VOYAGE DE TITIEN A AU6SB0URG
luxure. Merci, pour votre œuvre et pour votre courtoisie M » Titien faisait une vente, avant son départ; TArétin emboucha sa plus retentissante trompette pour la faire réussir : « Tout ce qui s'est trouvé chez le peintre, on se le dispute à grand prix. Car tout le monde est certain que Sa Majesté Auguste accommodera de telle sorte son Apelle, que celui-ci ne daignera plus exercer son pinceau '. » Titien revint en effet « riche comme un prince' ».
Tandis que V « Apelle », muni d'un sauf-conduit, avec une escorte de jeunes peintres parmi lesquels on distinguait Cesare Vecellio, le futur auteur des Abiti *, s'acheminait en plein hiver à travers les Alpes glacées, l'Arétin regardait son Ecce Homo^ pour se consoler d'un malaise inavoué qui le priva du carnaval. Il y avait sur la Piazza des courses de taureaux, et force mascarades : le Sansovino attendait son compère, mais Adria vint toute seule : l'Arétin arrivait à l'âge où l'on se fait raconter les fôtes. II offrait au Sansovino un plaisir édifiant, pour inaugurer le carême : il l'invitait à venir voir le fameux Christ '. Adria tourmentait son père « qui l'aimait comme son âme » ; il la trouvait « obstinée et perverse », et Caterina Sandella était priée delà morigéner •.
Titien avait laissé à l'Arétin le soin de ses affaires auprès des princes italiens. Il faisait celles de son
1. Lclt., IV, 136. — 2. Lett., IV, 136. — 3. Lett., IV, 232. V, 40.