Le général de Launay, Savoisicn
DE m; d*azeglio. c:i
quiétude et le mécontentement partout, et sous cette impression nous étions menacés de troubles peut-être, et sans nul doute d'élections rouges. J'ai dû me convaincre qu'il fallait s'exécuter, et me voilà président du conseil. Je vous envoie mon Programme. Les anarchistes ont jeté les hauts cris pour la phrase la guerra e impossibile ; — les mots qui la suivent, — ma è altrettanto impossibile il disonore, sont poilrtant assez significatifs, ce me semble : Ma non c'è peggior sordo, di quello che non vuol sentire. — Aussi les modérés ont-ils compris. J*ai fait mes conditions avant d'accepter. J'ai combattu toute ma vie pour notre nationalité, et jamais je ne signerai une paix où ce principe serait, je ne dis pas désavoué, — mais même passé sous silence. Je me trompe fort ou l'Autriche ne permettra jamais qu'on en souffle mot. Alors je me retirerai, et un autre pourra la signer honorablement, sinon utilement pour le pays; car je crois que l'abandon tacite de ce principe, qui est notre véritable force en Italie , réduirait le gouvernement constitutionnel à une impuissance absolue.
Pendant que je reste au ministère, je fais de mon mieux à l'intérieur comme à l'extérieur. Je m'eiforce de mettre tous les ressorts en état de fonctionner. Mais j'ai entre les mains une machine bien détraquée. On ferme des clubs; on fait la guerre à notre détestable presse; demain on fusillera probablement le. général Ramorino. Je tâche de remettre la discipline partout, et comme je ne prétends ni me préparer le terrain pour des ministères à venir, ni être adoré des mazziniens, je vais droit mon chemin, sans autre préoccupation que le bien public et mon devoir.
Bien des choses à M. et madame Doubet et à la fillette; et qu'elles prient pour nous.
A vous de cœur.
AU MÊME
Acqui , IS septembre 1849.
Mon cher ami ,
Mon neveu ^ m* avait déjà écrit ce que vous me dites dans votre dernière au sujet des articles du journal eu question, et je n'avais besoin, je vous assure, d'aucune de ces explications pour savoir à quoi m'en tenir làdessus. Je sais fort bien qu'on ne se corrige pas de ses défauts; et vous avez toujours eu celui de me voir trop in hello; mais je suis si indulgent pour lès défauts de mes amis!...
Doubet m'a écrit; mais je suis tellement affairé que je n'ai pu encore trouver un moment pour lui répondre. Quoique aux eaux , et partant en vacances , les dépêches ne chôment pas, et me prennent tout le temps que les boues laissent libre. La cure paraît faire son effet, et cette damnée blessure sur le point de se fermer pour tout de bon : Fiatl
Nos chambres vont leur train, comme vous voyez; ne pouvant nous pourfendre, elles nous font une guerre de coups d'épingle. C'est désolant comme ces gens-là sont imbéciles ! Ne voient-ils donc pas que le ministère a déjà bien à faire à soutenir la Constitution, et qu'après nott5, les Croates; et que le joUr où je quitterais le ministère, une moitié peut-être de ces messieurs irait à Fénestrèlles?
J'écris si à la hâte, qu'en vérité je ne sais si vous me comprendrez. Si vous pouvez avoir action sur quelque journal qui avertisse nos chambres de leur position réelle
1. Le marquis Emmanuel d'AzegIfo, aujourd'hui ambasBadeur à Londres, alors ministre de Sardaigne à Paris.
VOUS nous rendrez un grand service. Je voudrais éviter une dissolution, si c'est possible.
Tout à vous.
A MONSIEUR DOUBET.
Àcqui, 18 septembre 1849.
Mon cher ami, je suis en retard avec vous, mais je crois inutile de réclamer votre indulgence; elle m'est acquise depuis longtemps, et vous savez du reste que dans mes délits (Je correspondance il y a des circonstances atténuantes.
fai éprouvé une bien vive satisfaction en trouvant dans votre lettre une entière approbation de notre paix ^. Ce n'a pas été sans peine, je vous assure, qu'elle a pu être conclue à ces conditions; et si je l'avais conclue huitjours après!.... Le cardinal Mazarin n'aurait pas besoin de me demander si je suis houroux. En effet, je l'ai été au delà de toute expression. Puisse le bon Dieu m'accorder la continuation de ce bonheur pour mon pays I
Je ne puis pas me vanter d'en avoir eu beaucoup dans les élections ; elles sont le résultat des intrigues de la jeune Italie qui, par le moyen de la société agraire d'abord, et maintenant avec les correspondances de la Concordia^ couvre le pays d'un réseau d'intrigues contre lesquelles le parti raisonnable se trouve impuissant. Mais comme heureusement on n'obtient jamais de grands résultats avec l'intrigue et les fourberies, tout cela n'a abouti qu'à produire une chambre qui ne représente ni l'opinion du pays, ni le possible au point de vue général. Elle se trouve donc dans l'isolement et dans l'impuissance de