I. Place St-Marc et ses environs
La **place St-Marc (pL G 5), restée sans rivale en Italie, donne une idée parfaite de la grandeur de Venise. D'une longueur de 175 m., sur 56 de largeur à l'O. et 82 à l'E., elle est entièrement pavée de dalles de trachyte et de marbre. A l'E. de la place s'élève l'église St-Marc (p. 85), tandis qu'au N. et au S. elle est bornée par les Procuraties, appelées ainsi parce qu'elles étaient jadis habitées par les neuf procurateurs, principaux magistrats de Venise du temps
Eglise St-3îarc. VENISE. ^- ^- f'^- 85
de la république. Le palais du N., les Vieilles Procuraties (Procaratie Vecchie), a été construit de 1480 à 1517; celui du S., les Nouvelles Procuraties (Prucuratie Niiove), a été commencé en 1584 par Vinc. Scamozzi. Ce dernier éditice et l'Ancienne Bibliothèque (p. 86), qui se trouve à côté, servent actuellement de palais royal. — Le côté 0. de la place St-Marc est formé par une construction dite Atrio ou Niiova Fabhrica, qui n'a été érigée qu'en 1810, soas Napoléon P^ Le rez-de-cliaussée de tous ces bâtiments est précédé d'arcades et oc(!upé par des cafés et des magasins. Les innombrables pigeons qui voltigent de toutes parts étaient autrefois nourris aux frais de l'Etat; maintenant, c'est le public qui en prend soin. — Il y a concert les dim., lundis, niercr. et vendr., on hiver l'après-midi de 2 h. '/» à ■* 11- V21 6" "^té le soir de 8 h. '/j 'i 1*^ ^i- 'A- I^i«n de plus beau que cette place au clair de lune.
Les trois piédestaux de bronze, richemeut décorés, qui supportent les mâts vénitiens devant l'église 8t-Marc, sout dus à Aless. Leopardi (1505). A dr., sur l'emplacement de l'anc. campanile de St-Marc, qui s'est écroulé en 1902, on procède à sa rééditication sur des fondations consolidées, et l'on espère que le nouvel éditice sera terminé en 1910. A g., à côté des Vieilles Procuraties, s'élève la tour de l'Horloge (Torre deW Oroloyio), construite de 1496 à 1499 et d'>nt la voûte sert d'entrée à la Merceria (p. 80, 101); elle a un grand cadran (1 à 21 h.), et dans le haut deux géants en bronze, qui sonnent les heures en frappant sur la cloche.
L'**église St-Marc {Sy, Marco; pL 115), construite pour y conserver les reliques de St Marc, patron de la ville, apportées d'Alexandrie par des Vénitiens, en 829, a pour noyau une basilique romane en briques commencée en 830 et restaurée dès 976 à la suite d'un incendie. Au milieu du xi*" s. commença une transformation dans le style byzantin, avec ce luxe d'ornementation presque oriental qu'on y admire toujours. Des additions gothiques faites à la façade, au xv<= s., lui donnent encore un aspect plus fantastique. Cette église, en forme de croix grecque, de 76 m. 50 de long sur 51 m. 80 de large à la façade, est surmontée de cinq coupoles. D'un bout à l'autre du bras antérieur règne un péristyle. Plus de 500 colonnes en marbre, la plupart provenant d'Orient, sont distribuées à l'extérieur comme à l'intérieur de l'église. De toutes parts aussi une grande profusion de mosaïques, dont la plus ancienne remonte au x« s., mais qui datent pour la plupart des xii'"-xvi<' s. Au-dessus du portail principal se trouvent quatre chevaux de bronze doré, hauts de 1 m. 60, que le doge Dandolo (p. 82) rapporta de Constantinople en 1204. — St-Marc était jadis l'église nationale de la République et le doge y apparaissait en grande pompe aux cérémonies religieuses des jours de fête; ce n'est qu'en 1807 qu'elle fut cédée à l'archevêque-patriarche (v. p. 104).
Le pâRiSTTLB (atrio; v. ci-dessus) est couvert d'une série de petites
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coupoles et de voûtes, dont les surfaces sont décorées de mosaïques, en partie du xm» s. et représentant des scènes de l'Ancien Testament; audessus de l'entrée principale, St Marc (1545). Les trois dalles ronges rappellent la réconciliation de l'empereur Frédéric Barberousse et du pape Alexandre III, qui eut lieu à cet endroit par l'entremise du doge Sébastien Ziani, en 1177. A remarquer l^s portes de bronse qui sont d'origine byzantine.
