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IV. Pompéi

De Naples a Pompéi. — Ligne de Naples à Salerne: 24 kil. en 1 h.; prix, l'o cl. 1 fr. 30, 3» cl. 65 c; aller et retour, 2 fr. 60 et 1 fr. 30. Un seul des express (V2 h.; 3 fr. 10, 2 fr. 15 et 1 fr. 40) s'arrête à Pompéi, mais on pourra les prendre et descendre à Torre Annunziata Centrale (p. 407). — Chem. de fer local Naples-Pompéi-Sarno : 25 kil., env. 22 trains par jour; trajet en 1 h. à 1 h. Vj; l'* cl. 1 fr. 60, 3» cl. 76c.; aller et retour, 2 fr. 60 et 1 fr. 30; 10 0/0 de supplém. pour les express.

La LIGNE DE Saleene (dép. de la gare centrale, pi. H 3) franchit le Sebeto; le bâtiment rouge à dr. sert de caserne et de grenier d'abondance, d'où son nom de Gh'anili. Puis on a une belle vue, en arrière, sur le Pausilippe et la mer jusqu'à Ischia. En face, Caprée; ensuite, la presqu'île de Sorrente.

8 kil. Portiei, ville de 14 300 hab., avec un petit port formé par un môle. Son château royal, par la cour duquel passe la route, a été construit en 1738 et est maintenant un peu négligé. Portiei est en même temps la station pour Résina, ville de 20150 hab., bâtie sur les torrents de lave qui recouvrent Herculanum et sur ceux de 1631.

De la gare de Portiei, prendre la grande rue à dr. et tourner à g. au bout de 7 min. par la via Carcere. 5 min. après, non loin du château royal de Portiei , situé à g., on atteint la route où il faut tourner à dr. et suivre le tramway (p. 366, n" 25) , dont la stat. se trouve quelques min. plus loin, à l'entrée des fouilles (la station de Pugliano du chem. de fer local est à 10 m. plus haut, p. 404). Au-dessus de la porte, l'inscription «Scavi di Ercolano». Entrée, 2 fr. dans la semaine, libre le dimanche. Dans la semaine, on est conduit par un gardien (pas de pourb.). — Herculanum, appelé Heracleia par les G-rees, a été enseveli-sous les masses de boue vomies par le Vésuve en l'an 79. D'autres éruptions exhaussèrent la couche volcanique qui recouvrait la ville jusqu'à une hauteur de 12 à 30 m., ce qui empêcha qu'on y entreprît des fouilles dès l'antiquité, comme on le lit à Pompéi (p. 408) où la couche était moins dure. Les premiers travaux de déblayement eurent lieu en 1719 où l'on réussit à atteindre par un puits le sol de l'ancien théâtre. Les fouilles suivantes, au cours desquelles on combla souvent ce qu'on venait de déblayer, enrichirent le musée de Naples d'une grande partie de ses plus belles pièces. — La visite des fouilles d'Herculanum peut se joindre à celle de Pompéi, ou se faire au retour de l'ascension du Vésuve, vers le soir. Mais les voyageurs pressés la laisseront de côté.

Dans la suite du trajet, à g., le Vésuve. La voie longe la mer et traverse l'énorme torrent de lave de 1794, épais de 12 m. et large de 650. — 12 kil. Torre del Qreco (H.-P. Santa Teresa,

Pompéi. ENVIR. DE NAPLES. ÏV. R. Ht. 407

ch. 4 fr., p. 8 à 10; Pens. Belvédère, ch. 2 fr. 50, p. 5 à 6, v. c), ville de 35300 hab., ilélruite successivement eu 1631, 1737, 1794 et 18G1 pur des torrents de lave et des tremblements de terre, mais qui lut toujours reconstruite sur le môme emplacement.

20kil. Torre Annunziata, station Ciftù, ville de 25 000 hab., avec un petit port. Belle vue sur la baie de Castellammare. — 22 kil. Torre Annunziata Centrale, d'où partent les lignes de Caserte (p. 362) et de Castellammare-Gragnano (p. 420). C'est aussi une station pour Pompéi (à 2 kil. seulement), si l'on a pris l'express (v. p. 406); voit, d'ici à Pompéi, 1 fr., landau 2 fr.

La ligne de Pompéi et Salerne se dirige vers l'intérieur des terres. — 24 kil. Pompéi; la station n'est pas loin de l'entrée principale des ruines.

Le CHKM. DE FEK LOCAL ÉLECTR. (Circumvesvviana) a une gare spéciale à Naples; v. p. 404, où la première partie de la ligne, jusqu'à (10 kil.) Pugliano, est décrite. — 13 kil. Torre del Greco; 20 kil. Torre Annunziata, v. ci -dessus. — La ligue locale passe, immédiatement an delà du cimetière, {irès du torrent de lave de 1906 et fait un grand détour au N. pour atteindre (22 kil.) Boscotrecase (p. 406) et (23 kil.) Boscoreale ; puis elle se dirige vers le S. sur (25 kil.) Pompéi Porta Nolana (butt'et), où le train s'ari-ête près de la sortie N.-E. des fouilles (v. ci-dessous). — La ligne continue de là sur (26 kil.) Voile di Pompéi (p. 430), et par la traction à vapeur jusqu'à (43 kil.) Samo.

Pompéi. — Hôtels (v. p. xvui): H. Suisse, bon (ch. 3 fr., rep. 1, 3 et 4, p. Cl ù S ou 8 à 10), Gr.-H. Pompéi, recomm. (ch. dep. 2 fr., rep. 1, 2 à 3 et 3 à 4, p. dep. 6), H. Dioméde, tous trois non loin de la gare principale et de l'entrée S. des fouilles. — Un quatrième hôtel, fréquenté de longue date par les artistes et les savants , mais très modeste est l'Alb.del Sole, plus à l'E., à proximité de l'amphithéâtre (p. 413; cL ltr.50, rep. 75 c, 2 fr. à 2.50 et 2.50 à 3. v. c. p. 6). — Restaurants: à la gare

Srincipale, Restaur. du Vésuve (B. Fiorenza; déj. 2 fr. 50 à 3); à la gare 6 la ligne locale, Chalet délia Stazione (déj. 2 à 3 fr.).

