‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 130 sur 227 · EFFORTS POUR SAUVER LE SANSOVINO · texte numérisé non relu

EFFORTS POUR SAUVER LE SANSOVINO

et qui maintenant se voyait accuser, à cause qu'elle avait chu par terre * ! »

En « consolateur de tous les génies et de tous les talents », il insistait auprès du doge, il pressait Don Diego de Mendoza, Tinfluent ambassadeur do Charles-Quint à Venise : « J ai rapporté au Sansovino, outre la peine que donna à votre cœur bienveillant son accident étrange, l'empressement que vous avez mis, aussitôt que la renommée vous l'a fait connaître, à lui offrir ce que vous avez de faveur et de puissance dans le monde. Cette ambassade n'avait pu lui parvenir à l'oreille, parce que celui qui devait s'en charger n'a pu lui parler. Le bonhomme, en pleurant, et de joie, à cause du soin que vous prenez de son honneur, et de douleur, à cause de l'infortune par laquelle l'injustice du destin a voulu qu'il mît à l'épreuve le caractère de ses plus chers amis, me prie que je prenne les paroles mômes de sa bouche pour vous remercier de votre dévotion et courtoisie. Et il a dit que son innocence, laquelle l'a fait rentrer en grâce auprès de NN. SS. Illustrissimes, lui a donné occasion de se consoler en lui permettant d'apprendre que la fièvre, tierce, et non plus double quarte, commence à prendre un peu de honte de la cruauté avec laquelle elle vous afflige, et va tempérant le mal, ce qui laisse espérer votre prompt et nécessaire rétablissement. » Ainsi, le Sansovino n'était pas au

i. LeU., m, 328-330.

secret; cl, dès le milieu de janvier, sa situation devenait meilleure.

La raillerie revenait sous la plume de TArétin à mesure que se dissipait le plus vif de Tinquiétude. Le Sansovino lui avait prêché la modération dans les plaisirs, Tordre, les vertus domestiques : n'y étaitil pas converti lui-même, sauf les rechutes à venir*? L'Arétin prétendait que les élèves même de son atelier gagnaient chez lui cette manie de régenter : « Il fallait nécessairement, écrivait-il à Danese Cattaneo, que vous, créature du Sansovino, vous prouviez votre origine, non pas seulement par vos lettres, mais aussi par Tair important dont vous me querellez, et me rebattez les oreilles, sur le chapitre de la dépense excessive de ma maison, en Tabondanco de laquelle se rassasie le peuple et Tart, Certes, jamais on ne pourra dire avec vérité que j'aie fermé aux foules cette hôtellerie, qui quinze années durant leur fut ouverte ; si je le faisais, une pareille action serait attribuée à la folie coupable, plutôt qu'à un esprit bien réglé *. »

« C'est le moyen, disait-il encore, de maintenir les gens dans le perpétuel désir de me voir en vie. Car, moi mourant, c'est pour eux l'hôpital. » Il donnait au besoin des conseils matrimoniaux à ses amis les artistes, en même temps qu'il leur faisait chère lie : « Choisissez, disait-il, des femmes, sinon demoiselles en fait, du moins vie:rges de nom.... Car,

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