‹ L'Italie de 1847-1865;Chapitre 38 sur 102 · Cousin du pape, délégat d'Urbino et Pesaro · texte numérisé non relu

Cousin du pape, délégat d'Urbino et Pesaro

4. Mgr Grassellini, gouverneur de Rome, créature du cardinal Lambruschini, et dévoué aux idées autrichiennes.

DK M. D'^ZEGLIO. J9

S. AL {sacco-morte) en plusieurs endroits; — que l'on a arrêté plusieurs de ces brigands de Faenza que le cardinal Bernetti avait enrôlés pour contenir les libéraux en les assommant, et qui ont si bien fait leur devoir. Ils étaient venus sans papiers, et on a trouvé sur eux des armes, des napoléons et des ungari, monnaies autrichiennes qui sont fort rares ici, surtout chez le peuple; — que les Autrichiens sont entrés à Ferrare avec du canon , demandant à être logés (le pape, a, dit-on , protesté d'une manière fort énergique) ; — • que dans une église de Bologne un inconnu a dit tout haut , tandis que le prédicateur parlait en faveur de Pie IX : « // predicatore èun c. . . ed è piu c... chi lo sente. » Une bagarre s'en est suivie, et l'individu a été sauvé avec beaucoup de peine et mis en prison.

Tout ceci est arrivé le jour où on devait faire une fête sur la place du Peuple (la fête a été contremandée) et où on disait que devait éclater le complot, les sbires tombant sur la foule à coups de sabres, comme on a fait à Parme, à Lucques et à Sienne. Quelque peu crédule qu'on soit, il est impossible de ne pas y voir un plan arrangé; et qui pourrait l'avoir arrangé, si ce n'est cette damnée Autriche qui croit faire ici le duplicata de la Gallicie ? Mais fiasco complet : la garde nationale s'est rassemblée en un clin d'œil , le jour même des affiches; tout le monde voulait en être; les corps de garde regorgeaient ; on courut au Castello prendre des fusils, des gibernes et des cartouches, et le soir des patrouilles de vingt hommes se croisaient en tous sens. Elles ont arrêté près de soixante de ces brigands romagnols, et la nuit j'ai été réveillé par des cris qui partaient, devinez un peu.., de la place Monte d'Oro; et dans votre appartement on était venu prendre le Bertola qui y était logé. — Enfin tout s'est calmé, on a réussi à persuader le peuple de la nécessité d'éviter le désordre; et il faut lui rendre cette

justice, qu'il a été admirable de bon sens et de docilité.

Des changements importants sont déjà faits dans le personnel : d'abord Mgr Grassellini. C'est un fait inouï qu'un gouverneur soit exilé de la sorte; mais ou il était du complot, ou il laissait faire; car ces jours-là il est resté dans une inaction complète. On peut dire que pendant une semaine il n'y a pas eu de gouvernement; et pas un individu n'a été maltraité ni un foulard volé ! Mgr Corboli 1 a quitté sa place aussi , mais honorablement; et il a été mis à des affaires purement ecclésiastiques. Santucci et Sabbatucci sont également renvoyés. Benvenuti, de la police idem. Dans la secrélairerie d'État, on a placé Mgr Sbarretti, un avocat Ridolfi, libéraux et honnêtes gens. Il paraît à peu près certain qu'on sécularisera les finances et la guerre qu'on donnera au duc Massimo Rignano et au prince Barberini. Le cardinal Ferretti a été avant-hier aux corps de garde de la garde nationale, abeaucoupremerciéetencouragé,etadit : «Bravi « giovanotti, il Papa è contento. . . Bisogna istruirsi, e cosï « faremo vedere che non abbiamo bisogno di stranieri « per difenderci. »

De tout ceci il résulte (et il faudrait le faire sonner bien haut dans les journaux) qu'on ne veut ici ni la révolution ni le désordre, mais simplement de bonnes lois ; et franchement!

Le parti rétrograde et l'Autriche font tout leur possible pour faire naître des troubles; et il serait bon que la voix de l'opinion publique tonnât contre de telles infamies, et les vouât à l'exécration de tous les honnêtes gens. Ce parti est encore très- fort en Piémont, soutenu par le comte de la Margherita, ministre des affaires étrangères, le comte Latour, gouverneur de Turin, et l'archevêque. Imaginez ! On a défendu le Contemporaneo, et les

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