Hors de la porte St-Sébastien
La visite de la cuif Apinenne est ponr les archéologues comme pour les simples touristes la plus intéressante des excursions dans la campagne romaine; elle demande, en voiture (v. p. 227), 3 h. à 3 h. '/2 arrôt compris; il ne faut que '/j h. de plus pour revenir par les tombeaux des Latins (y. ci-dessus).
Les PIÉTOS8 qui vont en fiacre jusqu'à la porte St-Sébastien (1 fr. 50) ou mieux encore jusqu'aux catacombes de St-Calixte (pas à moins de 3 fr.), mettent 1 h. '/a à 2 h. jusqu'au Casale Rotonde, 2 h. '/•■ à ,S h. y compris l'arrêt aux catacombes; — ils mettent 1 h. pour revenir dn Casale Rotonde au tombeau de CîBcilia Metella; — 20 min. de là aux tombeaux des Latins, car la route militaire; puis 10 min. jusqu'à la balte du tramw. au vicolo ttelle Cave ou 40 min. jusqu'à la porto St-.Iean (v. p. 342), soit en tout 5 b. à 5 h. >/j. — On peut encore, à l'aller ou au retour, prendre le chemin de fer de Rome à Marino et Albano (p. 351), jusqu'à la station de Capanndle, sur la Nouvelle voie Appienno, d'où l'on arrive en 20 min. à l'ancienne (via Appia Antica).
Pour \3, porte St-Sébastien, v. p. 301. — La *voie Appienne (p. 290), la «reine des routes», construite l'an 312 av. J.-C. par le censeur Appius Claudins Csecus, menait à Capoiie, d'où elle fut prolongée plus tard jusqu'à Béuévent et Brindes. De la porte St-Sébastien, la route descend l'anc. clivus Martls, passe au bont de 4 miu. sous le chemin de ter de Civitavecchia et traverse 3 min. plus loin VAlmo, ruisseau près duquel on voit déjà, à dr. et à g., des ruines de tombeaux qui bordent la route, suivant la coutume antique. A 12 min. de la porte, la voie Ardéatine se détacbe à dr. ; à g. s'élève la petite église Domine quo vadis, qui tire son nom de la légende suivant laquelle St Pierre, fuyant le supplice et rencontrant là Jésus, lui aurait demandé: «Domine, quo vadis?» (Seigneur, où allezvous?), et sur la réponse: «Venio iterum crucifigi» (je viens me faire crucifier de nouveau), il serait retourné sur ses pas.
A quelques centaines de pas an delà de l'église, près d'une petite chapelle ronde, se détache, à g., un chemin de traverse, qui conduit à l'édifice appelé temple du dieu Rédiciile, de fait un tombeau antique, et ensuite dans le val Caffarella, à la prétendue grotte d'Egérie ou sanctuaire de l'Almo (25 min.), puis à St- Urbain, église construite dans un tombeau antique et visible de loin.
La voie Appienne monte en passant pendant env. 10 min. entre des murs. A 25 min. de la porte, on arrive à dr., au n" 33, à l'entrée des catacombes de St-Calixte, reconnaissable à quelques cyprès et à un écriteau.
Les *catacoinbes de St-Calixte sont les plus remarquables de ces vieilles sépultures chrétiennes, qui forment autour de Piome on grand cercle souterrain. A côté de la maisonnette du gardien,
Bœdeker. Italie. 3* édit.