Trois ESTRÉES (carte d'entrée : 2 fr. 50, plus 50 c. pour l'amphithéâtre) donnent accès au champ de ruines: 1" la Porta Marina, entrée principale, située à 200 pas env. de la gare; 2" la Porta di Stabia, à 7 min. env. pins à l'E., près de la caserne des Gladiateurs; 3" la Porta Kolana, au N.-E., à la station de ce nom du chem. de fer local. En route, on est importuné par des guides de toute espèce. Les gardiens officiels, répartia à l'intérieur des ruines, ouvrent sur demande les bâtiments fermés et donnent des renseignements; ils n'ont droit à aucun pourboire. Si l'on vent se faire conduire et avoir des explications, on devra prendre un des soi-disant «guide autorizsate», qui sont aux aguets devant l'entrée; les prix sont, d'après le tarif, de 2 fr. pour la première heure, 2 fr. pour la 2» h. et 1 fr. pour chaque h. suivante pour 1 à 5 personnes, et le double pour une plus grande société. A l'aide de notre plan et de la description, on pourra se passer de tout autre guide. — La visite est gratuite le jeudi et le 15 nov., mais toutes les maisons fermées sont alors inaccessibles. Les ruines sont complètement fermées le 1" janv., le dimanche de Pâques, le 1" dim. de juin, le jour de la Fête-Dieu, le 8 sept., le 20 sept., le l*' dim. d'oct., le 8 déc. et le 1» jour de N06L

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Heures de visite: de 8 h. du matin à 5 h. du soir (ou 6 h., en août et septembre). — Une foule de voyageurs, sous la conduite des guides, qui sont toujours i)ressés, parcourent les ruines en 2 h. seulement. Mais il faut bien 4 à 5 h. pour en garder une impression moins superficielle. Comme on ne peut quitter les ruines pour y revenir sans payer de nouveau, on fera bien d'emporter quelques provisions de bouche.

Pompéi était une ville de province florissante, dont les habitants ont dû être au nombre de 20000 à 30000. Sa population osque primitive fut soumise aux Romains après les guerres des Samnites (290 av. J.-C.) et entièrement latinisée à la fin do la République. A la suite du tremblement de terre de l'an G3 apr. J.-C. (p. 405), la ville fut reconstruite dans le style de l'Empire, qui était un mélange d'éléments grecs et italiques. La reconstruction était encore loin d'être achevée, lorsque se produisit l'éruption du Vésuve de l'an 79, qui recouvrit toute la contrée d'tme couche de pierres ponces et de cendres d'une épaisseur de 3 à 4 m. 50. La plupart des habitants parvinrent k s'enfuir. Immédiatement après la catastrophe, les survivants retirèrent des cendres tous les objets précieux qu'ils y purent retrouver, ainsi que les matériaux de prix, surtout le marbre. La ville est donc aujoiu-d'hui telle qu'elle a été abandonnée par les anciens, comme ne valant plus la peine qu'on continuât d'y faire des fouilles. A la suite de nouvelles éruptions du Vésuve, la couche de lave et de cendres atteignit jusqu'à 6 m. d'épaisseur. Au moyen âge, on avait oublié Pompéi. Ce fut seulement en 1748 que des objets trouvés par hasard attirèrent l'attention. Mais on ne travailla d'abord que pour trouver des statues et des objets de prix et on recouvrit les édifices précédemment mis au jour. Franc. Mazois (1783-1827) , architecte français et archéologue distingué , y fit les premières recherches importantes, et écrivit les «Ruines de Pompéi», ouvrage capital, publié de 1818 à 1838 (achevé par M. Gau). Depuis 18fiO, on a commencé à fouiller toute la ville d'après un plan méthodique.

La ville a la forme d'un ovale irrégulier. Ses murs formaient une enceinte de 2600 m. de circuit. La partie découverte représente à peu près la moitié du territoire de la ville ; elle comprend le forum, plusieurs temples, des édifices publics, deux théâtres, de nombreuses maisons particulières de grandes dimensions ainsi que l'amphithéâtre : ce sont donc probablement les plus importants quartiers. — Les noms italiens des rues et des maisons sont modernes. Il en est de même de la division officielle de la ville en six régions (I-VI), limitées par trois rues principales, reliant chacune deux portes situées à ses extrémités: la strada Stahiana, qui traverse la ville du N.-O. au S.-E.; la strada di Nola et la strada delV Ahhondanza, parallèles l'une à l'autre et qui du S.-O. se développent dans la direction du N.-E. Chacune des régions est partagée en Uots (insulse) désignés par des chiffres arabes inscrits aux coins des rues. En outre, chaque maison porte à l'entrée un numéro spécial.

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Pompéi. ENVIR. DE NAPLES. IV- R- si. 40y

Ainsi, si l'on trouve dans notre description «rég. VI, îlot 8, n" 5», cela signilie: maison n" 5 du 8" îlot de la VI* région.

Les mus sont pavées de grands blocs do lave polygones, et bordées de trottoirs. De distance en distance, surtout aux angles, il y a de grosses pierres en travers de la rue, formant une sorte de trottoir d'un côté à l'autre. Les voitures ont tracé dans le pavé de profondes ornières , ce qui prouve que la circulation était très animée. Il y a aux coins des rues des fontaines publiques. On voit souvent aux maisons des annonces peintes, qui tenaient lieu d'aftiches, la plupart relatives aux élections des fonctionnaires municipaux. Les grifl'onnages sur les murs étaient alors en usage comme de nos jours.

