‹ L'Italie d'hierChapitre 42 sur 58 · Ces deux planches, gravées avec quelques changements dans · texte numérisé non relu

Ces deux planches, gravées avec quelques changements dans

Aldobrandines, donnant la mise en scène du mariage antique.

La nouvelle mariée est assise sur le lit conjugal. Dévoilée de son flammeurn, mais le corps tout entier, par pudeur, recouvert d'une draperie blanchâtre. Les yeux baissés elle se désole et pleure sur la virginité qu'elle va perdre. Sous ses pieds est posé, comme d'habitude, un escabeau d'or, et resplendit aussi l'or des montants du lit nuptial.

Une pronuba (sorte de demoiselle d'honneur), couronnée du myrthe de Vénus, embrasse la jeune épousée, et avec de caressantes paroles, la persuade de ne plus pleurer, de ne pas craindre l'approche de l'homme.

Le marié, couronné de lierre, la plante symbolique du

le texte explicatif, ont été publiées à Rome : la plus grande planche d'un format in-folio, sous le titre général : Agli Amatori delle relle arte et della antichita. Elle porte dans la marge : Francesco Smiglicivieg PU. Polaco disegno — Marco Carloni Romano dipense e incise. L'adresse c'est : Presso Ludovico Mirri, mercanto diQuadri incontro al palazzo Bernini a Roma. La plus petite planche, d'un format in-quarto, fait partie d'un volume, qui a pour titre : Pictur^e antiqile cryptarum romanarum, Romse, 1791, apud Lazarinos.

La légende de ces deux répétitions de la peinture conservée dans une chambre du Vatican est : « Image d'une antique peinture représentant la nouvelle mariée, extraite, il y a à peu près cent ans, des ruines d'un jardin, sur Je mont Esquilin ».

La date exacte de la découverte de cette peinture serait l'année 1609. Elle a été achetée par Pie VII au cardinal Aldobrandini, 10 000 scudi.

mariage, est étendu tout nu, sur le pied du lit, atten-

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dant l'épousée, comme dans le chant nuptial de Catulle

21G L'ITALIE D'IIIER.

Aspice intus ut accubans.

Vacquariola (la porteuse d'eau) verse l'eau froide d'un vase dans l'eau chaude d'un bassin pour l'attiédir, afin qu'avant le coucher de la mariée elle se présente nette et pure aux caresses de son mari.

Une seconde pronuba, appuyée à un stèle, dans la main gauche une soucoupe, dans la main droite une burette d'huile ou d'onguent, préparc le Uniment dont elle s'apprête à oindre la vierge, d'après les rites de Junon, la déesse aux onctions. A son cou pend un collier aux pendeloques d'or, et des bracelets entourent ses bras.

Une servante apporte la tablette, où sont consignés les articles du contrat.

Une poétesse, un diadème sur la tête, chante sur la lyre un épithalame.

Une joueuse de cythare, couronnée de grelots, dans sa tunique traînante à longues manches, touche les cordes de son instrument, en esquissant un pas de danse.

Puis maintenant, voilà ces Noces Aldobrandines d'après

le crépi original, exposé dans une chambre du Vatican.

Voilà la nouvelle mariée dans son bel et rigide enve-

loppemcnt blanc, sur le lit aux coussins verls, où flotte jetée dessus une draperie jaune.

Voilà Tépoux, le torse un peu soulevé et appuyé sur une main jeté derrière lui, au rebord du lit, dans une molle pose d'attente, une draperie violette, jetée entre ses jambes, sur la nudité du bas de son corps.

Voilà Yacquariola, avec l'ondoyant serpentement de son dos, sous la tunique tombée d'une de ses épaules, une bandelette rouge dans ses cheveux.

Voilà la pronuba, préparant le liniment, dans cette pose penchée sur le stèle qui hanche si joliment; la pronuba à l'élégant torse nu, contre lequel a coulé et s'est arrêtée au ventre, une draperie vert d'eau.

Voilà la chanteuse depithalame, au diadème de blés, comme mouvants et balancés par le vent, au voluptueux charme de cette main au bout d'un bras nu, replié sur un sein, sous la palla mauve, qui l'enveloppe jusqu'aux pieds.

Voilà la cythariste, en le coquet renversement de son corps en arrière, dans sa tunique blanche, à la ceinture rouge.

Au fond les trois attitudes de femmes, affectionnées par l'art antique, les trois attitudes réunissant le mieux le balancement et la pondération rythmique des mouvements féminins, les trois attitudes revenant le plus souvent sur les sarcophages, et qui sont : 1° La femme vue de dos de trois quarts, la iete, au profil perdu,

tournée à droite, et les jambes y allant comme entraînées par un courant d'eau, une femme qui a un peu du contournement d'un C; 2° la femme de face, la tête de profil à droite, les deux bras étendus à la hauteur des seins, le bassin un peu porté à gauche, la jambe droite

relevée et croisée dans un équilibrement de grâce, audessous du genou de la jambe gauche; 3° la femme, la tête complètement abaissée à gauche, le bras droit tendu à droite plus haut que la tête, le bras gauche descendu le long de son corps, dont les jambes serrées l'une contre l'autre, filent dans des lignes à la dérive vers la gauche.

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