Vasari, VII
les cardinaux, et les papes, vous tourmentent par les requêtes qpe leurs lettres vous adressent, de retourner à la cour, afin de lorner à nouveau par votre présence; mais votre jugement me paraîtrait bien étrange, si vous cherchiez à quitter le nid de la sécurité pour la couche du péril, en laissant les sénateurs vénitiens pour les prélats courtisans. Il faut pardonner à ceux-ci de vous éperonner de la sorte : ils le font parce que vous êtes apte à restaurer les temples, les statues et les palais de là-bas : ils ne voient jamais l'église des Florentins *, que vous avez élevée sur le Tibre, à la stupéfaction de Raphaël d'Urbin, d'Antonio da San Gallo et de Balthasar de Sienne, ils ne passent point devant San Marcello *, votre œuvre, ni devant les figures de marbre, ni devant la sépulture d'Aragon, le tombeau de Santa Croce, et de TAginense' (dont peu sauraient fournir les éléments), sans soupirer sur l'absence du Sansovino. Mais ils resteront privés de vous! Qui ne loue les réparations perpétuelles par lesquelles se soutient l'église de Saint-Marc *? Qui ne s'étonne à voir l'appareil corinthien de la Miséricorde'? Qui ne reste
1. San Giovanni Batlista; pour l'érection de laquelle le Sansovino l'avait emporté sur Raphaël, Antonio da San Gallo el Balthasar de Sienne (Vasari, VII, 498), Palustre, VArch. de la Renaissance, p. 57 et suiv.