Les maisons sont presque toutes légèrement bâties. Les murs sont en blocage, fait de petites pierres maçonnées à bain de mortier («opus incertum»); briques et pierres de taille ne sont employées que dans les façades, aux piliers d'angle et aux portes. Les pièces où l'on se tenait d'ordinaire donnent sur l'intérieur, tandis que les locaux ouverts sur la rue étaient loués, là où il y en avait, à des marchands ou à des industriels, qui y établissaient leurs boutiques [taberjiee). — La maison ordinaire (v. le plan p. 410) avait d'abord une entrée (fauces, ostium) qui conduisait dans une sorte de cour, l'ati'ium. Quand la porte de la maison ne donnait pas immédiatement .sur la rue, elle était précédée d'un vestibule (vestihulum). L'atrium était entouré d'une galerie couverte, et au milieu était un bassin, V bnpluvitim, destiné à recevoir l'eau de pluie; car le toit allait en s'abaissant de ce côté, où il y avait une ouverture (compluvinm), par laquelle l'atrium et, indirectement, les pièces environnantes recevaient le jour et l'air. A dr. et à g. et souvent même du côté de l'entrée se trouvaient des chambres à coucher (cuhicula). Les espaces ouverts à la suite, de chaque côté, s'appelaient «ailes» (alee), et c'est là qu'étaient, dans les maisons des patriciens, les images des ancêtres. Au fond de l'atrium était enfin une grande salle ouverte, le tablinum. C'est dans cette partie antérieure de la maison que se concentrait la vie publique; c'est là que le patron recevait ses clients, qu'il faisait ses aftaires, etc. La seconde partie était réservée à la vie privée. Il y avait une cour, semblable à un jardin, qui était entourée de colonnes et appelée pour cela peristylium, et quelquefois, plus loin encore, un second jardin, le xystos. Autour du péristyle se groupaient la salle à manger (triclinium) et le salon (œcus); la cuisine (eulina) et la cave n'occupaient pas de place déterminée. Il y avait un premier étage, comme le prouvent des restes d'escaliers (v. p. 414) ; il servait surtout aux esclaves. En général, les pièces étaient très étroites ; on vivait et l'on travaillait dans les cours.

Ce qu'il y a ici de charmant, c'est la décoration des murs, où brille un dernier reflet de l'art grec, malgré une exécution hâtive et

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superficielle. Les colonnes et les murs sont revêtus de stuc multicolore qui remplaçait le marbre, rarement employé dans les maisons privées. Les couleurs sont vives; le rouge et le jaune y prédominent. Les peintiu'es murales les plus importantes ont été transférées au musée de Naples, pour les protéger des intempéries, mais on en trouve encore sur place bien des morceaux curieux.

Les peintures murales ont été, semble-t-il, exécutées en grande partie d'après des collections de modtles. Les peintres avaient ainsi sous la main tout un monde de formes et de figures. Des vues architectoniques font illusion sur les dimensions restreintes. Dans ces jolies constractions peintes en trompe-l'œil, de beaux personnages s'avancent ou regardeiit Sans l'intérieur de la pièce. Des bandes de palmettes et de feuilles, des guirlandes animent et partagent les murs. Au milieu de leurs larges surfaces se détachent sur la couleur uniforme du fond, des figures isolées et des couples aux teintes brillantes et claires. On y voit de belles filles qui dansent, l'Amour jouant de la lyre avec Psycbé, des satyres et des nymphes, des centaures et des ménades, des femmes avec des candélabres, des fleurs et des fruits. Dans les intervalles sont des scènes particulières rappelant le beau et fier Narcisse, Adonis, le favori de Vénus, tué à la fleur de l'âge; la passion de Phèdre pour Hippolyte, Apollon épris de Daphné, les amours de Mars et de Vénus, le mythe de Diane et d'Actéon, celui de Léda, la vie, les actions de Bacehus et de sa suite, ce dieu trouvant Ariane abandonnée par Tbésée et des satyres poursuivant des nymphes. Les sujets tragiques n'y manquent pas non plus; c'est Dircé attachée au taureau, Médée méditant la mort de ses enfants, le sacrifice d'Iphigénie; mais dans toutes les scènes effrayantes, la beauté des figures en fait des compositions qui s'harmonisent avec l'ensemble plein de gaîté et de vie. Les petits paysages, comprenant quelques maisons et quelques arbres ou des rochers et des constractions dominant la mer, ont également un caractère idyllique. Et autour de ces sujets saillants se groupent quantité de frises et de peintures accessoires, dont les motifs sont sérieux ou humoristiques: natures mortes, animaux, chasses, pygmées, masques, fruits, ustensiles, etc.

La description suivante, qui est basée sur une visite de 3 à 4 h. et ne comprend que les édifices les plus importants, commence par le Fomm (p. 411) en venant de l'entrée principale située à la Pf/rta Marina (p. 407). — Si l'on arrive par la ligne locale (Circumvesuviana ; p. 407) à la stat. de Porta di Nola, on suivra la strada di Nola (p. 415) jusqu'au coin de rue formé par le temple de la Fortune (p. 416), où l'on prendra à g. pour aller au Forum.

A la Porta Marina se rattache un passage voiîté, où se trouve à dr. un petit musée: trois salles contenant des moulages et reproductions d'objets en bois (porte, fenêtre avec volets, roue, etc.), des moulages de cadavi'es antiques, des objets en terre, des vases en bronze, des crânes et des squelettes d'bommes et d'animaux.

