GIUSEPPE PORTA
Grâce à son influence, c'était des « milliers de gens » qui venaient admirer les œuvres exposées chez lui. Titien même, avant son voyage, et le Sansovino étaient revenus « non une fois, mais cent », revoir le buste de Bembo, commandé, par Girolamo Querini, patriarche de Venise, à Danese pour la Scuola del Santo de Padoue *. Les traits de l'humaniste vénitien,mort Tannée précédente, avaient été « rendus à la vie par ce sculpteur, qui n'était pas de ces artistes et littérateurs malgré Pétrarque et Phidias, mais qui savait être plus près de Pétrarque et de Plante que maint autre, qui fait profession de sculpture, ne s'approche à Michel- Ange et h Jacopo Sansovino *. »
Les jeunes gens n'avaient garde de négliger un pareil homme, à qui César envoyait un salut, tandis que les princes, de Salerne ou d'ailleurs, le comblaient de leurs dons '. Giuseppe Porta était un élève de ce Francesco Salviati, dont l'Arétin avait aidé la fortune à Venise et qui avait fait pour le roi de France un portrait de son patron *; il s'occupait à peindre sur le Grand Canal des fresques pour les Lorédan ; ou bien c'était à San Rocco, sans que le voisinage du Tintoret lui fît peur. « Messire Giuseppe, disait l'Arétin, j'ai compris tout à l'heure en
1. Yasari, VII, 523. Sur Querini, mort en 1354, voir Franc. Sansovino, Venezia descritta, p. 26, et Lcandro Alberto, ap. Conlarini, de Rep. Venet., ad finem.