TRAVAUX ET AVENTURES DE TITIEN
transfère- t-il pas ici, aussi bien que là-bas? Et pourquoi les monuments éternels que vous laissez aux ducs de Gonzague ne sont-ils point pour les seigneurs vénitiens * ? »
L'Arétin ne jurait plus que par Vitruve. Il louait les écrivains même de « leur style dorique ' ». Ses sculpteurs familiers s'étaient augmentés d'une recrue : un sculpteur poète! L'Arétin affirmait que si le nouveau venu sculptait comme il versifiait, il « s'avoisinait à Michel-Ange • ».
Titien, qui venait de se peindre lui-môme plusieurs fois, faisait aussi, en même temps que la peinture votive du doge Lando et les tableaux de Téglise du Saint-Esprit, le portrait de Ranuccio Farnese et celui de la fille de Roberto Strozzi, patron des littérateurs et des peintres. L'Arétin fabriqua les indispensables sonnets; il aimait surtout à rimer pour les portraits; c'était le moyen de flatter le modèle et le peintre. Quand l'artiste se piquait de littérature, comme Paolo Crivello, l'Arétin le louait sous ses deux aspects. Lorsque Vasari peignit la Barozza, il demandait à l'auteur infatigable des rimes bien ronflantes *.
Les amateurs, tels que l'architecte Giambattista