♦♦Intérieur (ouvert toute la journée). On est émerveillé aussi bien par la magnificence de son ornementation en mosaïque , marbre , or et bronze que par la beauté des grandes lignes et l'excellente perspective. Le pavé, en mosaïque de pierre, est du xii« s. Les mosaïques à l'entrée, au-dessus de la porte, représentant le Christ, la Vierge et St Mare, sont du xio s. Le pied du bénitier de dr. est décoré de beaux bas -reliefs antiques. A l'entrée de la nef latérale de g., un bas-relief byzantin (doré), la Vierge, du x« s. Dans la nef latérale de dr., près de l'entrée principale, le BAPTISTÈRE ( bcittistero) , où est le tombeau du doge André Dandolo (m. 1354), et la chapelle Zeno où se voient le grand monument du cardinal Giambattista Zeno (m. 1501) et l'autel, l'un et l'autre par Al. Leopardi et Ant. Lomhardo (ces deux chapelles sont fermées ; 25 à ,30 c. de pourb.). — Les mosaïques de la grande coupole centrale représentent l'Ascension de J.-C, et celles des arcades des voûtes au S. et à l'O., des scènes de la Passion (xii« s.). Le jubé est surmonté de quatorze statues de marbre (13P4) représentant St Marc, la Vierge et les Apôtres, et d'un crucifix doré. Au-dessus, à l'arc triomphal, des mosaïques d'après le Tintoret. — Dans le bras g. du transept: un bel autel de la Renaissance et deux candélabres en bronze, de 1520.
Le ciiŒUK a, des deux côtés, des bas-reliefs en bronze, rappelant la vie de St Marc, par Jac. Sansovino, à qui on doit aussi les quatre Evangélistes de la balustrade des stalles. — Le maître-autel («altar maggiore»), qui est surmonté d'un baldaquin en vert antique, soutenu par quatre colonnes en marbre ornées de bas-reliefs du xi« s., s'élève au-dessus des reliques de St Marc (p. 85). Sur l'autel lui-même est Iz. pala d'oro, ornement composé de plaques d'or et d'argent émaillées, avec pierreries ; exécutée en 1105 <à Coustantiuople , elle a été refaite au xiv« s. On peut la voir, sauf les jours de fête, de midi à 3 h.; la carte d'entrée (50 c. par pers.) est aussi valable pour le trésor (v, ci-dessous). Au fond de l'abside, un second autel avec quatre colonnes torses en albâtre. La porte de la sacristie, à g. de ce dernier autel, est en bronze et revêtue de bas -reliefs par Jac. Sansovi>w (1556); au milieu, la Mise au tombeau et la Résurrection de J.-C. ; à côté, des têtes des évangélistes et des prophètes. — La CRYPTE, où l'on accède de la sacristie, a été restaurée en 1901 et compte parmi les plus anciennes parties de l'édifice.
Le trésor {tesoro ; entrée, du bras dr. du transept, en sem. de 11 h. à 2 h, ; V. ci-dessus) contient, entre autres: un trône épiscopal du vu» s., des couvertures de missels byzantins, de précieux vases sacrés.
Lo TOUR DE LA GALERIE qui règne en haut de l'église, permet d'examiner les mosaïques de plus près. L'escalier est à g. du portail principal; entrée, excepté de midi à 2 h., 50 c. De là, on montera à la galerie extérieure pour voir les chevaux de bronze (p. 85).
La *Piazzetta (pi. H5-6) est contiguë à l'angle S.-E. de la place St-Marc et s'étend de là jusqu'aux lagunes. Le côté 0. est occupé par l'Ancienne Bibliothèque, celui de l'E, par le palais des Doges. On remarque du côté des lagunes deux colonnes en granit rapportées d'Orient, l'une portant le lion ailé de St Marc, l'autre St Théodore , l'ancien patron de Venise, On a de là un belle vue sur S. Giorgio Maggiore au delà du canal (p. 91). — L'*Ancienne Bibliothèque {LihreriaVecchia, auj. palais royal, v. p. 85), cons-
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trude ite 1536 à 1553 par Jac. Sansovlno, est un des plus beaux édilices profanes de l'Italie. Au bord des lagunes, entre la bibliotliè(|ue et le jardin royal, se trouve l'anc. Monnaie (Zecca), construite aussi vers 153() par Sausoviiio, et qui renferme dep. 1905 la bibliothèque de St-Marc (BibHofeca Marciaim); l'entrée est au n» 7 de la Piazzetta, sous les arcades. La salle d'exposition, au !'■"■ étage, contient de précieux manuscrits, des reliures, de vieux imprimés et est publitjue t. les j. de seni. de 9 h. à 11 h.
