Lett., I
•2. Qui voudra connaître le texte, lequel l)rave rhonnôleté, le cherchera dans Vasari.
3. Vasari, Vite, t. IX, p. 277, 278, éd. de Florence, «833; et sur cetle affaire des 4/odt, voir Delaborde, Marc-Antoine Rai-
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LES PREMIÈRES ANNEES DE l'ARÉTIN. 37
Il est malaisé de savoir ce que valaient les figures : elles sont détruites bien probablement, et celles que Ton a cru trouver ne doivent être que d'apocryphes vilenies *. Les sonnets subsistent : ils sont de la pire obscénité, celle qui remplace l'espril par les mots ignobles. Alors comme maintenant, un poète se rendait vite célèbre par ces publications clandestines. Le châtiment de TArétin, c'est qu'il est demeuré fameux uniquement par ces turpitudes. Six volumes d'une correspondance où ressuscite un siècle entier, des dialogues qui ont donné le ton et le modèle à toute une littérature, un théâtre neuf dans l'allure et curieux par mainte scène, une œuvre enfin qui devrait, vaille que vaille, surnager sur l'immense et trouble océan du cinquecentisme italien, rien n'a tenu devant les sonnets luxurieux ; et tous les « Are tins ressuscites « n'ont « ressuscité » que cela. C'est, proportion gardée, à peu près comme si l'on jugeait Voltaire d'après la Pucelle, ou, Jules Romain, ce Vinci deMantoue, artiste supérieur et universel, par les figures condamnées. Toujours est-il que lArétin, qui s'était tiré sans éclaboussure de l'affaire compromettante, a porté devant l'avenir la peine du méfait.
C'est le 25 mars 1527 qu'il arrivait à Venise : c'était,
?nondiy p. 52, 238, et sur leur vogue, Brantôme, Dames Galantes^ Discours !•''. D'Arco, Isloria délia Vita et délie opère di Giulio Pippi Romano, Mantova, 1838, in-fol. — Il semble bien qu'il n'y ait eu que 16 figures et non 20, car il n'y a que 16 sonnets dans la plupart des recueils, imprimés ou manuscrits. 1. Faites par quelque Carrache ou autre.
salifia courte équipée où il chevaucha botte à Lotie avec Charles-Quintetquelques échappées très brèves, pour ne plus quitter les lagunes. Rome fermée, Frédéric II lui fermait encore Mantoue : TArétin dut assurément s'en plaindre. Et ce fut cependant le principe de sa fortune. Combien d'hommes voient de la sorte leurs plans déjoués, leurs désirs contrariés, pour le plus grand bien de leur carrière! Le hasard et les maladresses, dans certaines destinées faites pour le succès, se montrent plus efficaces que ne pourraient être les ressorts les mieux combinés et la logique rigoureuse.