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Quartiers du sud- est

La VIA Agostino Depretis (p. 251; pi. F G 3-4; tramw. n" 11) se dirige en ligue droite de la via Nazionale au S.-E. vers la place de l'Esquilin et le chœur de Ste-Marie-Majeure. En tournant à dr. dans la via Urbana, en deçà de la place de l'Esquilin, ou arrive bientôt à l'église

Ste-Pudentienne {S. Piidenziana: pi. 6 4). La légende en fait la plus ancienne de Eome ; elle aurait été construite sur l'emplacement de la maison que St Pudent habitait avec ses filles Praxède et Pudentienne, et où il donna l'hospitalité à St Pierre. Elle a été restaurée dernièrement. La façade est ornée de mosaïques modernes; l'anc. portail à colonnes a été aussi restauré. Joli campanile du ixe s.

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I/iNTÉRiEUR (ouvert le matin jusqu'à 9 h., le dim. jusqu'à 10 b.; plus tard, il faut s'adresser au sacristain, de 1 h. à 4 h., via Urbana, IBl) est divisé en trois nefs; ou voit encore dans les piliers les colonnes de marbre antiques. Les *moHdiqties de l'abside (390 apr. J.-C), le Christ, les apôtres et deux saintes femmes, avec un fond d'architecture, comptent parmi les plus belles de Rome, mais elles ont été fortement restaurées dans la partie de dr. L'autel à l'extrémité du bas côté de g. renferme les restes d'une table sur laquelle St Pierre aurait dit la messe. Au-dessus, un groupe en marljre, le Christ et St Pierre, par G. /î. délia Porta.

Sur la PLACE HE L'FlsyuiUN (pi. (J 4), au delà de la via Cavour (p. 256; tramway n° 2), qui coupe la place et mène de la gare au forum Romain en p;issant entre le Viminal et l'Esquilin, se dresse un obélisque antique, haut de 14 m. 80, l'un des deux qui s'élevaient jiulis auprès du mausolée d'Auguste (p. 257). Derrière cet obélisque est le chœur de Ste-Marie-Majeure.

La façade de l'église est tournée du côté de la place Ste- Marie-Majeure (tramw. n^'S, 10 et 11), où il y a une belle colonne provenant de la basilique de Constantin (p. 287) et surmontée d'une statue en bronze de la ^'ierge (commencement du xvi« s.).

*Ste - Marie - Majeure (S. Maria Maygiare; pi. G 4) est la plus grande des 80 églises de Rome .sous le vocable de la Vierge. D'après une légende qui ne remonte toutefois qu'au xiii'' s., la Vierge apparut une nuit au pape Libère (352-36(J), auquel elle ordonna de lui élever une église à l'endroit où il trouverait de la neige fraîche le lendemain matin, 5 août. Celle qu'il bâtit, la basilique Libérienne ou N.-D.-des-Neiçfes , fut remplacée, sous Sixte III (432-440), par une autre, qui subit au xiif" s. nombre de transformations. A partir du xv"" s. on entoura d'uu manteau renaissance tout l'édifice du moyen âge. Sixte V et Paul V ajoutèrent en 1586 et 1611 les deux grandes chapelles latérales à coupoles. Clément X donna sa forme actuelle à l'extérieur de l'abside.

La façade est sur les plans de Fuga (1743). Aux cinq portails du portique correspondent trois portes donnant entrée dans l'église, plus une porte murée à g., la «porte sainte» (v. p. 310), et une fausse porte à dr. La loggia a un escalier sous le portique (à g.), mais il faut se faire ouvrir en haut ; elle contient les mosaïques de l'ancienne façade, de la fin du xiii^ s.

L'intérieur de l'église, à trois nefs, bien qu'élargi par des coustruetious postérieures, a conservé jusqu'à nos jours l'aspect de la vieille basilique du temps de Sixte III; l'ensemble présente un coup d'oeil brillant et m.'ijestueux. Le pavé de la nef principale date du milieu du xii«s. ; le magnifique plafond, richement doré avec le premier or venu d'Amérique, est de 1493-1498. 40 colonnes iouiques, dont 30 en marbre et 4 en granit, supportent l'architrave ornée de mosaïques. Au-dessus de l'architrave et sur l'arc triomi)hal se trouve une série de viOHa'iqves du v« s.; elles sont encore dans le genre antique (il n'y a qu'un petit nombre de ces mosaïques qui aient été restaurées; c'est le matin qu'elles sont le mieux éclairées). Celles de l'arc paraissent avoir rapport à la maternité divine de Marie: Annonciation, Enfance de Jésus, Massacre des Innocents, etc. Sur les parois latérales, on voit à g. l'histoire d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, à dr. celle de Moïse et de Josné. — Le maitre-aiitei, cnve de porphyre

