Ticozzi, Ditt, dei pitiori, p. il, éd. de
VERONICÂ GAMBARA. 223
que la modestie qu'il devrait garder l'y renferme et pour ne divulguer point son mérite, mais pour cette cause, que les scélératesses ne s'y découvrent point, lesquelles il perpètre dans sa tanière. Si ce qu'il fait était honnête, il le laisserait voir à chacun; mais attendu que ce sont des infamies, ainsi qu'il le sait assurément lui-même, il les cèle à sa conscience môme; en somme, il me suffit d'être noble par le mérite de mon grand génie : lequel, attendu qu'il sait s'élever au-dessus de toute espèce de fortune, montre que je suis de race royale. Ainsi, laissez là votre colère envers un pareil sire; car c'est s'abaisser que de lutter contre des gens qui se nourrissent de l'apparence du bien, alors qu'ils sont au fond les plus méchants du monde. Dites au Seigneur Giulio, votre frère, qui deux fois m'est venu voir, de ne point partir sans que je le voie ; car je veux faire révérence à la Signora Veronica* Gambara, dame pleine d'honneur, et digne d'immortelle gloire, avec une lettre très humble *. » Cette page donne des preuves nouvelles que le monde de Titien, ses amis et lui-môme, ont connu les protecteurs aussi bien que les disciples favoris du Corrège ; par une suite naturelle, ils avaient dû connaître aussi l'Allegri; n'était-il pas, ainsi que l'Arioste, familier au marquis Del Vasto comme à Veronica Gambara *.
La chaste dame de Correggio n'a pas seulement