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où l'on paye 1 fr. d'entrée et reçoit pour guide un religieux, se voit une petite construction en briques restaurée en chapelle, dans laquelle l'archéologue romain J.-B. de Rossi reconnut en 1850 l'ancien Oratorium S. Callisti in Arenariis ; elle renferme un buste de l'illustre savant, des inscriptions et des fragments de sculptures provenant des catacombes. — L'entrée actuelle de ces dernières est à côté de l'oratoire. Ou passe dans une galerie où il y a des sépultures, et on arrive bientôt, à g., à une grande cr)'pte (Caméra Papale, cuhiculum pontificinm) qui renferme les tombeaux de plusieurs papes: St Antère, St Fabien, St Luce et St Eutychien. En l'honneur de St Sixte II, qui fut martyrisé en 258 et inhumé, lui aussi, tout d'abord dans ces catacombes, le pape St Damase I*^"" fit placer, vers la fin du iv" s., au mur du fond, une grande inscription ornementale. Des deux côtés de l'entrée, en dehors, se voient quantité d'inscriptions gravées par de pieux visiteurs du iv^ au vi" s. On entre ensuite dans une salle à ciel ouvert, qui renferme le tombeau de Ste Cécile (v. p. 336) et des peintures des vii^ et viii'^s. : Ste Cécile, St Urbain et une tête de Christ. Sur les côtés des galeries voisines sont d'autres chambres sépulcrales (les «chapelles des Sacrements»), la sépulture du pape St Eusèhe (309-311), avec une copie antique d'une inscription damasienne; puis une chambre sépulcrale renfermant deux sarcophages où l'on voit les restes des morts. — Le tombeau du pape St Corneille (251-253) fait partie de catacombes jadis indépendantes (cimetière de Ste-Lucine).
Les catacombes étaient originairement les lieux de sépulture octroyé.s par la loi aux chrétiens, qui leur douuèrent le nom grec de cœmeteria, c'est-à-dire «lieux de repos». Au iii« s., les chrétiens persécutés y cherchèreut inutilement un refuge; nombre d'entre eux y subirent le martyre. La DISPOSITION DES CATACOMBES était fort simple: galeries étroites, dont les parois offraient plusieurs rangées de niches superposées, de la longueur des eorps qu'on y voulait placer. On en fermait l'ouverture au moyen de plaques de marbre ou de terre cuite. La décoeatiox, qui se compose de peintures et peu de sculptures, est d'un style qui ne se distingue en rien de celui des œuvres d'art païennes de cette époque, dont elle partage la lente décadence. Les meilleures fresques sont de la tin du i»"' s., ainsi que du ii» s. Au m" et au iv« s., les formes de l'art chrétien perdent aussi leur beauté. La majeure partie des peintures sont symboliques. Des scènes tirées de la Bible font allusion aux dogmes et aux espérances du christianisme. La résurrection de Lazare, p. ex., et l'histoire de Jonas rejeté par la baleine symbolisent la résurrection. On y rencontre aussi souvent des représentations du baptême et de l'eucharistie. Le poisson est devenu une espèce d'hiéroglyphe, un des symboles les plus importants du christianisme. En grée, le mot poisson, îyS'ûç, se compose des initiales des mots; 'Ir^aoO; Xpirro;, 0soO Vio;, Scuvr.p, c.-à-d. : «Jésus-Christ, fils de Dieu, sauveur». — A l'origine, les inscriptions désignent simplement le nom du défunt, suivi souvent des mots: in pace. Vers la tin du iii« s., elles sont plus explicites et plus riclies en expressions de deuil et d'espérance. — Jusqu'au commencement du ix" s. les cœmeteria, qui contenaient les tombeaux des martyrs, furent l'objet d'une dévotion générale, qui se manifesta aussi par ce fait qu'une énorme quantité d'ossements fut prise dans les tombeaux pour en faire des reliques. Ensuite, les catacombes se dégradèrent et on finit par en oublier même le nom. L'appellation actuelle doit son origine à une sépulture de
Tomb. df .WeteUa. RNVIR. DE" ROME. ITI H- •'!»■ 345
ce genre, qui se trouvait dans la contrée appulûe Oataciiniba, près de St-Sébasticii. L'exploration 8cieuti|iquo commença à la tin du xvi« 8. et lo clergé romain s'en est fait depuis un point d'iiouueur. — Le 22 nov., les catacombes de St-Calixte sont illuminées et visibles gratuitement.
Au delà des catacombes de St-Calixte la route se bifurque encore une fois. Le bras droit, la «via Appia Antica», descend à la vieille église St-Sébastien (à '/a ^- ^^ ^'^ porte de ce nom), une des sept églises visitées par les pèlerins (p. 237), reconstruite en dernier lieu en 1G12. Sou portique a des colonnes antiques. A l'intérieur, sur le devant, l'entrée des catacombes du même nom, les seules qui aient été fréquentées durant tout le moyen âge.