Les moulages des cadavres, exposés dans des vitrines, montrent fidèlement l'attitude de quelques personnes victimes de la catastrophe de l'an 7!» et d'un chien. Taudis que les parties charnues se sont consumées, les cendres durcies ont conservé les formes, comme des espèces de moules; lors de leur découverte, en 1863, on eut l'idée d'y couler du plâtre. On voit là une jeune fille avec un anneau au doigt; une femme d'un certain âge à côté d'une autre plus jeune; un homme étendu la face contre terre, un autre gisant sur le côté gauche, avec les traits particulièrement bien conservés, etc.

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La via ilariua monte tout droit au Forum (v. ci-dessous), où elle aboutit entre la basilique (qu'on visitera d'abord; entrée par une porte latérale) et le temple d'Apollon.

La basilique (fermée) servait de halle et de tribunal. A l'intérieur, qui était entièrement couvert d'une toiture, se trouve un portique de 28 colonnes en briques. A l'O., uu fond de l'étlifiee, une place surélevée où siégeait le juge.

Le temple d'Apollon (fermé), attesté comme tel par une inscription osque dans le pavé, est un édifice de fondation ancienne, mais qui fut reconstruit après le tremblement de l'an G3. Les 48 colonnes ioniques, qui entourent la grande cour, avaient été transformées en colonnes corinthiennes par nue couche de stuc maintenant disparue. Comme la direction du mur de dr. , correspondant à celle du Forum, diverge de celle de l'autre mur longitudinal, on y a placé des piliers faisant une saillie de plus en plus prononcée. Devant le soubassement du temple proprement dit, auquel on accède par un perron, est un autel fondé par les quatuorviri ou magistrats municipaux. Sur les six bases près des colonnes du portique, à dr. et à g., s'élèvent des statues et des hernies: Mercure, Apollon, Diane, Vénus, etc., reproductions des originaux transportés à Xaples. Le temple avait uu péristyle d'ordre corinthien et six colonnes snr la fai,"ade. Dans le sanctuaire (cella), le piédestal de la statue du dieu et, à g., «l'omphalos», en forme de cône, symbole d'Apollon.

Le *Foruin , la principale place de la ville , est entouré des grands côtés et du petit côté S. par un portique. La place libre au milieu était pavée de grandes dalles et ornée de nombreuses statues hoj^priflques dont il subsiste encore des piédestaux: cinq de ces derniers ont encore leurs inscriptions, à la mémoire de fonctionnaires méritants. Les rues qui débouchent sur le Forum étaient barrées de ce côté aux voitures. — Du côté 0., au N. du temple d'Apollon, n» 31, se trouve une niche dans laquelle se voit une table de marbre avec les modèles des mesures pour les grains.

Du côté N. du Forum, s'élève le temple de Jupiter, sur un soubassement de 3 m. de hauteur. Il était déjà en ruine lors de la catastrophe. On y monte par 15 marches. Il y a dans le sol de la cella des ouvertures éclairant le souterrain. Un escalier à g. sur le derrière (fermé) monte à une grande base renfermant trois cham ■ brcs; elle supportait probablement les statues de Jupiter, Junou et Minerve. — A g. devant le temple et à dr. sur le derrière, se dressent deux arcs de triomphe, dont les revêtements de marbre ont disparu. Derrière le second, tout au commencement de la rue du Forum (p. -416), à dr. au coin, un bas-relief représentant deux hommes qui portent une amphore, l'enseigne d'un marchand de vin.

Le dernier édifice à dr., à l'extrémité N.-E. du Forum, était un macellum, c.-à-d. une halle aux victuailles. Deux portes, n"» 7 et

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8, s'ouvrent sur la cour rectangulaire , dout les murs sont ornés de fresques: à g. de l'entrée, Argus et lo, Ulysse et Pénélope; dans le haut, toutes sortes de comestibles, indiquant la destination du bâtiment. A dr. de la cour, onze boutiques peintes en rouge. Au fond, un sanctuaire de la famille impériale. On y a trouvé deux statues, probablement celle d'Octavie, sœur d'Auguste, et celle de son fils Marcellus (p. 382), auj. remplacées par des moulages.

Viennent ensuite, du même côté (E.) du Forum: n° 3, la prétendue Carie, précédée d'un monument de Fiorelli (m. 1896), archéologue de grand mérite qui se consacra aux fouilles et à l'étude de Pompéi ; n'' 2, le temple de Veapasien. A côté, n° 1, l'édifice d'Eutnachie, construit par une prêtresse de ce nom, selon l'inscription au-dessus de l'entrée du côté de la rue de l'Abondance. Ce fut peutêtre une espèce de halle aux drap.s. Au vestibule (chalcidicum) se rattachent quelques petites chambres. — La grande cour de l'intérieur était entourée d'un portique à deux étages; à côté, une galerie couverte (crypta), au fond de laquelle s'élève une statue d'Eumachie, reproduction de celle qui lui fut érigée par les foulons et qui est maintenant à Naples (p. 378).

Au S. du Forum, les tribunaux, trois salles, dont celle du milieu, terminée en ligne droite, servait peut-être aux séances du conseil municipal. Les deux autres sont terminées en demi-cercle; seule celle de Î'O. était achevée et revêtue de marbre en 79.

