Rome , portée par les âniers: le père du tribun Rienzi était un de ces vendeurs d'eau. Paul III en emportait dans ses plus longs voyages ; Clément Vil, par ordonnance du médecin, en avait fiit autant, lorsqu'il vint à MarscilN-

marier sa nièce, Catherine de Médicis, au frère du dauphin, dejniis Henri II; et Grégoire XÏII. qui vécut quatre-vingt-quatre ans, but constamment de cette eau , maintenant si sah' et si décriée. L'Arioste l'a chantée ; mais il était alors d'usage de la laisser déposer quelques jours , puisque, parmi les choses que le poète recommande à son frère de lui tenir prêtes à son arrivée à Rome, il dit:

Fa cli'io trovi deW acqua, e non di fonte ])i faune sï , clie già sei di veduto Non abbiaSisto, né aie un aitro ponte'.

Il paraît, d'après l'analyse que fit en juillet 1830 M. Ghimenti, professeur de chimie à la Sajnencej d'une double masse d'eau de cent livres, la première prise au Ponte-Molle avant qu'elle eût été altérée par son cours à travers la ville, la seconde au-dessous du port de Ripa- Grande , que cette eau est nonseulement très potable , mais encore d'une qualité supérieure à celle de la Seine et de la Tamise. Pendant l'été, les vertus minérales et la douce température du fleuve en

' Sai. III.

font un bain excellent, qui suffisait aux Romains de la République. Cette température monte de 18 à !2/idep-és, et elle ne varie guère que de 2 à 6 degrés avec la température de l'air. L'eau du Tibre, par les minéraux dont elle est imprégnée, a été conseillée avec succès pour les maladies des yeux provenant d'inflammations et d'affaiblissement.

Les abstèmes gourmets doivent demander au café, de Vacqua di CamicUd qui est tout simplement l'eau prise au robinet de la fontaine qui se trouve dans presque toutes les maisons, et par conséquent plus fraîche, et non de l'eau de cannelle, comme les mauvais plaisants s'amusent à le faire croire aux voyageurs novices.

Médecins. — MM. Lupi; Folchi ; De Mat- THEis ; De Crolis ; Augero.

L'âge avancé et la surdité du docteur Lupi le rendent aujourd'hui plus propre aux consultations qu'à la médecine clinique.

Chirurgien. — M. Trasmondi.

Médecins Anglais. — MM. Kissocii ; Ror- SON. — Chirurgien, M. Gloag.

Prix des visites , de 3 à 5 pauls ; les consultationSj 1 écu; les visites des médecins an-

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i^lais se pavent le (i()iil)h'. et les oonsiiltations, :20 francs.

Comestibles. — On peut faire bonne ehèrc à Rome. Cependant les Italiens sont sobres. La vie des irrands est même assez frugale. Les tables diplomatiques, celles de quelques financiers, sont à peu près les seules que l'on cite, et le cardinal Vidoni, d'un esprit original , et mort il y a plusieurs années, jouit seul de quelque réputation gastronomique ; mais il était né en Lombardie , pays , comme on l'a vu , d'excellente chère , où il avait pu se former. Le cardinal Alexandre Albani . le créateur de la célèbre villa , amateur si passionné des beaux-arts et de l'antiquité, surnommé un peu trop fastueusement l'Adrien de son temps , faisait une chère assez médiocre. Un habitué de la maison, moins indifférent à ces détails, lui fit venir un cuisinier français. Celui-ci, le lendemain matin de son installation, recevant les chétives provisions habituelles, ne put supposer qu'elles étaient destinées au dîner (lu maître , et il les distribua à ses aides et aux marmitons. L'heure du dîner arrivée, le cardinal se jdaint de n'être point servi ; le

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