Le **palais des Doges, on palais ducal {Pal azzo Ducale; pi. H5), passe pour avuir été fondé vers 814, comme résidence du premier doge; rééditié après les incendies qui désolèrent la ville en 97(5 et en 1105, il a été remanié plus tard à diverses reprises et restauré de 1873 à 1879. La construction extérieure qui a, au rez-dechaussée et au l^"" étage, deux belles galeries gothiques superposées et qui est revêtue de marbre multicolore dans sa partie supérieure, date presque entièrement du xiv<= s. dans ses parties S., du côté de la lagune. La façade de l'O. , du côté de la Piazzetta, a été élevée de 1423 à 1428; les deux colonnes en marbre rouge, au milieu de la galerie supérieure, indiquent l'endroit d'oîi l'on proclamait les sentences de mort. L'ornementation des chapiteaux des colonnes de la galerie inférieure est extrêmement variée. Au-dessus du pilier du coin N. , un haut -relief, le Jugement de Salomon, qui, bien qu'endommagé , conserve tout son effet grâce à la supériorité de conception qui a préside à son exécution. A côté, le portail principal du palais, nommé Porta délia Carta parce qu'on y affichait les édits de la république; c'est une construction décorative du style flamboyant qui montre déjà l'influence de la Renaissance (les enfants qui grimpent dans les enroulements gothiques du fronton sont charmants). — Les bas-reliefs énigmatiques en porphyre, représentant des guerriers qui s'embrassent; à g., au coin de l'église St-Marc, le bloc de porphyre du haut duquel étaient lus les décrets de la république et les deux piliers devant le côté S. de l'église sont d'origine orientale.
Les façades tournées vers la *cour du palais ont aussi des galeries aux deux étages inférieurs et, malgré quelques réminiscences gothiques, montrent l'influence dominante du nouveau style. Celle de l'aile orientale, commencée en 1484 par Ant. Rizzo, dans le style du commencement de la Renaissance, est très riche et a un escalier en marbre; les étages supérieurs, avec fenêtres, ont été construits par Pietro Lombardo de 1499 à 1511. La petite façade dans l'angle N. -E. de la cour, de date un peu plus récente, est particulièrement bien proportionnée; celle du N. , comprenant la tour de l'Horloge et la tour d'angle (Torricella), encore à demi gothique et que décore une statue du maréchal duc Franc. -Marie d'Urbin (m. 1538), est plus ancienne. Au milieu de la cour, deux belles margelles de puits de 1556 et 1559.
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L'« escalier des Géants» (Scala dei Giganti), perroH qui tire son nom des statues colossales de Mars et de Neptune, par Jac. Sansovino (1554), et sur le dernier palier duquel avait lien le couronnement des doges, donne accès à
r*iNTÉKiEUR du palais des Doges (entrée, v. p. 81). Les jours de semaine, on monte directement au second étage par !'« escalier d'Or» (Scala d'OroJ, immédiatement à g. au delà de la caisse; c'était l'escalier d'honneur, construit de 1538 à 1577 sur les données de Jac. Sansovino, et réservé aux nobles (nobili) inscrits au «livre d'or». Les dim. et jours de fête, au contraire, il faut monter par la Scala dei Censori, plus loin dans la galerie, et dans ce cas on visite d'abord le l^^ étage (Primo Piano; p. 89). Les deux étages supérieurs contiennent les salles les plus magnifiques du palais, qui furent décorées à nouveau après le grand incendie de 1577: elles sont un brillant spécimen de l'art vénitien de la fin de la Eenaissance et baroque. On remarquera notamment les sculptures et dorures extrêmement riches des plafonds. D'innombrables peintures proclament la gloire de Venise et de ses doges, soit en des représentations historiques, soit eu des allégories chrétiennes ou mythologiques. Nous ne pouvons mentionner ici que les œuvres d'art les plus importantes.
