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II. Quai des Esclavons et quartiers de l'Est

Le quai des Esclavons (riva degli Schiavoni; pi. H 15), où abordaient jadis les navires marchands de Dalmatie, s'étend du côté S. de la ville sur une longueur de 600 m. à partir du pont de la Paille. La partie 0. est la plus animée. Ce quai est en hiver la promenade la plus ensoleillée de Venise. En face des prisons, S. Zaccaria, station des mouches (p. 80). — Au delà du premier pont (Ponte dei Vin; pi. H 5), s'élève une statue équestre de Victor- Emmanuel II, dont le socle est orné de figures allégoriques. Plus loin à l'E., l'église S. Maria délia Pietà (pi. 15), avec une façade neuve et un grand tableau par le Moretto dans le haut du chœur. — Ensuite, la station de bat. à vap. de Bragora (p. 80), pour S. Giovanni in Bragora, v. p. 91.

Le quai des Esclavons se prolonge par un quai plus étroit. Du pont tournant qui franchit le rio dell' Arsenale (pi. K 6), on voit, à l'autre bout du canal, la porte de l'arsenal (p. 91). En deçà de l'église S. Biagio, un monument rappelle le dévoûraent de la troupe lors de l'irruption de la mer en 1882. — Puis, la via Garibaldi, desservie par la station de Veneta Marina (p. 80), mène aux Janlins Publics, à l'é^itrée N. desquels s'élève une statue en bronze de Garibaldi. — On continue par le bateau jusqu'à la station des

Jardins Publics (pi. L7), parc crée en 1807, très fréquenté le soir et où se trouvent plusieurs cafés-restaurants et le palais de l'Exposition Artistique, destiné aux expositions artistiques internationales qui y ont lien tous les deux ans (1909, 1911, etc.).

s. Oiorgio Magg. VENISE. I- «■ /•'■ 91

— Ponr le Lido, v. p. 106 (prendre son billet avant Je s'embarqner; 10 c).

Près de la station de bateaux de Brao-ora ( v. p. 90), xine rue latérale mène à l'église S. Giovanni in Bragora (pi. 1 5), qui contient quelques tableaux de Ccwpaccio (entre autres, le Baptême du Christ, derrière le maître-autel) et de Paris Bordone (la Cène, au nuir de s.), l'iits au X., au delà de l'église S. Anlonio, la Scuola S. Giorgio degli Schiavoni qui a une façade renaissance de 1Ô.51 et de charmants tableaux de Carpaccio. — De la place près de S. Giov. in Bragora, en se dirigeant à l'E. par les calle Crocera, del Pestrin et la fondamenta dei Penini, puis en passant à S. Martini), on arrive à

l'arsenal (pi. KL5; entrée, v. p. 81), fondé par la république en 1104 et qui occupait aux xv«-xvie s. 10 000 ouvriers (actuellement 2500 à 3000). Il est entièrement entouré de murs crénelés et flanqués de tours. Porte du commencement de la Renaissance, datant de 1460 et précédée de quatre lions antiques d'origine grecque. Dans la cour à g., l'intéressant musée, près duquel on voit un monument du comte de Schulenboui'g rappelant l'héroïque défense de Corfou en 1716. Au l*"" étage du musée, des modèles de navires, entre autres celui du «Bucentaure» (Bucintoro), somptueux vaisseau de parade, du haut duquel les doges jetaient chaque année, le jour de l'Ascension, un anneau nuptial dans la mer comme emblème du mariage de Venise avec l'Adriatique; au 2^ étage, une belle collection d'armes.

Dans l'île située à l'E. de l'arsenal se trouve S. Pieiro di Castello (pi. M 5), église à dôme qui fut jusqu'en 1807 cathédrale du patriarche de Venise (v. p. 85).

m. Iles S. Giorgio Maggiore et Giudecca. Académie.