On quitte maintenant le Forum et prend soit la strada délie Scuole, qui commence à côté des tribunaux et mène au S., ou la STRADA dell'Abbondanza, qui de l'édifice d'Eumachie mène à l'E., en passant devant un buste de la Concm'dia Augusta, pris autrefois à tort pour une représentation de V Abondance. — En suivant plus loin à dr. (S.) la rue des Théâtres, on arrive au

Forum Triangulaire, dont la belle entrée est en partie restaurée. 11 était entouré de trois côtés d'un portique d'ordre dorique, servant surtout de promenoir aux spectateurs des théâtres. Au N., un piédestal qui, d'après l'inscription, supportait une statue en l'honneur de Marcellus, neveu d'Auguste. Le côté de la place tourné vers la plaine était ouvert. Là s'élevait, sur un soubassement de cinq degrés, un temple du vieux style dorique (Tempio dorico), orné de sept colonnes sur la façade et onze de chaque côté, dont il ne reste plus que quelques chapiteaux et des tronçons. Peut-être détruit déjà avant le tremblement de terre de l'an 63, il a dû, par sa solidité et sa simple majesté, former un singulier contraste avec les constructions de stuc de l'Empire. — Derrière le temple, n" 32, une margelle de puits, renfermée dans une rotonde à huit colonnes doriques (bidentale). D'ici, on voit à l'E. l'intérieur d'une cour située au-dessous des théâtres et qui en dépendait d'abord. Cette cour, avec portique de 74 colonnes, avait été transformée en ca-

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serne de gladiateurs. Il y avait tout autour des cellules semblables à celles qu'on a rétablies dans la partie S. On a retrouvé, dans un réduit qui servait de prison, trois squelettes et des fers; dans d'autres pièces, des armes de gladiateurs. On a découvert en tout soixante- trois corps humains dans cet édifice.

Le *grand théâtre («Teatro scoperto»), pour lequel on a utilisé la pente du terrain, est contigu à la moitié N. du Forum Triangulaire. Cet édifice, fondé avant l'époque romaine, avait été reconstruit vers le commencement de notre ère, aux frais de M. Holconius Kufus et de M. Holconius Celer, par l'architecte M. Artorius. Les places des spectateurs sont tournées vers le S. et divisées en trois parties (ima, média et summa cavea), la première composée (le quatre rangs de sièges, pour les personnes de distinction; la deuxième de vingt rangées de gradins et la troisième seulement de quatre. Des corridors et des escaliers conduisaient à ces difl'éi'entes places. Tout l'édifice pouvait contenir 5000 spectateurs. Derrière l'orchestre se trouve la scène, longue et étroite. On y remarque, sur le devant, un espace rétréci servant à baisser le rideau; le fond, jadis décoré de statues, a trois portes, comme l'exigeait la tragédie antique; le vestiaire est derrière. En haut, sur le mur d'enceinte, 8e voient les trous des mâts qui supportaient le velarium (v. p. 288). — A côté se trouve le *petit théâtre («Teatro coperto»), construit vers 75 av. J.-C. et mieux conservé que le grand. Il était couvert d'un toit et probablement destiné aux exécutions musicales; il pouvait contenir 1500 spectateurs. Les sièges sont pratiqués de façon qu'on ne pouvait pas être incommodé par les pieds de celui qui était assis au rang supérieur.

A l'E. du petit théâtre passe la rue de Stabies {strada Stabiana; p. 408); en la remontant au N.-O., on arrive à g., au coin de la rue du Temple-d'Isis. au prétendu temple d' Escidape, le plus petit de Pompéi. Plus loin, dans la rue du Temple-d'Isis, n" 28, le temple d'Isis (fermé), reconstruit, au dire de l'inscription, après le tremblement de ten-e de l'an 63, aux frais du jeune N. Popidius Celsinus, âgé de six ans, qui fut reçu par reconnaissance au nombre des décurions de la ville (conseiller municipal).

On revient à la rue de Stabies et la remonte. A dr., n" 5, la Casa del Citarista, une des plus grandes maisons. — La première rue transversale est la rue de V Ahowlance (p. 412), une des plus importantes de Pompéi (p. 408); elle n'a pas encore été explorée dans sa partie orientale.

A l'extrémiti' E. de la rue de l'Aboudauce, prend un sentier qui mène en C à 8 min. à Vamphithéâtre. Les visiteurs pressés qui connaissent déjà d'autres édifices de ce genre, renonceront à voir celui-ci. Il est situé en dehors du territoire des fouilles, où l'on ne peut revenir sans payer de nouveau.

Du côté 0. de la rue de Stabies, au coin de la rue de l'Abondance, les thermes de Stables, du temps des Osques, mais agrandis

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et décorés plus tard. De la principale entrée, située au n"8 de la rue de l'Abondance, on arrive d'abord dans une grande cour bordée de colonnes de deux côtés et qui servait aux exercices de la palestre. A dr. de cette cour, d'abord les bains des hommes. A g. d'un vestibule était le frigidarium ou bain froid, pièce ronde à coupole, avec quatre niches. En face de l'entrée, le vestiaire, avec des niches pour les vêtements, et une seconde entrée du côté de la rue de Stables. La voûte de cette salle a de beaux bas -reliefs en stuc. Ensuite viennent, à g., le tepidarium ou bain tiède, ici exceptionnellement avec une baignoire, et le caldarium ou étuve, tous deux avec un pavé et des murs creux pour le chaufï'age. — Plus loin, dans l'angle au fond de la cour, à dr., étaient les bains des femmes. La porte s'ouvre sur une antichambre, à g. de laquelle est le vestiaire; il y a deux entrées spéciales du côté de la rue; tout autour sont des niches et dans un coin se trouve un bassin. Ensuite le bain tiède et l'étuve. A une extrémité de l'étuve, un bassin de marbre et à l'autre un bassin (lahrum), dans lequel l'eau jaillissait. Les fourneaux sont entre les bains des hommes et ceux des femmes. — Dans l'aile en face, qui a une porte latérale donnant sur la rue, des latrines et, à g., quatre cabinets de bains. — Dans la cour, vis-à-vis de l'entrée , un hermès de Mercure. A g., encore quelques vestiaires et salles de bains , puis un bassin peu profond pour les ablutions, un bassin de natation, etc.

