Lett,, 11, 190, 191. — Ridoifi, I
luer son image et son illustre nom ». Seulement, que le modèle de Titien veuille bien envoyer une cuirasse, un casque, deux beaux brassards à la dernière mode, enfin « armure belle et blanche », afin que Titien s'en serve pour les accessoires du portrait qu'il fait pour le marquis del Vasto *.
L'Arétin n'était pas joueur ; du moins il le prétend. Il remercia néanmoins le Padovano, enlumineur de tarots, frère du peintre Alessandro. Il avait reçu de lui des cartes merveilleuses, rehaussées d'or et d'argent. « Je me suis, disait-il, réjoui jusqu'à présent de ne point jouer; mais maintenant je m'en afflige, à voir de si belles cartes. » Le chef-d'œuvre du « Michel-Ange des tarots » ne fut pas perdu pour tout le monde. L'Arétin était entouré par une cour de personnes qui ne dédaignaient point les cartes. « Je me suis laissé ravir ces cartes incomparables, ces tarots divins, par certaines nymphes, non moins courtoises que galantes; et, lorsque j'eus fait ce troc avec elles, elles s'en sont délectées, durant ces chaleurs excessives*. » Les « nymphes » de cette eau furent, de toute éternité, passionnées pour les tarots.
Leone Leoni, qui n'avait pas fait parler de lui depuis qu'il séjournait à Rome, venait de brusquement commettre un attentat. Jacopo Giustiniani s'empressa d'écrire à l'Arétin tout le détail de cet assassinat sur la personne de Pellegrino de' Lenti,