‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 13 sur 227 · M. Sorel, Montesquieu^ p · texte numérisé non relu

M. Sorel, Montesquieu^ p

il n'eût trouvé les avantages qu'elle lui donnait largemenl.

Dans les premiers moments, il fut abandonné, dépaysé : il était connu seulement par ses libelles, et ce n'était plus, comme autrefois à Rome, la Farnésine d'Agostino Chigi, ou, comme naguère à Mantoue, le palais des princes régnants qui s'ouvrait pour lui : il devait refaire sa place, recommencer tout son édifice, de fond en comble, à trente-cinq ans, l'âge où l'homme d'habitude a fixé sa vie. 11 lui fallait une bonne chance pour se remettre à flot. Il en rencontra deux.

La première, qui lui donna la sécurité, fut de plaire au doge Andréa Gritti. La seconde lettre de son premier recueil est explicite : « Votre Grandeur sérénissime m'a accepté, m'a défendu contre les persécutions étrangères, m'a voulu remettre en grâce auprès de Clément VII ; vous avez pris plaisir à voir les dédains de Sa Sainteté, et vous avez pu apprécier ma raison, laquelle est si bonne, que malgré que le Pape ait manqué à ses promesses, elle garde le silence que Votre Sérénité m'a imposé.... Aussi moi, qui dans la liberté de ce grand État, ai achevé d'apprendre à être libre, je renonce pour jamais à la Cour de Rome, et je place en ces lieux le perpétuel tabernacle de mes années *. » Venise en effet prétendait être la maîtresse chez elle : pourvu que l'on n'enfreignît point les lois de la cité^

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