Un peu en deçà du l'église, à dr., la via dt-lle Setto Cliiesc, qui mène aux catacombes de Domitille ou des Sts-Nérée-et-Achillée, avec la basilique de Ste-Pétrouille, des peintures et des inscriptions en grand nombre. Entrée, 1 fr.
Plus loin sur la voie Appienne, on arrive à g., à une grande porte ; c'est là que se trouve, à côté de la route, le cirque de Maxence, con.struit en 311 ; il a 482 m. de long sur 79 m. de large. L'état de conservation de cet édillce, qui était destiné aux courses de chars, permet d'eu reconnaître facilement la disposition.
En avant, sur la voie Appienne, était un grand portique, et derrière Ventrée principale, des deux côtés de laquelle s'étendaient les carceres, c.-à-d. les barrières d'où partaient les concurrents. L'arène était divisée en deux dans sa longueur par un mur bas appelé spina, surmonté de statues et d'obélisques, et qui avait à chaque extrémité un but, dit meta. Lo mur est légèrement oblique, afin de compenser autant que possible le désavantage résultant pour les chars de la différence de leur position au départ. Les chars devaient faire sept fois le tour du cirque, qui pouvait contenir 18000 spectateurs, assis sur dix rangées de gradins.
Quelques minutes plus loin, à g., est le *toiabeau de Csecilia Metella, construction ronde de 20 m. de diamètre, sur un soubassement carré, le tout revêtu de travertin. En haut, tout autour, s'étend une frise en marbre, sur laquelle sont repré.sentés des guirlandes de fleurs et des bucrâne.s. Une plaque de marbre porte l'inscription: Caecilise Q. Cretici f(ili8e) Metellœ Crassi; elle était fille de Métellus Créticas et bru du triumvir Crassus. A l'intérieur était la chambre .sépulcrale. Au xm*^ .s., les Gaétans utilisèrent l'édifice comme tour d'une forteresse de pillards et y ajoutèrent des créneaux. — Un peu plus loin se détache à g. la route militaire (strada ifilitare), riche en beaux coups d'œil et par laquelle on va en 20 min. à la Nouvelle voie Appienne et aux tombeaux des Latins (p. 343) ; elle est souvent interdite aux voitures.
Un torrent de lave, descendu des monts Albains et qui a fourni le pavé de l'anc. route, vient .s'-étendre ju.sque là. Au delà commence la partie la plus intéressante de la voie Appienne. Le pavé antique est en partie découvert; à dr. et à g., des rangées de tombeaux, dont il ne reste souvent que peu de chose. Le regard embra.sse un espace de plus en plus étendu. A g., les arcades grandioses de l'Aqua Marcia et de l'Aqua Claudia, celle-ci formant en partie l'Acqua Felice
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moderne (v. p. 245). On atteint, à 45 min. de la porte St-Sébastien, la partie de la voie Appienne déblayée depuis 1851 (plaque à la maison à dr.). Un grand nombre de tombeaux méritent une attention spéciale. A dr., la Fortezza Appia Antica, un ouvrage extérieur des nouvelles fortifications de Rome.
25 min. plus loin, on remarque à g. le Casale di S. Maria Nuova et derrière, des ruines étendues nommées Roma Vecchia, probablement les restes d'une grande villa. — Ensuite, à dr., deux tombeaux en forme de cône et entourés d'arbres, d'où l'on a une vue étendue sur les plaines désertes de la Campagne. A côté, les restes d'un ustrinum, endroit où l'on brûlait les corps.
A 15 min. du Casale di S. Maria Nuova, à g., se trouve une grande sépulture appelée Casale jRotondo et sur laquelle est établie ime petite ferme. C'est là qu'on termine ordinairement l'excursion; toutefois, avant de retourner à Rome, on montera jusqu'à la ferme (25 c. de pourb. ; souvent fermée) poui* y jouir du joli coup d'œil.