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antique, renferme le corps de l'apôtre St Mathias et d'autres reliques. Le baldaquin est supporté par quatre colonnes de porphyre. Sous le maître-autel est la Confession de St-Mathias, chapelle qui est richement décorée. Ou y consei"ve cinq petites planches de la crèche (presepe) où fut déposé l'enfant Jésus. Entre les escaliers qui y descendent, une statue à genoux de Pie IX (m. 1878). — L'abside a des mosaïques de 1295: le Couronnement de la Vierge et des saints; à côté, le pape Nicolas IV et le cardinal Jacques Colouna.

A l'entrée de la nef principale, à g., le tombeau de Nicolas IV (m. 1292), à dr. , celui de Clément IX (m. I(i(j9). — Bas côt*; de dr., 1" chapelle, baptistère, avec un beau bassin de porphyre antique, servant de fonts. La chapelle du Crucitix a dix colonnes de porphyre. — Dans le BRAS DR. DU TRANSEPT, la magnifique CHAPELLE SixTiNE, coustruite sous Sixte-Quint par Dom. Fontana et aujourd'hui magnifiquement restaurée. Dans une niche à g., un tableau d'autel, St Jérôme, de l'Espagnolet (Ribéra). A dr., occupant tout le mur, le tombeau de Sixte -Quint (m. 1590). A g., celui de Pie V (m. 1572). — A l'extrémité du bas côté de dr., le tombeau gothique d'un cardinal Consalvo (Gunsalvus, m. 1299).

Dans le bras g. du transept, vis-à-vis de la chapelle Sixtine, est la CHAPELLE Borghèse, Construite en 1611 par Fkiminio Poiizio, également avec une coupole. Sur le maître -autel, richement décore de lapislazuli et d'agate , une image miraculeuse de la Vierge , très ancienne, portée en procession à travers la ville dès 590, par Grégoire I»'. A g., le tombeau du pape Paul V (m. 1621); à dr., celui de Clément VIII (m. 1605).

— La CRYPTE renferme les sépultures de la famille Borghèse.

Dans la petite via S, Prassede, au S. de Ste-Marie-Majeure , est imc entrée latérale de l'église

Ste-Praxède {S. Prassede; pi. G 4), dédiée à la sainte de ce nom (v. p. 252). Elle a été construite en 822 par Pascal l"" et mal restaurée en dernier lieu en 1869.

L'intérieur, qui est à trois nefs, a 16 colonnes de granit et 6 piliers supportant des arcades. Les mosaïques qui ornent l'arc triomphal et l'arc de l'abside, témoignent de la décadence de l'art au ix« s.; elles représentent la Jérusalem nouvelle gardée par des anges, le Christ, des anges, des saints, des anciens et des symboles chrétiens. — La S" chap. dans le bas côté de dr. est la chapelle St-Zénon, qu'on se fait ouvrir par le sacristain: à l'entrée, deux colonnes de granit noir avec entablement antique ; les mosaïques sont aussi du ix» s. ; dans une niche de la chap., un fragment de la colonne à laquelle J.-C. fut attaché pour être flagellé.

— Au milieu de la nef principale, un orifice de puits en marbre désigne la place où Ste Praxède cachait les restes des martyrs. — Le sacristain a aussi la clef de la confession.

De la place Ste-Marie-Majeure partent, au S. -E., deux rues principales: à dr., la via Merulana qui mène à St-Jean-de-Latran (p. 303; tramway n" 4); à g., la rue Charles-Albert (tramw. n°8). Une rne transversale conduit à dr. de la rue Charles- Albert à l'église SS. Vito e Modesto et à l'arc de Gallien (pi. H 4), érigé en l'honneur de cet empereur par M. Aurelius Victor en 262. C'est près de là, de l'autre côté de la rue Charles-Albert, que se trouvaient dans l'antiquité les jardins de Mécène.

