‹ L'Italie de 1847 à 1865Chapitre 78 sur 85 · Voyez la seconde lettre à Dandolo · texte numérisé non relu

Voyez la seconde lettre à Dandolo

blique à Rome*); s'il s'adresse au doge de Venise pour rengager à la paix : « Que les esprits s'unissent aux esprits, (t s'écrie-t-il^ les drapeaux aux drapeaux*! Et il montre la domination des mers devenant le prix de Funion des grandes cités maritimes de l'Italie : a A cette conSition l'Océan et les « ports de l'univers s'ouvriront à vos flottes, et partout vous « accueillera le respect des rois et des peuples. A cette con- « dition l'Indien, le Breton, l'Éthiopien, vous redouteront, et « vos navigateurs aborderont Taprobane, les îles Fortunées, c et cette fameuse Thulé encore inconnue aujourd'hui, a Soyez-vous réciproquement un appui, et nul péril ne peut « vous menacer d'ailleurs». »

Pétrarque recommande avec d'autant plus d'instance l'union des cités et de^ États que, dans sa pensée, c'est en faisant appel à ses seules forces, en rompant avec la funeste habitude d'invoquer les secours du dehors, en réveillant le vieil esprit militaire, que l'Italie doit lutter, contre la décadence dont les causes se multiplient autour d'elle et en elle. Pétrarque n'a pas assez d'invectives d'un côté, contre le système des Condottieri, qui, tout en mettant l'Italie à sac, lui désapprennent les vertus guerrières*, et en font une proie pour toutes les convoitises ; de l'autre, contre cette manie d'imitation étrangère, qui, en inspirant le dédain des vieilles coutumes et de traditions tutélaires, prépare et consomme l'altération du caractère national^. Nul, à ce double point de

1. (f Genitor ille Tester, populus romanus... » {Variar,j ep. lx.)

Page 1