‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 143 sur 227 · Cf. Crowe et Cav., 1, p · texte numérisé non relu

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rimé pour son époux Gilberto ces sonnets que Bembo lui corrigea. Elle a chanté aussi « la Sirène aimée de Pierre l'Arétin * ». Voici les vers qu'elle écrivait à cette Angela, femme de Gian Antonio Sirena * :

« Bien se peut dire que pour vous le ciel avare — S'est montré large et magnifique en ses dons, — Puisque l'Arétin, esprit illustre, — Chastement, madame, s'enflamma pour vous. — C'est de lui que vous viendront armes et défenses — Dont vous pourrez user contre la morsure amère — Du temps cruel. — Et pour vous il saura réparer — Les graves, les poignantes offenses de cet ennemi. — Celles il y a justes motifs de marcher la tête altière — Pour vous, plus que pour d'autres, puisque seule il vous honore, — Celui que l'univers entier exalte et redoute. — Combien diraient, en songeant à cela, — Que seule avec Béatrice, et avec Laure, — la Sirène habite éternellement en la troisième sphère. » De Béatrice à Laure, de Laure à la Sirena, qui mesurera la décadence, l'affaiblissement du goût et de l'âme italienne !

Au reste, toutes les œuvres de l'Arétin enchantaient la comtesse de Correggio; ses flatteries répondaient

1. Cf. Rime et leitei'^ da Veronica Gambara race, da Felicc Rizzardi di Brescia. — Sonelto XL. — Vitloria Colon na rrléhra la maîtresse de Bembo (voir Rime, éd. de 1558, Venise, Fralelli Sessa, p. 321-322); et fit de nombreux sonnets pour le Molza {ibid., p. 333, 339 et suiv.), Voir encore IVdition publiée à Rome en i840, in-t, par le Cav. P.-E. Visconti.

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