‹ L'Italie des ItaliensChapitre 3 sur 20 · TRISTESSE · texte numérisé non relu

TRISTESSE

Je soutiens sans fléchir ma secrète infortune; Mais mes larmes la nuit, tombent une par une, Et l'avide regard de mon sombre ennemi Dans mes tourments secrets ne plonge qu'à demi. Quand mon front soucieux se couronne de roses, Comme Von voit des fleurs sur une tombe écloses; Mon visage pâli ruissellerait de pleurs, Si je ne savais mettre un masque à mes douleurs. Ce masque, c'est l'orgueil; jamais tu ne devines, Monde vain et léger, le dur fardeau d'épines Qui fait saigner mon front tranquille et souriant, Et tu me crois heureuse et tu vas m'enviant. Qu'on ne me blâme pas d'une stoîque feinte ; Car pour moi mon orgueil e-st une armure sainte, De l'espérance morte il demeure vainqueur; Joyau de fiancée enfoui dans mon cœur.

Opale aux purs rayons dont je cache la flamme, Reste en moi, mon orgueil ! tu raffermis mon âme.

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