A S.Giorgio Maggiore, trajet en mouche (p. 80; ligne ii»2), ou en gondole (du Môle, v. p. 79; 1 à 2 pers. 15 c; 3 à 4, 20 c; 5 à 6, 30 c); de là, en mouche, à S. Croce, station pour l'église du Rédempteur; de S. Crocu par le bateau ou de S. Eufemia (pl. DE 7; à 8 min. à l'O.) par le bac (5 c.) on passe de l'autre côté du canal de la Giudecca, à la fondamenta délie Zattere et de là, en 5 min. à pied, à l'Académie. — Directement de la place St-Mai-c à l'Académie, à pied, en 10 à 12 min.

Au S. et en face de la Piazzetta, au S.-E. de la Dogana di Marc et à env. 450 m. de l'une comme de l'autre, s'élèvent, sur la petite ile du même nom, l'anc. couvent de bénédictins (auj. caserne d'artillerie) et la belle église *S. Giorgio Maggiore (pl. H 7). Cette église, con.struction à dôme commencée en 1565 par Palladio, a une façade à colonnes, terminée par Viiic. Scamozzi de 1602 à 1610. A l'intérieur (si la porte est fermée , sonner à dr.), qui est très beau, de médiocres tableaux du Tintoref, des stalles datant de 1598, et sur le maître-autel, un grand groupe en bronze par Girol.

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Campagna. On monte au campanile, haut de 60 m., par un bon escalier de bois (entrée à g. du chœur; 30 c. au bénédictin qui ouvre). La *VUK panoramique dont on jouit par un temps clair, surtout dans les premières heures de la matinée ou un peu avant le coucher du soleil, est des plus grandioses: elle s'étend sur la ville et les lagunes, où des pilotis curieusement groupés entourent les nombreux bancs de limon qui empêchent la navigation; on découvre aussi la mer Adriatique, au N. les Alpes et à l'O. les collines Euganéennes (p. 110).

Dans l'île voisine, la Giudecca, on remarque l'église du Rédempteur {il Redentore; pi. F 8), anc. église des franciscains. ("est également une œuvre très vantée de Palladio, construite de 1577 à 1592; elle a un dôme et une façade à colonnade. L'intérieur (30 c. au père franciscain qui ouvre), à une seule nef, est très beau : au maître-autel, des bas-reliefs en marbre de Gius. Mazza et des statues en bronze par Girolamo Campagna; dans la sacristie, des tableaux de Bellini.

De l'autre côté du canal de la Giudecca, la fondamenta délie Zattere (pi. E 7) ; la stat. des bateaux (p. 80) est tout près de l'église i Ges^iati, renfermant des tableaux de ïiepolo. Du côté E. de cette église, la rue dite rioterrà di S. Agnese mène à l'Académie.

Pour aller à pied de la place St-Marc à l'Académie, suivre l'enfilade de rues animées et bordées de nombreux magasins, qui part de l'angle S.-O. de la place et comprend la calle Ascensione (à g., la calle Vallaresso qui mène à la stat. de bateaux de S. Marco ; p. 80, 95) et la salizzaua S. MoisÈ (pi. G 6), où se voit l'église S. Moisè, de style baroque et datant de 1668; puis, au delà du pont, à g., le restaurant Bauer-Grilnwald ; on continue tout droit par la calle Larga Ventidue Marzu et franchit le Ponte délie Ostreghe; on passe à l'église S. Maria Zobenigo (pi. F 6), construite de 1680 à 1683, traverse le campo Morosini où s'élève à dr. l'église S. Stefano, de style gothique, puis le campo S. Vitale (pi. E 6) ; enfin par le pont de Fer (p. 96), sur le Grand Canal, on parvient au campo det.la Cauità (pi. E6: stat. de bat. de l'Académie, p. 80).