A l'O. des thermes passe le prolongement N. de la rue des Théâtres (p. 412), la RUELLE DU LuPANAR , OU S8 trouve à dr., n° 47, la maison de Siriciis (fermée) ; la grande boulangerie à côté, au n" 46, appartenait au même propriétaire. Sur le seuil se lit l'inscription: «Salve lucrum» (salut à toi, profit!). A g. de l'atrium, deux chambres avec de belles peintures. Dans la première, à g., Neptune et Apollon construisant les murs de Troie; en face. Hercule ivre; à dr., Vulcaiu présentant à Thétis les armes d'Achille. Quatre colonnes vertes, an milieu du péristyle, supportaient un pavillon. De là, on passe à g. par un escalier dans une autre partie de la maison dont l'entrée principale donne sur la rue de Stables; on y remarque un péristyle et un atrium avec une table en marbre. — En face, à g., se voient sur le mur de la rue deux gros serpents avec l'inscription: «Otiosis locus hic non est, discede morator» (les badauds n'ont rien à faire ici; va-t'en bien vite!).

Près du. lupanar (lég. IV, îlot 12, n" 18 ; fermé), qui a dca peintures obscènes, aboutit à g. le vicolo del Balcone pensile, qui doit son nom à la maison au Balcon (n<'28; fermée), la seule dout on ait réussi à ponserver une partie de l'étage supérieur, qui est en saillie sur le rezde-chaussée, en remplaçant les poutres carbonisées.

On revient dans la rue de Stabies, qu'on remonte. A dr., rég. III, îlot 3, u° 5, la maison de Marcus Lucretius (fermée). Elle a des peintures bien conservées. Derrière le tablinum est un petit jardin, avec une fontaine et des statuettes de marbre.

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Plus loin, la rue est traversée par la straua di Nola, qui vient de la Porta di Nolu, à l'E. (p. HO), et n'est déblayée qu'en partie; on y voit ù dr., dans le 7« îlot de la rég. III, la Casa del Centenario (fermée), avec un vaste péristyle, une chambre entièrement décorée en noir et une petite salle de bain. — Dans la ruelle en face , entre les îlots 3 et 4 de la rég. V, se trouve à dr. la maisuit de Mardis Lucretius Fronta (fermée): la toiture de l'atrium a été rétablie et le tablinum renferme des peintures intéressantes.

On retourne alors au croisement de la via di Nola et de la rue de Stables, prend de nouveau cette dernière, à dr., pour aller à la maison den Amoiirs dorés (Casa degli Amorini dorati; rég. VI, îlot 16, II" 7; fermée), qui a été dernièrement mise an jour. A g. de l'atrium se trouve le péristyle: les colonnades sont rétablies d'après les traces antiques, le jardin a conservé son ancienne décoration de sculptures en marbre. Dans la première chambre, à dr., se voient des figurines d'Amours, découpées dans des lames d'or et fixées dans de petits champs ronds sur fond de stuc bleu.

A proximité, dans le vicolo di Mercurio, est la ^maison des Vettii (rég. VI, îlot 15, n" 1; fermée), qui doit son nom aux sceaux de deux affranchis qu'on y a trouvés. A l'atrium, des peintures ornementales. Sur l'embasement, de charmantes ligures d'enfants et, au-dessus de l'embasement, une frise sur fond noir, où sont représentés des Amours livrés à diverses occupations. — A g., an delà d'un petit atrium est la cuisine , où les ustensiles sont restés en place. — Le péristyle, en partie reconstruit et orné à nouveau de plantes, a encore son ancienne décoration de marbre. Tout autour sont des salles décorées de peintures, dont les plus belles sont dans la grande salle à dr. : sur des bandes noires au-dessus de l'embasement, encore des Amours, savoir, en commençant à dr. : des Amours jetant des pierres vers une cible, d'antres tres.sant et vendant des couronnes, faisant et vendant de l'huile, se livrant à des courses, orfèvres et foulons; fêtes diverses, vendanges, etc. Aux bandes semblables au-dessous des panneaux plus étroits, des cueillettes de fleurs et des scènes mythologiques. Sur les champs en rouge, des groupes isolés. Au centre des murs les peintures manquent.

En face de la maison des Vettii, au S.-E., un pilier d'aqueduc avec beaucoup de tuyaiLx en plomb (pi. F). — Au coin de la rue transversale .suivante, à dr., rég. VI, îlot 11, n° 10, la inaison du Labyrinthe, belle maison à deux atria. Une pièce fermée renferme un pavé en mosaïque, Thésée et le ilinotanre. — On prend au S. par le vico del Labirinto, pour retourner à la strada di Xola. Là se trouve, immédiatement à dr.,

la maison du Panne (rég. VI, îlot 12, n"" 2 à .5; fermée), qui occupe tout un îlot. C'est la plus élégante maison particulière de la ville. Ses murs étaient revêtus de .stuc imitant les incrustations en plaques de marbre et les pavés étaient ornés de superbes mo-

4ifi IV. R. 31. ENVIR. DE NAPLES. Pompéi.

saïques, qui sont maintenant à Naples. Sur le trottoir devant la maison on lit le salut: HAVE. Il y a deux entrées et deux atria. Le grand atrium de g. avait un toit qui portait sur des sablières sans appui. A côté de l'impluvium, on remarque une reproduction du Faune dansant (p. 382), statuette qui a donné son nom à la maison. — L'atrium de dr. est tétrastyle, c.-à-d. que les traverses du toit reposaient sur quatre colonnes du côté de l'impluvium. — Le péristyle avait 28 colonnes ioniques en tuf, revêtues de stuc. C'est dans la pièce où sont les colonnes rouges, qu'on a trouvé la célèbre mosaïque de la Bataille d'Alexandre (p. 382). — Derrière s'étend un jardin à portique d'ordre dorique.

Un peu plus loin àl'O. débouchent, à g. la rue du Forum (p. 411), à dr. celle de Mercure (v. ci-dessous). Au coin de la rue du Forum, à g., rég. IV, îlot 4, u" 1, un temple de la Fortune. Dans la direction du Forum, à dr., n" 18, un magasin de photographies, et n° 19, un musée d'objets provenant d'une villa antique située près de Boscoreale et en partie remis en état.