Le second étage {Seconda Piano, sur le plan p. 87) comprend les salles de réunion des autorités de la république:
Vestibule carré (Atrio quadrato). Portraits de procui-ateurs et plafond leprcsentant le doge Priuli recevant le glaive de la Justice, par le Tintoret.
Salle des Qdatre-Portes, à dr. Décoration areliitectoniqiie de Palladio, de 1575. Au milieu du mur du côté de l'eutrée, le Doge Ant. Grimani à genoux devant la Religion, par le Titien. Au plafond, stucs de Sansovino et peintures du Tintoret.
Salle de l' Anticollège (Anticollegio), à g., en face du vestibule carré. Belle cheminée, d'après Vinc. Scamozzi. En face des fenêtres: Enlèvement d'Europe, par P. Véronèse. En outre, scènes mythologiques du Tintoret.
*Salle du Collège (Collegio), où se tenaient les séances du Conseil sous la présidence du doge. Plafond, par P. Véronèse: Venise sur le globe terrestre entre la Justice et la Paix. Au-dessus du trône, un tableau en mémoire de la bataille de Lépante (p. 83), aussi par P. Véronèse. Audessus de l'entrée et du côté de la sortie, à dr., quatre tableaux religieux avec portraits de doges, par le Tintoret.
Salle du Sénat, où siégeait le Sénat composé du doge, des membres du Conseil et des hauts fonctionnaires de la république. Au-dessus du trône, une Descente de croix, par le Tintoret. A côté, au mur de g.: le Doge Séb. Venier devant Venise, le Doge Cicogua béni par J.-C, Venise avec le lion de St Marc se détendant contre Europe assise sur le taureau (allusion à la ligue de Cambrai qui avait réuni le pape, l'empereur et les rois de France et d'Aragou contre la république, 1508), trois tableaux do Palma le Jeune; le Doge Pierre Lorédan invoquant l'assistance de la Vierge, par le Tintoret. Au-dessus de la porte de sortie, Jésus en gloire, par Palma le Jeune. — Au delà de cette salle (à dr. du trône), I'antichtesetta, ou vestibule de la chapelle des doges, renfermant deux peintures par leT'intoret. — Dans la chapelle fC/i/csc^nj, sur l'autel, une statue do la Vierge, par Tomm. Lomhardo (et non par Jac. Sansovino; 1536).
On rctraverse les salles du Sénat et des Quati-c- Portes, puis un vestibule à g.
Pal. des Doges. VENISE. J «• '3- 89
Salle du Conseil des Dix, où siégeaient les dis conseillers chargés de surveiller l'admiiiistration de tout l'Etat et d'où sortit au xvi» s. une redoutable inquisition. A remarquer au plafond: dans l'ovale, à dr. dans le fond, Vieillard qui appuie sa tète et une jeune femme, par /'. Vérouèsn. Une cloison en bois (eu vénitien «bnssola») sépare cette salle de son anc. antichambre,
la BALLE DE LA BoussoLE , dout la portc de sortie donne sur la Scala dei Censori. L'ouverture pratiquée dans le mur, à dr. à côté de la sortie actuelle, était alors cachée par une tète de lion en marbre, dont la Rucule ouverte (bocca di Leone) était destinée à recevoir les dénonciations anonymes.
Salle des Ch>;ks [dei Capi; à dr. de la précédente), où les trois chefs du conseil des Dis tenaient des séances secrètes.
De retour dans la salle de la Boussole, on descend l'escalier.
Le PREMIER ÉTAGE (Priiiio Plaii", sur le plan p. 87) comprend d'abord les salles de réunion du Grand Conseil (Ma^gior Consiglio, dont faisaient partie tous les nobles dès l'âge de -0 ans), qui ont une décoration analogue à celle du second étage, puis les appartements des doges, épargnés par l'incendie de 1577 et qui ont conservé aux plafonds, aux cheminées et à d'antres parties bien des restes de leur anc. ornementation du commencement de la Renaissance; ils sont transformés auj. en musée archéologique. Beaucoup de salles sont en cours de restauration.
