Acta Henrici VII j p. 39 et 40, edid. Dœnniges. Berol
2. La souveraineté directe de l'Empire se substitue insensiblement au droit de suzeraineté éloignée. Ainsi, en 1238, Cliieri demande à l'Empereur appui contre les villes voisines. Frédéric accorde pour privilège à ses habitants « non nisi in curia nostra vel legatorum nostrorum aut Capitanci nostri specialiter qui loco eidem de mandate nostro prœfuerit, tam in criminalibus quam in civilibus causis debeant ad justitiam conveniri. » {Hist,diplom,, t. V, p. 177.)
3. Maximilieu descend en Italie (1496) et envoie deux ambassadeurs à Florence avec ordre de dire : « Qu'il avait jugé à propos de passer
en Italie pour y rétablir la paix Que pour remplir le devoir de sa
dignité impériale , il voulait connaître des différents de Florence avec Pise ; qu'il souhaitait que jusqu'à ce qu'il eût entendu les deux parties, il y eût suspension d'hostilités Qu'il était disposé à faire bonne
justice. » On répondit par l'éloge de ce dessein de l'Empereur. (Guicciard., liv. 111, cap iv.)
Quand Louis XII se brouille avec Jules II, il offre à Maximilien « de l'aider à se rendre maître de Rome et de l'État de l'Église, et même de toute l'Italie comme appartenant de droit à l'Empire, hors le duché de Milan, Gènes, Florence et Ferrare. {Ibid.y liv. )X, c. m.)
s'en disputer les lambeaux. Il ne s'agît plus de savoir si Ton sera esclave, mais des mains de qui Ton revêtira les livrées de la servitude K On verra s'ouvrir des bouches italiennes pour apprendre aux conquérants comme il faut mutiler le cadavre de Fltalie afin que jamais la vie ne puisse ranimer ses membres épars*; et un publiciste parlant la langue du Dante et de Machiavel, Campanella, enseignera Tart d'étouifer si complètement la conscience nationale, que jamais l'idée de l'affrancfhissement ne puisse faire battre un cœur italien >.
Si l'Empire a failli tuer l'Italie, l'idée qui le reconstitua fut, pour l'Europe moderne, la source d'interminables calamités. Nous le répétons : l'Empire, cette forme sous laquelle le monde ancien avait conçu l'unité, répondait à l'idée de la force matérielle et de la conquête. Cette idée ne pouvait reparaître dans le monde chrétien qu'en y ramenant avec elle tons les périls inhérents à la notion païenne du pouvoir. En faire la clef de voûte de l'édifice politique nouveau, c'était raviver l'antagonisme des deux mondes, et relever, pour une lutte où les plus grands intérêts de la civilisation moderne seraient enjeu, l'ennemi même que l'esprit chrétien semblait avoir terrassé.
Je veux croire qu'une haute pensée inspira le pontife romain^
1 . V. le curieux traité de Gampanella De Monarchia kispanica, c. xii, de Regnis hispanorum propriis : d Ipsi etiam prinoipee et respublicœ Italie quœ ad hoc usque tempus à partibus Gallorum stetemnt, transirent ad Hispanos. »
2. « Faciat quoque ut dominia et prœdia nobilis regni Neapolifani,
Mediolani ab exterls emantur quo fiât, ut harones indigènes hu-
milientur cavendum est ut loca muniia unquam baronibus conce-
dantur. m (Chap. xiv, de Baronibus et nobilibus Imperii hispanici,)'^ <f Elaboraudum est régi utprincipum Italianorum dissidia alat,... etc., etc. I» (Chap. xxi de Italia,)
3. « Curandum prœterea ut omnes illorum (Baronum), filii magistros hispanos habeant, qui hispanizare illos doceant in habitu, moribus et modis hispanicis. » (Gh.xiv.)
4. Nous répugnons à nous placer au point de vue mesquin et personnel qui, selon Marsile de Padoue, aurait été celui du pape Etienne II, au début des rapports politiques du Saint-Siège avec les Garlovingiens :
alors qu'aux derniers jours de Tannée 800, il plaça sur la tête de Charlemagne cette couronne ramassée parmi les débris d'une civilisation vaincue. Sans doute, au moment <yà le peuple assemblé dans l'église de Saint-Pierre souhaitait « vie « et victoire à Charles-Auguste, couronné de Dieu, grand et « pacifique Empereur des Romains, t> en ce moment on put se flatter que, ayant de TÉglise le sacre, de^Rome la tradition du gouvernement, de la Germanie le génie belliqueux et un certain respect de l'indépendance personnelle * , le pouvoir nouveau serait en réalité, comme il l'était dans les désirs, le Saint-Empire romain. Sans doute, le rêve de la chrétienté gravitant dans un harmonieux équilibre autour de deux centres, le Pape et l'Empereur, de ces deux soleils illuminant les choses de Dieu et les choses de la terre ,
Duo soli,,, che Vuna e Valtra strada Facean vedere, e del mondo e di Deo,
(Purg,, c. XVI.)
un tel réve put naître dans Tesprit du pape Léon III avant de devenir l'idéal des philosophes et des poètes, de saint Thomas et de Dante. Mais cet idéal, dans un si long espace de la vie du monde, eut à peine un instant de réalité *. Â part ces courtes années où Charlemagne, véritablement évoque du dehors, étend respectueusements sur l'Église la protection du sceptre des Césars, où, véritablement maître de l'ancien Empire 3, il reçoit tout ensemble l'hommage du roi des Asturies et
« His autem beneûciis Stephanus papa allectus, et TÎdens illius temporis Imperatoris imbecillitatem , procuravit Romanum Imperium de Graecis transferri in Francos, minime reminiscens beneûciorum per Imperatores romanos Ecclesise concessorum, in aliènes atqao remotos imperium transferre satagens, ut Graecis oppressis, Gallicis hsec parum curaniibus,possetPapaItaliœliberiu8 dominari. » {De Transtatione Imperiiy c. vu.)