‹ L'Italie de 1847 à 1865Chapitre 36 sur 85 · Siguée le 6 août, à Milan · texte numérisé non relu

Siguée le 6 août, à Milan

prendre l'initiative dans les affaires; et elle se voit réduite à nous faire une guerre de chicane et de coups d'épingles tout en se laissant remorquer, parce qu'il n'y a rien de mieux à faire : tanto è vero que les conspirations ne servent de rien et que, pour changer la face d'un pays, il faut agir largement, loyalement et au grand jour sur les masses. Mais on est loin de comprendre cela en Italie et même en Europe I

Les affaires de Rome me font l'effet d'une suite de maladresses et de fautes; on voit bien qu'ils ne connaissent pas le monsignore type. Cette lettre du président^ a un peu trop de la fw*ia francese^ ce me semble. Il fallait (Tabord avoir un plan bien arrêté — c'était l'important — ensuite le suivre avec une fermeté calme remplie de formes, mais inébranlable. Au lieu décela on a faibli, fléchi en prime abord, et puis tout à coup on prend des airs menaçants; aux monsignori surtout il ne faut jamais donner le prétei^te de se poser en victimes. Maintenant .le gant est jeté, il n'y a plus à s'en dédire ; reste à voir s'il y a encore une France au monde, ou bien s'il ne nous reste plus qu'une Russie.

Je suis venu à Acqui pour mon ennuyeuse blessure; j'espère en voir la fin cette fois-ci; je repars demain pour Turin, et vous ne doutez pas, mon cher ami, qu'à peine arrivé je m'occuperai de l'affaire dont vous me parlez; et que si je réussis à faire quelque chose qui vous soit agréable, j'aurai gagné ma journée bien mieux que Titus.

J'ai écrit ces jours passés à Eugène. — Si vous croyez, que la Genesis de notre chambre que je me trouve vous avoir faite dans cette lettre puisse être un renseignement utile, veuillez le lui communiquer.

Veuillez présenter mes hommages à Madame Doubet

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