Salle du Grand- Conseil (Sala del Maggior Consiglio), longue de 54 m., large de 25 m. et haute de 15 m. 40, et dont les murs et le plafond sont ornés d'un si grand nombre de scènes fastueuses de l'histoire de Venise que la visite en est presque fatigante. Les meilleures peintures du plafond sont: dans le grand ovale prés de la porte, la Gloire de Venise, par P. Véronèse, et dans le grand rectangle du milieu, le Doge entouré du Sénat recevant les délégués des villes soumises, par le Tintoret. — La frise est ornée des portraits de 7G doges, de 801 jusqu'en 1559; au mur du fond, entre le 1" et le .S» portrait, une plaque noire rappelant la décapitation du doge Marino Faliori (p. 83). — Au mur de l'E., le Paradis, grand tableau à l'huile de 7 m. de haut sur 22 m. de large, pai- le Tintoret (en restauration dep. 1904). — On a du balcon une belle vue des lagunes, avec les îles de St- Georges et de Giudecea. —Un passage, dont le.s fenêtres offrent une bonne vue sur la façade E. de la cour, mène à
la salle du Scrutin (Sala dello Scrittinio). où avaient lien les élections des doges , et qui est ornée de la même manière que la précédente. Vis-à-vis de l'entrée, un monument en rhonneur du doge Franc. Morosini (p. 83). Joli coup d'œil sur l'Ane. Bibliothèque (p. 8G).
Le MUSÉE akchéologique reuferme quelques tableaux, des sculptures de la Renaissance, des monnaies, des médailles, ainsi que des sculptures antiques, prises en grande partie par les Vénitiens dans leurs guerres. Dans la galerie d'entrée (Galleria d' Ingresso) se voient entre autres plusieurs bustes de dogea. — CUmera degtiScarlalti (anc. chambre à coucher des doges): à remarquer surtout le plafond du commencement de la Renaissance, la cheminée et deux bas-reliefs; plusieurs portraits et un bonnet de doges (corno ducale) du xvin» s. — Sala dello Sctido: vieilles cartes, entre autres, au long mur du N. , la célèbre mappemonde du moine Fra Mauro (1459). Dans les vitrines, des monnaies romaines et byzantines. — Puis trois salles à g.: la Sala di'i Busti. avec plafond du commencement de la Renaissance, belle cheminée et des bustes d'empereurs romains ; la Sala dei Bronzi, avec plafond et cheminée du xvi« s., de petites sculptures, des vases; enfin la Stanza degli Stucchi, décorée de stucs du xviii» s. et contenant des monnaies vénitiennes. — On passe dans la Sala dei Filosofl sur laquelle débouche immédiatement k dr. nu escalier, dont le raur, au-dessus de la porte, est décoré d'une fresque du
90 I- R- 1^- VENISE. Jardins Publics.
Titien, représentant St Christophe (1524). On traverse cette salle et parvient aux trois «chambres du Doge» (Stanze dél Doge): — dans la I" («chambre Jaune»), des sculptures vénitiennes de la Renaissance en bronze et en marbre; — dans la II« («chambre Grise»), des antiques, particulièrement trois Gaulois succombant, copies antiques d'après les groupes de statues qu'Attale, roi de Pergame fit ériger sur l'Acropole d'Athènes (v. p. 380); — dans la III» («chambre Bleue»), suite des marbres antiques. — On retraverse la Sala dello Scudo et entre à dr. dans la Stanza dei Bassorilievi, qui contient quelques fragments de beaux bas-reliefs grecs, des restes de sarcophages romains, etc.
On visitera enfin les Puits (Poszi), l'anc. prison des criminels politiques, où l'on descend du corridor par des escaliers (au-dessus de la porte, inscription «Prigioiii») situés entre la Scala d'Oro et la Scala dei Censori (p. 88). Ce sont d'effroyables et sombres cachots, avec chambre de la question et lieu d'exécution.
Le Môle {Molo; pi. H 6-5), large quai devant le côté S. du palais des Doges, est la principale station des gondoles (p. 79). A l'extréuiité E. du Môle, le jjoni de la Paille (Ponte délia Paglia) franchit le rio di Palazzo, qui baigne le côté E. du palais des Doges, de style renaissance. De ce pont on a un beau coup d'oeil sur le pont des Soupirs (Ponte dei Sospiri ; pi. H 5), qui relie le palais des Doges aux prisons (Prigioni criminali), construites de 1571 à 1597 dans le style rustique, par Giov. da Ponte, et servant encore aujourd'hui.