AVANT- PROPOS
a tenu. Pour tenir elle a eu besoin de ses alliés. Mais sans elle les Alliés n'eussent jamais pu gagner la guerre.
La paix est venue en novembre 1918. Mais la victoire a laissé ritaIie,comme le reste de l'Entenle.épuisée et meurtrie L Italie a attendu longtemps avant de recueillir le bénéfice propre de sa collaboration. Le traité de Saint-Germain-en- Laye. que l'Entente a signé avec l'Autriche, est en date du 10 septembre 1919, celui de Trianon avec la Hongrie en date du 4 juin 1920. Le traité de Sèvres avec la Turquie na été conclu que le 10 août de cette dernière année et c est seulement au mois de novembre suivant qu'à Rapluo entente sur Fiume put se faire avec les Yougo-Slaves L'année 1919, l'année 1920, furent pour nos alliés part.cuhèrement rudes. Aux difficultés extérieures se mêlèrent des troubles intérieurs, politiques, économiques, sociaux qui, a de certains moments, firent redouter les pires catastrophes. Les traités de Saint-Germain.de Trianon, de Rapallo nontpasplemement ramené le calme. A l'époque où ces lignes sont écrites, l'inquiétude et le malaise persistent.
Ce livre s'ouvre avec la tourmente de 1914 et se clôt avec les traités de paix (juin-novembre 1920). Bien que ces accords n'aient pas marqué pour l'Italie la fin des confiits intérieurs, ils demeureront pour elle de grandes dates Us ontassuré définitivement son unité nationale. Ils ont réalisé le rêve des patriotes du Risorgimento.
Ce-qu'a été ITlalie entre 1914 et 1921, pendant la guerre et les deux premières années de l'après guerre, tel est 1 objet des pages qui suivent. L'Italie entre à présent comme toutes les grandes nations, dans une ère nouvelle' B.ns quelle condition se trouve-t-elle ? Quel avenir après la tourmente qu'elle a subie, parait lui être réservé ^ .'en dant la guerre, elle a souffert - et de mille façons Au
Vril AVANT-PROPOS
point de vue fînancier.comme au point de vue économique, sans parler des troubles purement politiques, elle a été durement atteinte. Mais, avec un admirable courage, elle se remet à l'œuvre. L'Italien est moins léger, plus persévérant, plus tenace, qu'on ne croit. Depuis 1860, l'ascension du pays — je le rappelais au début de ces pages — ne s'est pas faite sans heurts ni secousses. Le pays a vaincu maintes fois la mauvaise fortune. Cette fois-ci encore, avec la force morale que lui donne la victoire, il vaincra les difficultés de la paix. Tout permet de le penser. Une vaincra pas en un jour. Mais son relèvement se fera. Ceux qui n'ont pas confiance dans les forces latentes de l'Italie se trompent. L'Italie, malgré le malaise de l'heure, reste aujourd'hui ce qu'elle a été toujours : un grand peuple, puissant par le nombre, puissant aussi par des qualités qu'on mésestime trop souvent, qui continuera déjouer dans le monde, économiquement et politiquement, le rôle que lui assignent ses traditions et son passé.
Décembre 1921