LA SITUATION FINA?(G1ERE I
vernementales. La plupart des droits de succession subirent des aggravations. Une taxe sur la vente des objets de luxe et de divers objets d'usage courant non encore frappés fut établie.
Malgré l'énergie dont faisait ainsi preuve le gouvernement pour rétablir l'équilibre dans le budget, malgré aussi le courage fiscal du pays, l'exercice 1919-20 se clôtura le 30 juin 1920 par un délicit de 8.333 millions. Les dépenses extrêmement lourdes se chiffrèrent en effet par H milliards pour les dépenses ordinaires, et plus de 12 pour les dépenses extraordinaires.
L'exercice suivant (l*''' juillet 1920, 30 juin 1921) fut un peu moins défavorable, et cela à raison de la nouvelle aggravation de certains impôts, notamment la taxe sur les bénéfices, les droits de succession, les objets de luxe ou de consommation ordinaire. Le déficit prévu devait dépasser 40 milliards, dû principalement aux diverses mesures prises en faveur du personnel administratif (indemnité de vie chère entre autres) et aux dépenses nécessitées par la mise en état des régions libérées.
Cependant ce déficit ne fut pas aussi important qu'on l'avait redouté. Il put être réduit à 4 milliards et demi, d'une part par suite du changement intervenu dans la « politique du pain» par la loi du 27 février 1921, qui fit économiser au Trésor près de 5 milliards et demi, et de la réduction d'un certain nombre de dépenses, de l'autre, par suite de la nouvelle augmentation, en cours d'exerci<e, de quelques recettes (impôts directs et taxes sur les affaires notamment).
Le 19 décembre 1920, M. Meda, ministre du Trésor, indiquait à la Chambre que, pour l'exercice 1ÎI21-22, il fallait encore prévoir un nouveau déficit de H milliards. Dans son exposé du 26 juillet 1921, son successeur M. de Nava s'est montré moins pessimiste et a (établi que le déficit ne devrait pas dépasser 5 milliards.
LÉuonon. — Italie. 12
lyO L ITALIE D APRÈS GLERHE
La dette publique italienne, durant les trois premiers exercices de paix, n'a pas cessé de s'accroître. Du 31 octobre I9ID au 31 octobre 1920, elle augmenta de 14 milliards 719 millions (circulation comprise), passant de 73.719 à 90.072 millions. Le 30 juin 1921, elle était de 106 milliurds 721 millions.
La circulation pour le compte de l'Etat a grossi de 276 millions. Elle atteignait 10 milliards 700 millions le 31 décembre 1920. L'une des causes de celte forte augmentation fut l'obligation où le gouvernement se trouva de se procurer des devises étrangères. Il en acheta en elïet pour 2.130 millions, dont 1852 pour payer ses approvisionnements en blés. Cependant, une amélioration s'est peu à peu produite : le 20 juin 1921, la circulation pour le compte de l'Etat n'atteignait plus que 8 milliards 982 millions.
D'autre part, la circulation pour le compte du commerce s'est elle aussi amplifiée notablement. En décembre 19J0, elle dépassait 9 milliards. Le 20 juin 1920, elle était encore de 8 milliards 875 millions. Près de 23 milliards de billets (13 milliards de billets d'Etat et 9 de billets pour le compte du commerce) (1), étaient en circulation.
(1) Les résultats de l'exercice 1919-20 témoignent d'une augmentation de recettes de i.854 millions sur l'exercice précédent. Les receltes totales ont atteint 7-217 millions au lieu de 5.363. Mais il convient de remarquer d'abord que le produit des monopoles commerciaux, taxe nouvelle établie en octobre 1919, a étéde 390 millions; d'autre part que les 3 impôts directs normaux ont produit seulement 200 raillions de plus que l'année précédente, le revenu supplémentaire de ces impôts étant dû a Taugm^nlatiou de l'impôt sur les bénéfices de puerre, qui est un impôt exceptionnel ; enfin que l'augmentation du produit des impôts de fabrication et des monopoles industriels est due pour ceux-là totalement et pour ceux-ci presque totalement à l'augmentation du taux de l'impôt. Si on ajoute qu'entre 19 8-19 et 1919-20 la monnaie italienne s'est dépréciée de plus de 20 0 0 et que les prix ont haussé d'autant, les 456 raillions nouveaux produits par les taxes sur les affaires n'ont, fn fait. fTii'iine valeur Durement nominale.