A l'entrée de la rue de Mercure s'élève une arcade en briques qui porte des traces de tuyaux d'un aqueduc.

En suivant d'ici le prolongement de la strada di Nola, on arrive à g., rég. IV, îlot 5, n" 2, à l'entrée des *th.enne8 («Terme del Foro»; fermés), qui occupent tout im îlot. Ou entre par une galerie dans le vestiaire (apodyterium), qui est eutouré de bancs. An fond de cette salle, à dr., le bain froid (frigidarium); l'eau jaillissait horizontalement d'une bouche de cuivre plate en face de l'entrée. — Plus loin, à dr. du vestiaire, le bain tiède (tepùlarium), qui a tout aiitour une fi'ise supportée par des Atlantes en terre cuite et des niches pour les habits. La voûte était décorée de belles figures de stuc en relief. A g. se voit un grand brasier eu bronze qui servait à chaufl'er la salle; puis, trois bancs du même métal, don de M. Nigidius Vaccula, comme dit l'inscription. La vache sur le brasier et les têtes de vaches qui ornent les bancs fout allusion au nom du donateur. — A côté se trouve le bain chaud ou l'étuve (caldarium) qui avait des parois creuses et un pavé double pour le chauffage. — A g., le bassin en marbre pour les ablutions; il coûta, au dire de l'inscription, 5250 sesterces (1428 fr.). A l'autre bout, le bassin pour les bains chauds.

Presque en face des thermes, rég. VI, îlot 8, n"'5, se trouve la .soidisant maison du Poète tragique (fermée), jolie construction que Bulwer a donnée pour demeure à Glaucus, un des personnages de son roman « Les derniers jours de Pompéi » (1834). Sur le seuil, on voyait un chien à la chaîne en mosaïque avec l'inscription: «Cave canem». Derrière le péristyle, un petit temple. Dans le triclinium, à dr. : Jeune homme et jeune fille considérant un nid d'Amours; Thésée et Ariane ; personnification des saisons, etc.

Plus loin à l'O., après la rue transversale, rég. VI, îlot 6, n*" 1,

l'ompéi. ENVIR. DE NAPLES. rv: R. st. 417

la grande maison de Pansa, occupant tout un îlot et qu'on peut considérer connue le type de la maison antique. Voir le plan île cette maison p. 410.

On rebrousse chemin et passant sous l'arcade en briques nieutionnée p. 416, on entre dans la kue vk Mekcuue, où l'on voit à g., rég. VI, îlot 8, n» 20,

la Pullonica ou maison du Foulon. Les piliers supportaient une galerie (<■ solarium») où l'on faisait .sécher le drap. Tout autour se trouvaient les logements, les chambres et des ateliers. A g., la cuisine, avec un tour. Au fond, quatre bassins de dill'érents niveaux, dans lesquels on lavait les draps. On les foulait, avec les pieds, dans les petits réduits à droite.

Ensuite, du même côté: n" 22, la maison île la (jrrande Fontaine, et n"23, la maison de la Petite Fontaine, qui doivent leurs noms au.K jolies fontaines qui s'y trouvent.

Au carrefour du vicolo di ^lercurio (v. ci -dessous), à g. une fontaine avec une tête de Mercure ; à dr. une taverne (rég. VI, îlot 10, n° 1), dont l'arrière-boutique (fermée) est décorée de peintures bachiques: Voiture avec une outre de vin. Joueurs et buveurs, puis, Mets divers, etc. Dans le coin à g., un Soldat auquel on verse à boire, et au-des.sus les mots«da fridam pusilluni», c.-à-d.: un peu d'eau fraîche.

Il faut encore mentionner dans la partie N. de la rue de Mercure: à dr., rég. VI, îlot 9, u" 6, la maison de Castor et Poïlux (fermée), en réalité deux maisons réunies en une seule et avec péristyle commun.

Plus loin, au n° 2 de ce même îlot, la maison de Méléagre (fermée). Dans l'entrée, à dr.. Mercure otfrant une bourse à la Fortune. L'atrium renferme une table de marbre, dont le dessons est disposé pour rafraîchir dans l'eau les aliments et les boissons. Il y a une jolie fontaine dans le péristyle à g. de l'atrium. A dr. se trouve un cecus, entouré de colonnes de trois côtés. Au mur de dr., un Jeune satyre eôrayant une bacchante en lui présentant un serpent. A g. de Tcecus se trouve une salle peinte, où se voit, au mm* transversal de g., le Jugement de Paris. — En revenant, à dr., n" 18, la maison d'Adonis (rég. VI, îlot 7; fermée). Du côté du jardin, à dr., un Adonis blessé, plus grand que nature, .soigné par Vénns et des Amours.

Tournant maintenant à dr. et suivant la partie O. du vicolo di Mercurio, on arrive bientôt à la .str.\ua ui Sallu.stio, dont le prolongement N.-O., la strada Consolare, mène à la porte d'Herculanum. C'était une rue animée, mais elle avait peu de maisons remarquables. Immédiatement à g., au coin du vicolo di Mercurio, rég. VI, îlot 3, n<> 6, une boulangerie, dont on voit le four et les curieux moulins, que mettaient en mouvement des ânes ou même des esclaves.

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Dans la partie N. de la strada di Sallustio, à dr., rég. VI, îlot 2, n° 4, la maison de Salluste (fermée), qui a du stuc imitant le marbre et de bonnes peintures. Dans le jardin derrière le tablinum se trouve, à g., une maçonnerie sous un berceau, tenant lieu des trois lits du triclinium d'une salle à manger. — Le petit péristyle, à dr. de l'atrium, est fermé. Aux murs en face, Actéon guettant Diane au bain, changé en cerf et déchiré par ses propres chiens; à g., Europe sur le taureau; à dr., Phrixus et Hellé. — Dans la petite pièce de dr., Mars et Vénus; en bas, Paris et Hélène.