L'* Académie des Beaux- Arts (pi. E 6), dans le bâtiment (le l'auc. confrérie de S. Maria délia Carità, possède une galerie comprenant 700 tableaux, presque tous d'artistes vénitiens, une vraie profusion de chefs-d'œuvre à côté de beaucoup de toiles médiocres. On entre par la porte presque en face du pont, à dr., sous la Minerve avec le lion, passe à la caisse à dr. et monte au premier. Heures, V. p. 81. Le double escalier aboutit à la

I™ SALLK («dei Maestri primitivi»): tableaux des xiv'^'-xv<^ s., en partie dans de beaux cadres du temps; beau plafond en bois sculpté et doré, datant du xv« s. De là, très bon coup d'œil sur le groupe supérieur du tableau du Titien dans la salle suivante.

Académie.

VENISE

II» SALLE. *-IO, le Titien, l'Assumptiuii (« Assiinta»), peinte de i lâltjà 1518, pour le inaitre-aatclde lï-glisc des Frari (p. 102): en haut, j la Vierge, le visaj^e transfiguré et entourée d'un chœur d'anges exul- ' tants, s'élance vers le ciel, océan de lumière d'or; en bas, les Apôtres extasiés et pénétrés de la sainte terreur qu'inspire la présence de Dieu. — A la paroi de l'entrée : à dr., 44, Vitt. Carpaccio, Présentation au tcnipïo; à g., 3(5, Ciina (la Coiieyliano, la Vierge sur un trône, des saints et des anges. En haut, 45, Paul Véronèse, Gérés offrant ses dons à Venise assise sur un trône. — Au mur de ^. : 37, P(rat~Vrronêse^ IdTiergc sur un trône et des saints; *38, Giov. Bellini, la Vierge sur un trône, St Sébastien, St Dominique et un évêque. Job, St François et St Jean-Baptiste ; 39. Marco Basaiti, Vocation des tils de Zébédée, Jacques et Jean (1510). — Au mur de dr. : 42, le Ti?itoret, St Marc délivrant un esclave (1548). — On monte ensuite dans la

III"= SALLE. Du côté de l'entrée: 62, Rihéra, Martyre de St Barthélémy. — En face: 56, le Garofalo, Vierge en gloire. — Ou passe i g. dans la IV* sallk, celle des dessins expusés dans des vitrines. — On repasse par la III« salle pour aller dans la

V* SALLE. Du côté de l'entrée: 69, Basaiti, Jésus au jardin des Oliviers (1510); au long mur de g., 106, Rocco Marconi (?), Descente de croix. — Par la 1'* porte à dr. dans la VI« sallk: 176, A. van Dyck, le Christ en croix. — VU" salle. Au milieu: *Palma le Vieux, Sainte Famille avec St Jean- Baptiste et Ste Catherine.

— VIII* salle: Flamands. — De la V* salle ou monte dans la

IX« salle. Mur transvei'sal de dr. : *203, Paul Véronèse, Jésus chez LéxLiinniense tableau de 12m.

30 de large sur 5 m. 70 de haut, œuvre capitale de ce maître (1573), qai dans le cadre de cette scène biblique repré.sente de beaux per- ; sonnages pleins de vie et de fierté.

X* SALLE : cinq tableaux de Boni fazio; à remarquer Buxtout^ au long mur de g., n" 291iJeFêflliiLdu riche, tableau exquis qui nous introduit dans la vie d'un Vénitien .

de condition. — Au mur diifond*,'' dans une niche : modèle du groupe d'Hercule et Lichas, par Canova V. p.335). — Au long mur de dr.: *400,/e Titien, Pictùi 1576), sa dernière œuvre que la mort l'empêcha d'achever et qui fut terminée par Palma le Jeune; il faut regarder ce tableau à une certaine distance

PaolûTpronesc

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afin d'y voir toute la grandeur pathétique du groupe de Marie avec le corps du Christ, à dr. Joseph d'Arimathie, :'i g. Ste Madeleine. *320, Paris Bordoiie, le Pêcheur remettant au doge l'anneau de St Marc, excellent tableau de cérémonie. — Du côté de l'entrée: 316, le Pordevone, St Laurent Justinien, St Jean-Baptiste, St François et St Augustin; 272, Franc. Turhido, Vieille femme. — De là on passe dans la grande galerie appelée

Loggia Pallauiana, de laquelle on entre d'abord, par la !■■'= porte de dr., dans la XP salle, celle des Bassan, puis par la dernière porte à dr., au fond, dans la XIV"= salle: 462, G.B. Tiepolo, Invention de la Ste-Croix par Ste Hélène. — La XIIP salle (à la suite) contient des portraits au pastel de Rosalha Curriera et quelques scènes d'intérieur, par Pietro Longhi, représentations intéressantes de la vie vénitienne au xviii^ s. — XII« salle: 643, Luca Giordano, Descente de croix.

