LA RENAISSANCE ET LA VIE PRIVÉE
plongé dans ses réflexions devant Touvrage rustique et dorique de la Zecca *? Qui ne s'oublie à regarder le travail de moulures doriques, que sur le fond d'ionique, avec les ornements nécessaires, vous avez entrepris de faire contre le palais de la Seigneurie. Quel bel aspect offre l'édifice, de marbre et pierres mélangés •!... »
L'Arétin aimait son siècle : « Si notre temps était bon, autant qu'il est beau, nous n'aurions rien à envier à l'excellence des temps passés, nous ne douterions point des inventions à venir. Nous avons vu tous les arts au comble des miracles, et toute chose parvenir à la grandeur. » La Renaissance imprimait à tous les objets comme à tous les arts, aux ouvrages les plus menus aussi bien qu'aux plus vastes monuments, le caractère d'élégance et de fantaisie, qui fait d'un vulgaire ustensile ou d'un meuble ordinaire, un joyau de musée. Tandis que le Rosso, avant de travailler pour le roi de France, peignait à l'Arétin, dans son palais, l'histoire de Mars et Vénus ', les moindres présents que l'on offrait à l'écrivain portaient la marque de l'art le plus raffiné. Des ciseaux, qui peut-être servaient à décacheter les lettres que Titien avait écrites de Mantoue, ou bien encore à lui couper quelque