JULES ROMAIN
cour, de prendre avec son crayon incomparable le contour de voire rare image, à celte fin que je la puisse faire peindre par lui en ma chambre pour la révérer comme celle des Saints. » Cela était moins platonique assurément que les salutations données, au nom de TArétin, à Don Lope de Soria *, par le peintre impérial. En octobre, Titien était revenu prendre sa place dans le triumvirat. L'Arétin se consolait de n'avoir pas été convié à Milan, et faisait passer celle légère disgrâce en régalant Titien et Sansovino avec les fenouils dont rhistoriographe Pigna avait envoyé, de Ferrare, un vase copieusement empli *. L'Arétin prenait plaisir à ces petites fêtes; il laissait un peu chômer sa plume, sauf pour ramener à tout propos les noms de ses amis et protégés, en bonne place, môme quand il composait des vers d'amour sur la commande de Don Diego de Mendoza '.
Vasari se mettait toujours plus avant dans les bonnes grâces de TArélin; il lui donnait des portraits; il peignait aussi son portrait pour Franccsco Ruscellai; il répandait les sonnets et les lettres de l'écrivain *. L'Arétin faisait rayonner autour de Venise ses invitations, ses demandes : « Si vous, peintre très illustre et architecte unique, écrivaitil à Jules Romain, vous venez à demander ce que