‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 132 sur 227 · CRIMES NOUVEAUX DE LEONI · texte numérisé non relu

CRIMES NOUVEAUX DE LEONI

point aller à Milan; il quitta son patron; Leoni, furieux, chargea TArétin de faire revenir Télève indocile. L'Arétin s'excusa par des prétextes, et Leoni, pour se venger de sa déconvenue, fît dresser un guet-apens : Martino fut poignardé par un sicaire, comme il sortait de sa maison. Le coup, qui devait le tuer, lui fit seulement une affreuse balafre. L'Are tin s'efforça longtemps de tenir rigueur à Leoni : mais une merveilleuse coupe d'or faite pour Ferrante Gonzaga raccommoda la réputation de l'artiste; l'envoi des médailles de Paul III, le désir de voir Leoni terminer une médaille plus précieuse encore aux yeux de l'Arétin — la sienne I — calnaèrent l'indignation *. Le code, légal et moral, de l'époque était indulgent pour les hommes de génie ou de mérite. En môme temps que sa médaille par Leoni, il fallait un nouveau portrait par Titien : Paul Jovc le réclamait encore et cette fois l'Arétin accordait avec bienveillance *.

A défaut de Titien, qui faisait attendre même le duc de Florence, le prince recevait « une médaille de Jean des Bandes Noires, faite par Danese, élève du Sansovino, sur l'ordre de l'Arétin ' ». Le duc, en retour, défendait Leoni contre les périls où le mettaient « les ribauderies dont l'accusaient ses rivaux ». C'était le moment où l'Arétin plaidait encore, auprès du duc de Ferrare *, pour le médailleur accusé

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