Letl., IV
2. Crowe et Cavalcaselie 11, i09 et suiv.; — et Lelt., IV, 131-133.
3. La lettre est adressée à Giovanni Alessandrini ; voir Vasari, VII, 471, Alhero de' Vecellij.
l'intimité de l'arétin. ' 213
n'y aurait pas pour la gloire de mesure qui permît d'apprécier jusqu'où va la renommée *. »
Titien absent , la dépense de l'Arétin devenait encore plus folle. Son compère lui avait redit un mot de Paula Tatti, la femme du Sansovino : « Il n'en saurait être différemment : lui faut-il pas entretenir, de façon qu'elles tiennent leur rang, son Adria^ son Auslria'i » faisant allusion aux noms géographiques des donzelles. L'Arétin prit bien la chose , et riposta par un lazzi '. Il menait la \ie largement, et il s'en vantait. Les années ne le faisaient point « eunuque ». Ses tempes, sa barbe, blanchissaient. Mais il habitait la ville des teintures savantes : en 1547, il se teignait; Tavril de l'année suivante, il renonçait à « contrefaire la nature ». Il gardait sa barbe « toute floconnante de la neige des poils blancs », ne « pouvant s'abstenir des amours », mais facile à cette vieillesse qui s'en tenait à son menton, à son front, et respectait le reste ^, Ses derniers portraits, en tête de ses livres, montrent un patriarche heureux.
Avant le départ pour l'Allemagne , Titien avait promis de venir dîner avec Angelica Zaffetta et l'Anichini *. C'était là un bon compagnon : mais ce puritain de Sansovino, qui prêchait morale et
1. Letl.,IV, 116 V". — Voir, sur les arts à la cour impériale : Mignet, Charles-Quint, p. 27 et suiv., et les relations de Granvelle avec Titien, dans les Vies du peintre.