Plus loin dans la strada Consolare, à dr., îlot 1, n" 10, la maison (hi Cliirurgien, ainsi nommée parce qu'on y a trouvé beaucoup d'instruments de chirurgie. Elle se distingue par sa construction solide, en blocs de pierre calcaire. — Vis-à-vis, à g., n" 3, une avberge. Elle a deux comptoirs et une porte cochère.

La porte d'Herculanum (Porta Ercolanese) date probablement du temps d'Auguste. Elle a trois passages, ceux des piétons entièrement voûtés, celui des voitures voûté seulement aux extrémités. Il y a à dr. une rampe (fermée) conduisant sur le mur d'enceinte de la ville, qui offre une vue étendue sur la mer avec Caprée à l'arrière-plan.

Ce mur d'enceinte se compose de deux murs juxtaposés, dont l'intervalle est rempli de terre. La hauteur du mur extérieur varie, selon le terrain, de 8 à 10 m.; le mur intérieur a en général 2 m. 50 de plus que l'autre. Les murs étaient primitivement construits en gros blocs de tuf et de pierre calcaire. Ils furent en partie détruits pendant la longue paix du ii<' s. av. J.-C, mais réparés plus tard avec du blocage ou de petits morceaux de lave dans du mortier et renforcés par des tours, à ce qu'on suppose peu avant la guerre Sociale. Ces deux espèces de construction se reconnaissent immédiatement à la porte d'Herculanum.

A partir d'ici, voir le supjilément au revers du plan, côté gatiche.

Du faubourg qui s'étendait en dehors de la porte, on a déblayé seulement la grande rue qu'on appelle *voie des Tombeaux fs^rorfa de' Sepolcri),\3^ partie de la ville la plus belle sous le rapport du paysage. On connaît l'usage des anciens d'enterrer leurs morts le long des routes (v. p. 345) ; il existe aussi des tombeaux en dehors d'autres portes de Pompéi.

A g., n° 1, le tombean de Cerrinius, une niche garnie de bancs. — N° 2, un banc en hémicycle avec le piédestal de la statue du duumvir A. Veius. — N° 3, le tombeau de M. Porcins, probablement celui qui a construit l'amphithéâtre et le petit théâtre. D'après l'inscription, la ville lui accorda un terrain carré de 25 pieds de côté pour son tombeau. — N" 4, le tombeau de Mamia, semblable au n" 2, avec une inscription. Derrière, entouré d'un petit mur, un tombeau à niches^pour les urnes cinéraires.

Plus loin à dr., n» 6, le tombeau aux Guirlandefi, ainsi nommé d'après sa décoration. — N«« 10 et 11, deux boutiques; n» 12, la maison aux Colonnes de mosaïque, dépendance d'une villa située dans le haut.

l\.mpéi. KNTIR. DE NAPLES. I^ «■ ï'- tl'.t

A g., plusieurs grands monuments. N" 17, celui de Scaurus, avec quelques restes de bas-reliefs en stuc représentant des combats de gladiateurs. Le cavean a des niches pour les urnes cinéraires.

A dr., une rangée d'arcades qui formaient un portique : au bord de la rue qui n'a pas encore été déblayée, des tombes archaïques en calcaire, monuments qui remontent jusqu'au temps des Osques, où l'on ne brûlait pus encore les morts.

A g., n" 20, le tombeau de Calventius Quietus, un augustal. Sous l'épitaphe se trouve représenté le bisellinm ou siège d'honneur qui lui fut voté pour son usage au théâtre.

A dr., n» 37, le tombeau de M. Âlleius Luccius Libella et de son tils, en travertin, bien conservé, avec des inscriptions.

A g., n" 22, le tombeau de Ninvoleia Tijché, que l'utTranchic de ce nom destina à sa sépulture et à celle du magistrat du quartier, C. Munatius Faustns, ainsi qu'à leurs affranchis. Sur le devant, basrelief relatif à l'inauguration du tombeau ; à g., le siège d'honneur de Munatius; à dr.. Vaisseau entrant au port, .symbole de la lin de la vie humaine.

A dr., dans un site élevé, quelques tombeaux en partie fort endommagés. Plus loiu, les monuments funéraires que l'affranchi M. Arrius Diomedes se fit ériger à lui-même (n° 42). à sa famille et à son ancienne maîtresse Arria (n° 43), dont il avait reçu la liberté. Les faisceaux (fasces) de stuc en relief sur le tombeau de Diomède (n° 42) rappellent sa dignité de magistrat de ce faubourg.

A g., n» 24, la * villa de Diomède (fermée), ainsi nommée d'après la sépulture que nous venons de décrire. Un escalier à deux colonnes conduit directement à un péristyle. On entre de là, à g., dans une salle de bains. Eu face, une terrasse, sur laquelle donnent des pièces dominant le reste de la maison. Le jardin, qui a 33m. en longueur comme en largeur, est entouré d'un portique; au milieu, nn bassin et un pavillon à six colonnes. Il y a un escalier à g. de la terrasse et un autre à dr. de l'entrée. Sous trois côtés du portique s'étendent des caves voûtées, éclairées par de petits soupiraux. Des escaliers y descendent aux deux extrémités.

On y ,1 trouvé dix-huit cadavres de femmes et d'enfants , avec des provisions de bouche de toute sorte. Ces personnes y avaient cherché un refuge, mais les cendres pénétrèrent par les soupiraux et les malheureuses tentèrent trop tard de gagner la porte; elles avaient toutes la tête voilée et étaient à demi ensevelies sous la cendre. Le propriétaire présumé de la villa fut trouvé, la clef à la main, près de la porte du jardin, aujourd'hui murée, et .i côté de lui était un esclave avec de l'argent et des objets de prix.

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