‹ L'Italie de 1847 à 1865Chapitre 47 sur 85 · On sonno la cloche du Capitolo à la mort des papes · texte numérisé non relu

On sonno la cloche du Capitolo à la mort des papes

DE M. D'aZEGLIO. 143

moi : impossibilité de fait, sinon de droit, que le gouvernement du pape se réforme, c'est-à-dire change ses principes; — impossibilité qu'un peuple se résigne à le conserver tel qu'il est.

Que faire donc? Ce qu'on faisait aux XIIP et XIV° siècles, et la religion ne s'en portait pas plus mal : laisser le gouvernement romain en tête-à-tête avec le peuple italien. A deux, il faut bien finir par s'arranger! Quand des tiers s'en mêlent, tout est perdu; et en outre, c'est celui qui se jette dans la querelle par bonne intention, et pour empêcher la bagarre, qui finit par recevoir les coups de l'un et de l'autre, — avec pas mal d'injures, en témoignage de gratitude, par-dessus le marché î

Ma lettre a tourné à la dissertatiop. Dieu me pardonne ! c'est qu'avec vous, cher ami, je suis sûr d'être compris; et par vous, peut-être, compris par d'autres.

Ma brochure, la brochure de Giorgini, c'est bel et bon; mais moi qui ne vous parle pas de la brochure parisienne^ ! Voilà qui fait tapage î Je ne l'ai vue jusqu'à présent que traduite par YOpinione. Ld, conclusion me \a assez. Précisément Giorgini propose de neutraliser Rome, et j'ai dit à peu près la même chose dans la Politique et le Droit chrétien. Rome déclarée ville libre, et comme placée hors de l'Italie , s'administrerait par des institutions municipales; les Romains seraient dédommagés de leur isolement politique par la concitoyenneté italienne qui leur serait garantie là où il leur plairait. Je ne vois pas pourquoi on n'y ajouterait pas la concitoyenneté universelle : française, espagnole, allemande, catkoligue, en un mot. Rome serait alors municipale et cosmopolite.

A cela je ne vois qu'une objection, ou plutôt deux : d'abord, c'est un peu l'embaumement de la papauté,

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