‹ L'Italie du XVIe siècleChapitre 152 sur 227 · MANÈGES DE L'ÉCRIVAIN · texte numérisé non relu

MANÈGES DE L'ÉCRIVAIN

mon cher, au cas où Michel-Ange me donnerait les dessins, grâces en soient rendues à Dieu. S'il me les refuse, qu'il aille donc au diable! Bonne santé M » Bernardo Tasso, qui était alors au duc d'Urbin, s'était permis de hasarder « qu'il n'était point, jusqu'à ce jour, d'épistolier italien qui fût digne d'imitation ' ». On peut croire que l'Arétin le releva : le nom de Tasso lui resta ennemi, il nuisit au père de Torquato toutes les fois qu'il le put faire. Au contraire, l'un des nombreux enfants du cardinal Bembo, un autre Torquato moins fameux, lui envoyait des cadeaux; il recevait en retour les plus douces louanges ^.

L'Arétin maniait galamment la flatterie : il avait acquis une dextérité parfaite, à louer les artistes, qui sont, ou qui étaient alors, les plus difficiles à contenter : « Girolamo Parabosco, il est certain que vous et le Buonarroti, en ce qui concerne vos professions particulières, vous usez d'une manière pareille pour vous louer, mais avec une si nouvelle façon d'honnételé, et si ingénieuse, que la vanterie se doit nécessairement appeler modestie. L'on vous dit : « Votre tragédie de Progné est une belle chose! — Je suis musicien, répondez-vous, et non poète. » On va vous louant les chants que vous composez sur les motetz * qui courent : vous pliez humblement

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