On traverse ensuite deux corridors; de la dernière fenêtre du second, à g., joli coup d'œil sur la façade de la cour du couvent de la Caritcà (p. 92). — A dr., la

XV« salle. Tableaux de la Scuola S. Giovanni Evangelista, ayant pour sujet les miracles de la vraie croix: à g., 563, Geidile Bellini, Guérison d'un malade; 566, Vitt. Car])accio, Guérison d'un fou, avec le vieux pont du Piialto à l'arrière-plan; 567, 568, Gent. Bellini, Procession sur la place St-Marc (1496; peinte avant la construction des Nouvelles Procuraties); Découverte miraculeuse d'un morceau de la vraie croix tombé dans le Grand Canal.

XVI« salle. 572-580, *neuf scènes de la vie de Ste Ursule, peintes de 1490 à 1495 par Viit. Carpaccio, intéressantes par la reproduction iidèle de la vie extérieure. Elles représentent la proposition de mariage faite par les envoyés du prince païen au roi Maurus, père de Ste Ursule; le pèlerinage à Rome, auquel le prince païen prend part lui aussi; la bénédiction du pape; le retour et le martyre de la sainte à Cologne. — Passant ensuite par le vestibule voisin, on entre tout droit dans la

XVII" SALLE. Au milieu, Dédale et Icare, groupe en marbre par Canmm. Aux murs, chefs-d'œuvre de la tin du xv" s. Du côté de l'entrée, à g., 658, Cima da Coneyliano^ Vierge trônant. Au mur de g., *o88, Maniegna, St Georges, de composition grandiose et (in comme une miniature; 607, Alvise Vivarini, la Vierge sur un trône et des saints. Petit mur du fond: 590, Ant. du Messina, la Vierge en prière. — Au long mur de dr. : 600, Boccaccio Boccacci))o, Vierge et quatre saints, dans un beau paysage ; 611,592, Cimada Cuxegliano, le Christ et l'apôtre St Thomas; Tobie avec l'ange et deux saints.

XVIII^ SALLE, à la suite, avec d'excellents *tableaux de Giov. Bellini: à g., 612, 583, Vierges; 595, Allégories, en partie avec de charmants paysages, œuvres de vieillesse; an mur du fond: 613, les Stes Marie, Madeleine et Catherine ; 596, la Vierge « aux deux arbres »

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(1487); 610, la Vierge, St Paul et St Georges (apr. 1483); du côté des fenêtres: 87, tête du Christ; au mur d'entrée, 594, Vierge dans un beau paysage. — La XIX*^ sallk, à l'E., à côté de la XVII'', contient: dans la l"'*' travée, 314, le Titiet), St Jean-Baptiste dans le désert; dans la 2«, des portraits par le Moretto et le Tintoret. — Rentré dans le vestibule, on descend l'escalier à g.

XX* SALLE, l'anc. hôtellerie du couvent (p. 92). On y voit encore des lambris et un plafond en bois sculpté et doré du xv'^' s. En face de l'entrée: *626, le Titien, la Présentation, peinte en lô39, remise à son anc. place en 1896. C'est une composition admirable par ses groupes de gens du peuple bien caractérisés et la beauté de ses ligures. Au mur de dr. : 625, Aiit. Vivarini et Giov. Alemanno, la Vierge sur un trône avec les Pérès de l'Eglise, œuvre capitale de la vieille école vénitienne (1446).

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