La rue Charles-Albert débouche sur la place Victor-Emmanuel (pi. H 4-5; tramways n"» 8, 10, 11 et 12), disposée en square. A g. se voient les restes considérables d'un ancien réservoir de YAqua Jalia (pi. H 4), qu'on appelle sans motif <>■ trophées de Marias*

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(v. p. 272). A côté, la jjorte Magique de l'anc. villa Palombara, avec des formules cabalistiques du xvn« siècle.

De la place Victor- Emmanuel , le tramway n" 12 conduit à l'église Sie-Bibiatie et à Va porte St-Laure.iit (pi. 1 4), l'anc. Porta Tiburtina. La nouvelle route sort de la ville par une brèche pratiquée à côté de la porte, passe au milieu de hautes maisons de rapport assez négligées et mène en '/^ d'h. à St-Laurent-hors-les-Murs.

*St-Laurent-hors-les-Murs (^S*. Lorenzo fuoi-i le mura; V. pi. K3) est une basilique qui a été fondée par Constantin le Gr., transformée aux vi"" et xiii^ s., et entièrement restaurée de 1864 à 1870. C'est une église patriarcale et l'une des «sept églises de Kome» que visitent les pèlerins (v. p. 237). La façade est décorée de peintures modernes. Le portique a six colonnes antiques.

L'isTÉRiKCK est divisé eu deux parties. L'éolise antékikuke, la uiuius aueieuue, remonte priucipalemeut à Honorii/s III (1216-1221); elle a trois nefs, avec 22 colounes antiques inégales, eu grauit et en eipolin. Le mur au-dessns est orné de fresques modernes, représentant des scéuse de l'histoire de St Etienne et de celle de St Laurent. Le pavé remonte au xu» s. A dr. de l'entrée, un baldaquin du moyen âge, sous lequel est ]>lacé un sarcophage antique, qui renferme le corps du card. Fieschi (1256). Dans la nef centrale, deux anciens ambons dans le style des Cosmas, celui de dr. pour l'évangile (à cote, un c<iudclabi'e eu spirale poiu' le cierge pascal), celui de g. pour l'épître (xii« s.). A l'extrémité du bas côté de g., un esKilier de 13 marches descend à g. à une chapelle et aux catacombes.

A cette construction d'Honorius se rattache à l'E. la viEibi.K kolise de IVlage II (578-590), dont le pavé est environ 3 m. plus i)as. Douze superbes colounes cannelées eu pavonazzetto, avec des chapiteaux corinthiens, supportent une architrave composée de fragments antiques et uue tribune avec d'élégantes colounes plus petites. L'arc triomphal^est décoré de mosaïques du temps de Pelage II (restaurées), les premières qui trahissent l'influence byzautiue à Rome: au milieu, le Christ; à dr., bt Pierre, St Laurent et Pelage II; à g., St Paul, St Etienne, St Hippolyte. Le baldaquin date de 1148, mais sa partie supérieure est moderne. Au fond du chœur est un beau trône épiscopal (1251) dans le style des Cosmas. — En descendant uu des escaliers, on arriv^e dans les bas côtés de l'église de Pelage. La nef principale est en partie occupée par la crypte, dont l'entrée est dans le haut, et en partie par les colonnes modernes en marbre, qui supportent le pavé du chœur. Derrière, dans le vestibule de l'église primitive, le tombeau de Pie IX (m. 1878). Ce vestibule est richement décoré de mosaïques, d'après L. Seitz;le tombeau se compose d'uu sarcophage de marbre entouré d'une grille, dans une niche peinte dans le genre des CatJicombes.

Le beau cloItre (chiostro), de style roman , n'est accessible qu'aux hommes.

A côté de l'église est le Campo Verano, cimetière (pi. K 3), où il y a sur la hauteur uu monument érigé en souvenir des combattants tués à la bataille de Meutana, où Garibaldi fut vaincu en 1867. Belle vue de cet endroit sur les moutagues et la Campagne.

