Voy. note 1, page
2. Ancien chef de la police, sorti du bagne de Naples, et accueilli à Rome sous l'administration du cardinal Lambruschini ; destitué cl chassé par Pie IX , il était rentré clandestinement.
3 .Maréchal de la gendarmerie de Bologne, créature de Nardoni.
conduits au corps de garde! C'est pourtant bon à consigner dans vos journaux, pour qu'on voie si nous sommes aussi cannibales que l'Autriche, les rétrogrades et tout le tremblement, veulent le faire croire! Il faut dire pourtant qu'on n'a pas manqué de bonheur, car il y a deux cas où peut-être les choses pouvaient tourner mal. Un certain Bertola fut en véritable danger; mais Bianchini et Tommasoni (vous savez, cet aide de camp à moi) haranguèrent le peuple, et il put enfiler sa porte et tirer le verrou. Un autre, Minardi 1 , s'était réfugié dans la maison en face de S. Andréa délie Fratte; elle fut cernée, et il était question de l'assommer. Le père Ventura accourut, harangua, et, tandis que le père parlait, on parvint à le faire esquiver par les toits.
Au milieu de tout cela, le cardinal Gizzi avait renoncé 2 . Le cardinal Ferretti 3 arriva le soir à dix heures pour prendre sa place. J'étais à ma fenêtre, deux bougies à la main, car le peuple aux cris de : « Lumi, lumil » suivait et entourait la voiture, lui jetant par la portière : « viva Ferretti; giustizia ! Mandi via quei birbonil » — Les bons conseils ont fait leur effet, à ce qu'il paraît; après deux jours, Grassellini 4 a reçu l'ordre de sortir des États du pape, et à cette heure on le sait arrivé à Naples. Un grand nombre d'arrestations ont eu lieu. On a nommé vice-governatore, un laïc, l'avocat Morandi, qui dit à tout le monde qu'on fera le procès aux coupables, et que dans quinze jours les Romains sap?*anno cose che non s'aspettano. Je ne crois pas beaucoup aux conspirations dramatiques : c'est pourtant un fait que les portes étaient marquées de
1. Le plus délesté des agents de Nardoni. Son nom était devenu, dans la bouche de la plèbe, l'injure la plus grossière.