‹ L'Italie de 1847-1865;Chapitre 36 sur 102 · Êdit du 5 juillet · texte numérisé non relu

Êdit du 5 juillet

DE M. D'AZEGLIO. il

en quelque sorte, nous soustraire à l'appui que nous promettait le dormeur réveillé 1 . En effet, les signatures ont continué à Rome et en province; alors la Bilancia a publié un long article (et c'était semi-officiel, comme vous savez) de Càttabene, disant que le pape aurait accordé ce qu'on demandait, mais qu'on pensait qu'il aurait désiré qu'on s'abstînt de la présentation officielle. Alors tout a été dit; et ni la Bilancia f ni Càttabene, ni le pape ne nous ont trompés, car les choses vont de mieux en mieux. Mais procédons par ordre.

Le bruit d'une conspiration sanfédiste s'était répandu : beaucoup la prenaient fort au sérieux, et des symptômes assez graves se déclaraient de tous côtés. Un beau matin on trouva affichée une liste manuscrite des noms des conspirateurs : Nardoni 2 , Freddi 8 , Alai, Muzzarelli, Minardi et quelques autres, ou employés de la police ou anciens mouchards des gouverneurs de « Gregoriaccio » (vous savez, c'est le mot propre à Rome). La foule se pressait pour lire : quelques gendarmes voulurent arracher les affiches; on les pria de les laisser, et ils furent assez bien élevés pour ne pas désobliger les lecteurs. Quelquesuns de ces messieurs de la liste eurent la singulière idée de se montrer dans les rues. On commença : Fccolo, ecco quel birbonel et puis des sifflets, des huées, puis enfin on se mettait à leurs trousses. Ils doublaient le pas, on doublait le pas; ils couraient, on courait. A la fin c'était une véritable chasse. On en a arrêté plusieurs de cette manière; et penser que ce peuple qu'on peint si féroce , archi-foulé par ces canailles pendant si longtemps , n'a pas arraché un cheveu de leur tête, et les a simplement

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