On visitera encore dans le quartier au S. -E. uk la place Victor-Emmanuel: le prétendu temple de Minerve Medica {^\. 15), nympbée antique du 111*= s. apr. J.-C, et Va porte Majeure ou Porta Maggiore (pi. K5; tramway u° 10, v. p. 22«), primitivement un arc de l'aqueduc de VAqua Claudia, mais transformé en porte de

Bsdeker. lUlie. 3« édit. 17

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l'enceinte par Aurélien. Deux routes partaient de cette porte dans l'antiquité: à g., la voie Prénestine; à dr., la voie Labicane, appelée aujourd'hui via Casilina. On a trouvé hors de la porte, entre ces deux voies, le curieux tombeau du boulanger Eurysacès, des derniers temps de la Eépublique, avec une inscription. Il est fait de pierres qui ressemblent à des boisseaux placés les uns sur les autres; les bas-reliefs sont relatifs au métier du défunt. — Ste-Croixde- Jérusalem (S. Croce in Gerusalemme; pi. K6), une des «sept églises de Rome» (p. 237), est entièrement modernisée. A côté, les restes de l'antique ampldtheatrum Castrense.

De l'angle 0. de la place Victor - Emmanuel, part la via dello Statuto qui se dirige à I'ouest vers la via Cavour (p. 253). A la croisée de la première rue et de la via Merulana, menant à St-Jeande-Latran, se trouve à g. le palais Field-Brancaccio, édifice moderne (stat. des tramways n°» 4, 11 et 12). On continue tout droit par la via Giovanni Lanza. Au carrefour de cette dernière et de la via S. Martine, s'élèvent deux tours du moyen âge. Un perron conduit à g. à l'église St-Martin-des-Monts (S. Martino ai Monti; pi. G 5), basilique à trois nefs entièrement modernisée. A l'intérieur, vingt-quatre colonnes antiques; dans le bas-côté de dr., paysages à fresque de G. Poussin, avec des scènes de l'histoire de St Elie.

Plus loin dans la via Cavour, à g., un escalier qui mène à

St- Pierre -aux -Liens (*S'. Pietro in Vineoli; pi. F 5), basilique très ancienne, mais plusieurs l'ois restaurée et entièrement modernisée. On y remarque surtout le MoLse de Michel- Ange.

Cette église est ouverte le matin jusqu'à 11 h., le dim. jusqu'aprùs midi, et le soir après 3 h. ; si elle est fermée, sonner à la porte de g., n° 4 (50 e.). Elle est à trois nefs, avec vingt colonnes doriques antiques. A g. de l'entrée principale, à un pilier, le tombeau d'Antonio et de Piero Pollaiuolo (m. 149S), artistes florentins; la fresque dont il est surmonté rappelle la peste de 147C>. — Dans un coin du bas côté de g., contre le mur, le tombeau du cardinal Nicolas de Cusa (de Cnes sur la Moselle; m. 1464). Au 2» autel de g., une mosaïque du vii« s., St Sébastien (barbu). — Dans le bras dr. du transept, le tombeau de Jules II (m, 1513), par Michel- Ange, qui d'après un projet conçu avant la mort du pape voulait en faire un monument à deux étages, isolé de toutes parts, qu'il destinait à l'église St-Pierre; ce monument rapetissé et manqué fut élevé ici en 1545. Au milieu, le principal ornement de ce tombeau: *'^2foi8e, figure colossale du législateur des Hébreux, irrité de leur idolâtrie ; d'après le plan primitif, ce Moïse devait avoir plusieurs pendants de même grandeur. A part le personnage principal, il n'y a plus de Michel-Ange que les statues de Racliel, à g., et de Léa, à dr., symboles de la vie contemplative et de la vie active, et encore ne sont-elles pas entièrement de sa main. La figure disgracieuse du pape, qui d'ailleurs n'est pas inhumé en cet endroit (v. p. 311), le Prophète et la Sibylle, à côté, sont de ses élèves. — Dans le cuœur, comme trône pontifical, un siège de baiu antique, en marbre. — Un reliquaire sous le maître-autel, avec des portes de bronze (1477), renferme les chaînes de St Pierre, qu'on montre au peuple le l»"- août.

L'anc. couvent des Canonici regolari, à côté, est maintenant occupé par l'école royale d'application du génie.

//. Prêt du Tibre, rive g. ROME. III- H- »7. 257

//. Quartiers près du Tibre sur la rive y.

La partie de Rome qui s'étend eutre les collines et le Tibre est la /l'orne du moyen âge et de la Renaissance; ces quartiers, percés d'un tiédale de rues et ruelles plus ou moins étroites, ont nombre d'églises

continuait par la via Flaminia (p. 340). La ]iartie la plus resserrée est traversée par le cours Victor-Emmanuel (p. 267), de création réceute.

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