‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 128 sur 227 · EFFORTS POUR SAUVER LE SANSOVINO · texte numérisé non relu

EFFORTS POUR SAUVER LE SANSOVINO

apprenait-il que Sansovino était mal vu, fût-ce à Vérone, il s'employait à transformer ladversaire prévenu en un témoin bienveillant *. Surtout, il relançait Titien : le peintre n'avait rien perdu de sa sérénité, pas plus qu'il ne se dérangeait dans son voyage, en présence du danger que courait son compère.

Francesco Donato avait pris, le 24 novembre 1545, le corno que la mort de Pietro Lando, sur\'enue le 8 du même mois, venait de lui conférer. C'était un ami de Titien et du petit cénacle : on a môme avancé que Titien avait fait son portrait lorsqu'il était Procurateur : cette assertion n'a point de preuves, et une lettre de l'Arétin la contredit. Mais de tout temps Donato était bien disposé à l'égard du Vecellio. Le duc d'Urbin, que Venise allait créer généralissime de ses armées, fut intéressé à la défense du Sansovino : le Doge n'eut pas beaucoup de peine à se laisser persuader, puisqu'il maintenait par la suite à Sansovino l'achèvement de la Loggetta, et de la Zecca *. L'Arétin, qu'un pape embrassa, pouvait bien parler à un doge : il aborda Donato en pleine Piazza, il lui dit : « C'est d'un heureux augure que mon compère Titien ne vous ait pas encore peint; c'était la volonté du ciel, que l'on ne vît point votre tête ornée de votre seule chevelure, mais sous le sacré diadème. » Et il lui parla du Sansovino '.

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