‹ L'Italie de 1847-1865;Chapitre 61 sur 102 · Lettre de l'Empereur à S. S. Pie IX, du 31 décembre · texte numérisé non relu

Lettre de l'Empereur à S. S. Pie IX, du 31 décembre

Bientôt on aura cinquante mille hommes fort tolérables. À propos, que je me vanle un peu ! Ma brigade des moustaches grises et mon régiment de lanciers font fureur par leur tenue et leur instruction. Il y a douze batteries attelées. On ne bat pas l'Europe avec ça; mais ça donne le temps de s'expliquer.

AU MÊME

Gènes, 22 janvier 1860.

Cher ami, j'ai reçu les deux numéros du journal, et mille grazie. Savez-vous? la traduction.... Après avoir lancé mes avocats et publié quelques lignes dans les journaux pour vouer le traducteur aux Furies, voilà Salvagnoli qui m'écrit tout effaré que c'est lui qui a accordé en mon nom l'autorisation, et, sans même crier gare! Il m'offrait des dommages-intérêts. Je lui ai répondu comme le guerrier du Tasse :

Guerreggio in Asia e non vi cambio mercol

R*** est tombé, et je me console de tout! Maintenant, s'il plaît à Dieu, nous marcherons honorablement, et ça ira.

À Rome, le temporel a perdu la tête (si c'était poseible); mais j'ai l'idée que nous ne sommes pas à bout d'excentricités. Des amis maladroits ont imaginé une souscription pour se déclarer enchantés du gouvernement. Fiasco! Si vous saviez comme tout cela est pitoyablement mené; si vous voyiez les misérables petites intrigues politiques qui, nouées à Paris, viennent abou-

tir à Rome. Quinze ou vingt bonnes âmes du faubourg Saint-Germain , cinq évoques français, absolument ignorants de nos affaires, qui sont les plus compliquées du monde : voilà les héros dont les mains tissent, en ce moment, les fils avec lesquels on prétend enlacer un peuple, et, par-dessus le marché, serrer la gorge du gouvernement de l'Empereur. — Faut-il rire? faut-il pleurer?

Non ragionam di loro ma guarda e passa.

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