LE MUSÉE
Un musée contenant les plus curieux spécimens de la peinture byzantine, et où le n° 8, un anonyme, est plutôt un bas-relief coloré qu'un tableau, et où toutes les formes sont saillantes, comme si le peintre, craignant de ne pas trouver un relief suffisant avec la couleur, avait peint sur un léger modelage de mastic, collé sur le panneau de bois.
Parmi ces tableaux des écoles archaïques, il en est quelques-uns de très intéressants, en ce que chez eux commence la lutte des ombres demi-teintées et reflétées avec les ombres solidement noires, et où se rencontre, en même temps, la première origine de la couleur fardée de certains maîtres plus modernes.
Oui, dans des innommés, dans des inconnus, ce sont déjà ces préparations de chairs verdâtres qui, couvertes de glacis roses, ne laissent que des ombres légères et comme transpercées d'une pale vie intérieure, doucement maquillée, — et en étudiant ce petit torse vertpomme d'un enfant Jésus, on sent très bien qu'avec les
atténuations savantes d'un pinceau plus exercé, plus avancé dans l'art, ce torse mènera aux demi-teintes glauques ou bleutées, et au coloris pastellé ton de pêche, de Simon Memmi.
La rue à Sienne. — Vieilles femmes porteuses d'une quenouille, et qui filent en marchant, les deux mains au-dessus d'un gueux, dont l'anse entoure un de leurs bras. — Étaux de bouchers, ayant sur leur seuil, pareilles à des tapis déroulés, des peaux de bœufs encore saignantes, d'où jaillissent de grandes cornes, et tout autour de leur devanture, de petits agneaux, le ventre rose béant, sous leur toison blanche. — Un écriteau suspendu au milieu de la rue, ainsi qu'un réverbère, sur lequel il y a imprimé :